Coupe menstruelle : voici les trois effets indésirables à connaître
Elle est portée par près d'une personne menstruée sur dix en France. Mais la coupe menstruelle, ou "cup", comporte des risques d'effets secondaires sur la santé qui demandent une certaine vigilance.
Par Julie Zulian
Rédigé le
Tout savoir sur les règles et le cycle menstruel
Allodocteurs - Newen France
Elles sont souples, ont la forme d'une coupe inversée, sont souvent faites de silicone ou d'élastomère thermoplastique et plient sous la force des doigts. Les "cup", ou coupes menstruelles, sont des protections périodiques utilisées par près d'une personne menstruée sur dix en France, d'après un rapport de l'Anses publié en 2017.
Cette protection périodique, prisée pour ses avantages économiques et écologiques, peut cependant avoir des effets secondaires sur la santé. La revue médicale indépendante Prescrire a ainsi listé plusieurs risques auxquels être vigilant dans son numéro paru ce début mars 2026. Voici ce qu'il faut retenir.
Un risque de déplacement du stérilet
Si vous portez un dispositif intra-utérin (DIU), il faut être très vigilant à l'utilisation de la coupe menstruelle, indique la revue médicale. Le risque de provoquer le déplacement du stérilet est près de trois fois plus grand chez les personnes qui utilisent la cup, avertissait une étude publiée en 2025 et menée par une équipe française.
Ce risque ne serait pas lié à la fréquence d'utilisation de la cup mais plutôt "au retrait de la coupe menstruelle : soit par un effet ventouse sur le DIU, soit par traction sur les fils du dispositif", rapporte Prescrire. Conséquence : la contraception peut devenir inefficace pour un stérilet en cuivre, avec le risque de subir une grossesse non désirée.
Déplacer ou expulser un DIU peut aussi provoquer un inconfort voire des douleurs, que ce soit pour un stérilet en cuivre ou pour un stérilet hormonal.
L'étude ne discrédite pas l’usage de la coupe menstruelle mais estime que les personnes menstruées qui en font l'usage doivent être informées du risque. Cette étude rappelle aussi que la prescription et la pose d'un DIU sont des occasions pour le personnel soignant d'avertir du risque de déplacement du stérilet dans le cas de l'utilisation des coupes menstruelles, retranscrit Prescrire.
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Un risque de choc toxique
Autre point de vigilance : celui d'un syndrome du choc toxique (SCT) menstruel. Cette maladie infectieuse, très grave, touche environ 20 personnes par an en France. Ce syndrome est dû au staphylocoque doré, une bactérie souvent inoffensive chez les personnes en bonne santé, mais qui peut dans certains cas mener à des infections sévères.
Lorsqu'une protection interne est portée trop longtemps, que ce soit un tampon ou une cup, cela peut déclencher un choc toxique. Le sang stagne et devient un terrain propice au développement du staphylocoque doré. La bactérie en profite pour se multiplier, ce qui cause une infection. Seules les protections internes sont concernées, ce n'est pas le cas des serviettes périodiques ou des culottes menstruelles par exemple.
Parmi les principaux symptômes du SCT menstruel figurent de la fièvre, des maux de tête, des vomissements, voire une réduction de l’irrigation des membres et, dans les cas les plus graves, le décès.
Un risque de problèmes rénaux
En février 2025, une étude menée par deux urologues danoises, Clara Maarup Prip et Lotte Kaasgaard, rapporte le cas d'une patiente qui utilisait une coupe menstruelle et a développé une urétéro-hydronéphrose. Ce terme médical désigne une dilatation de l'uretère droit et des cavités rénales droites, due à une obstruction empêchant l'écoulement normal de l'urine.
Cette femme âgée d'une trentaine d'année souffrait de douleurs au niveau du flanc droit et avait du sang dans les urines. Elle souffrait de ces troubles de manière intermittente depuis six mois. La présence d’une coupe menstruelle à côté de l’ouverture de l’uretère a alerté les médecins qui lui ont conseillé de ne plus l’utiliser. Six mois plus tard, les symptômes avaient disparu.
Ce cas est rare mais indique pourtant qu'il faut choisir une coupe menstruelle adéquate, et que la forme, la taille ainsi que la méthode d'insertion soient adaptées pour éviter toute complication.
Quels sont les bons gestes à adopter ?
Il existe quelques bons réflexes à garder en tête pour diminuer les risques lors de l'insertion ou du retrait de la cup :
- Bien choisir sa protection en fonction de son flux menstruel et se changer régulièrement.
- Toujours se laver les mains avant l'insertion ou le retrait de la coupe menstruelle.
- Respecter les recommandations d'utilisation des protections intimes internes, que ce soit cup ou tampon et porter la coupe menstruelle six heures au maximum.
- Ne pas porter la cup pendant la nuit, privilégier des protections externes comme une culotte menstruelle ou une serviette périodique.
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Afin d'utiliser la coupe menstruelle en toute sécurité, voici quelques bons gestes pour la retirer en toute sécurité :
- Ne pas faire un mouvement brusque et retirer doucement la cup.
- Ne pas tirer sur la tige, pour éviter l'effet ventouse. Pincer le fond de la cup de manière à la décoller des parois du vagin. L'air qui va s'immiscer entre la coupe et le vagin permet de la faire descendre sans effort.
Les personnes ayant déjà reçu un diagnostic du syndrome du choc toxique (SCT) menstruel doivent éviter les protections intimes internes.
En cas d'inconfort, de douleurs ou de symptômes d'un SCT, il faut retirer rapidement la protection interne et consulter immédiatement un professionnel de santé en lui indiquant que vous avez vos règles et que vous avez utilisé une coupe menstruelle ou un tampon, rappelle le site Santé.fr.