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Stress des examens : bien réagir en cas de crise de tétanie

La crise de tétanie ou spasmophilie est une urgence certes relative mais une urgence tout de même car cette crise est très impressionnante.  Et avec le stress des examens qui approchent, la crise de tétanie peut survenir. D'où viennent ces crises ? Que faut-il faire en cas de crise de tétanie ? Peut-on l'éviter ? Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

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Stress des examens : bien réagir en cas de crise de tétanie

Stress et anxiété sont des facteurs classiques de cette vieille "maladie". La première description de la tétanie a été donnée en 1852 par Corvisart, un descendant du médecin de Napoléon. Trousseau a lui aussi décrit magistralement ces crises.

On parle de tétanie car les crises se manifestent par des fourmillements (paresthésies) ou un engourdissement suivis par des contractures - tétanisation - des muscles des extrémités, donnant des "mains d'accoucheur".

Comment le stress peut-il déclencher des crises de tétanie ?

Il peut y avoir des causes métaboliques, par exemple l'hypocalcémie. Mais ces cas sont rares et le plus souvent, les crises apparaissent lorsqu'une personne respire avec une fréquence et une amplitude excessive : on parle d'hyperventilation, notamment lors d'épisodes anxieux.

Lorsque nous respirons, nous absorbons de l'oxygène et rejetons du dioxyde de carbone (CO2), déchet de l'activité cellulaire se trouvant dans le sang. Pour assurer une ventilation adéquate, une personne en santé et au repos respire environ douze fois à la minute. En cas d'hyperventilation, la quantité de CO2 éliminée par les poumons est excessive : cela entraîne une diminution dans le sang qui s'alcalinise avec des échanges perturbés entre calcium et magnésium au niveau cellulaire et des troubles neuromusculaires qui apparaissent : douleurs, tensions, crampes, tremblements...

Peut-on confondre crise de tétanie et crise d'épilepsie ?

Il est difficile de confondre crise de tétanie et crise d'épilepsie. Dans l'épilepsie, le patient est d'abord épileptique connu et ensuite il y a une perte de connaissance vraie (aucun contact n'est possible pendant la crise) : la personne tombe, se raidit entièrement puis l'hyperventilation est dans la deuxième phase, après les convulsions.

Dans la crise de tétanie, il y a toujours un contact : la personne parle, est angoissée et l'hyperventilation est à la source de crises de panique.

Que faire en cas de crise de tétanie ?

La panique crée un cercle vicieux et la première chose à faire est donc de rassurer, calmer et souvent extraire la personne du milieu hostile… en l'isolant. Il faut lui parler.

Des méthodes simples permettent de réduire les symptômes psychiques et physiques : défocaliser l'attention du patient des impressions de menaces, l'inciter à se détendre et à se relaxer, et surtout modifier son rythme respiratoire. Celui-ci doit être le plus lent et le plus "superficiel" possible, bouche fermée et en s'aidant d'une respiration abdominale plutôt que thoracique. Les respirations amples et l'hyperventilation favorisent en effet l'hypocapnie responsable de nombre des symptômes somatiques.

On peut utiliser un sac plastique également : le fait de respirer dans un sac, de sorte que le CO2 réintègre les poumons, peut soulager les symptômes. Et attention, le sac se raréfie en oxygène donc quelques mouvements respiratoires sont suffisants et il faut arrêter dès que les signes de l'hyperventilation ont disparu. Un anxiolytique peut être prescrit et donné à ce moment-là.

Comment prévenir la crise de tétanie ?

La crise de tétanie peut être évitée. Dès que la respiration commence à être rapide et saccadée, il faut se concentrer sur sa respiration pour la maîtriser.

L'hyperventilation n'est qu'un symptôme. Le traitement à long terme implique donc que l'on traite les véritables causes de l'hyperventilation, notamment l'anxiété avec une prise en charge psychologique. Repérer les événements ou situations phobiques ou conflictuelles...

Le traitement de fond du trouble panique, avec ou sans agoraphobie, peut comporter une psychothérapie comportementale et cognitive, ainsi que d'autres médicaments.

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