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Des poils et des hommes

Combien de poils avons-nous sur le corps ? Pourquoi les femmes n'ont-elles pas de barbe ? Pourquoi l'épilation est-elle douloureuse ? Se raser ou s'épiler, quelle est la différence ? Pourquoi certaines femmes souffrent-elles d'hyperpilosité ? En dehors de l'épilation existe-t-il des traitements efficaces ? Toutes les réponses sont dans ce dossier.

Rédigé le , mis à jour le

Des poils et des hommes
Des poils et des hommes
Sommaire

Le cycle de vie des poils

Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier décrivent les caractéristiques du poil

Notre corps compte des millions de poils. Les poils sortent de follicules pileux, dans le derme. Des cellules situées à la base du follicule sont chargées en kératine. Quand elles se multiplient, elles produisent le poil.

Il existe plusieurs types de poils. À la naissance, il n'y a que des poils constitutionnels : il s'agit des cheveux, des cils ainsi que des poils des membres (jambes et avant-bras). Ils sont hormono­-indépendants, ils ne sont pas sensibles aux hormones sexuelles.

À la puberté, d'autres types de poils apparaissent au niveau des aisselles et de la zone pubienne. Ces poils sont dits ambo­sexuels. Ils sont sensibles aux hormones sexuelles, même à des taux faibles.

Un troisième type de poils est normalement typiquement masculin, on les appelle les testoïdes. Ces poils durs et épais siègent au niveau du visage et fournissent moustache, barbe et favoris (et même les poils du nez). Leur développement dépend de doses importantes d'androgène. Chez certaines femmes, on peut voir apparaître ce type de poils testoïdes au niveau de l'aréole mammaire et de la ligne ombilico-pubienne.

La barbe, plus tendance que jamais

Petite leçon de rasage avec une barbière de Paris

Si les femmes traquent les poils, pour les hommes, barbe, bouc et même moustache semblent revenir au goût du jour. La barbe est en effet revenue à la mode.

L'entretien de la barbe et le rasage sont des rituels matinaux pour beaucoup d'hommes, mais qui ne sont pas sans conséquences pour la peau. Irritations, démangeaisons, ou encore feu du rasoir, pour éviter tous ces désagréments et connaître les bons gestes, les barbiers ont de nouveau la cote.

Longue ou courte, discrète ou touffue, la barbe se décline sous toutes les formes et les longueurs sur les joues des hommes. Une mode qui tombe pile-poil pour les barbiers. Car pour avoir une belle barbe, il faut savoir l'entretenir et la raser.

Avant de tailler et de raser, les barbiers inspectent la peau et les poils du client : "Ce diagnostic consiste à faire des repérages sur l'implantation du poil, ce qui donne une indication sur le sens du rasage, et sur les grains de beauté pour éviter de les couper", explique Sarah Daniel Hamizi, barbière. Selon elle, un rasage réussi passe en grande partie par une bonne préparation de la peau.

Pour raser une barbe, il faut dans un premier temps désépaissir la barbe à l'aide d'une tondeuse, puis réaliser un massage avec une huile de pré-rasage. Pour déposer la mousse à raser, les barbiers recommandent d'utiliser un blaireau et de travailler la peau dans un sens circulaire.

L'instrument le plus important du rasage est le coupe-chou. Chez les barbiers, le coupe-chou est à lame interchangeable en raison des mesures d'hygiène. Pour optimiser un rasage, les barbiers conseillent de tirer la peau avant de poser la lame et de raser dans le sens de la poussée du poil pour respecter la peau. Un rasage à rebrousse-poil peut provoquer des micro-saignements.

Pour les barbiers, le meilleur moment pour se raser c'est le matin au réveil. Les risques de rougeurs, le fameux feu du rasoir, sont moins importants à ce moment-là. Afin d'atténuer les irritations de la peau, les barbiers utilisent la pierre d'alun : "un coupe feu qui permet aussi d'assainir la peau".

Pour compléter le soin, il convient d'appliquer une crème après rasage mais ce n'est pas tout : "Pour rebooster la peau, il est possible d'appliquer une serviette très fraîche", confie Sarah Daniel Hamizi.

Entre la moustache, le bouc ou la barbe de trois jours, le choix est large. Mais pour être au poil, le rasage demande un certain doigté.

Livre

  • Barbes et Moustaches
    Comment les tailler au poil !
    Sarah Daniel Hamizi
    Ed. Larousse, mars 2013

Le laser : une épilation longue durée

L'épilation au laser est particulièrement efficace sur les poils foncés.

Pour se débarrasser des poils de façon plus radicale et durable, deux méthodes assez coûteuses mais efficaces font de plus en plus d'adeptes : il s'agit de l'épilation au laser et de l'épilation électrique.

Les patients y ont généralement recours quand leurs poils sont abondants, foncés ou présents par exemple sur des endroits très visibles comme le visage.

L'épilation au laser se fait chez un dermatologue. Le laser envoie des particules de lumière absorbées par la mélanine, le pigment qui donne au poil sa couleur. Le faisceau lumineux va chauffer le poil et l'affaiblir. Les lunettes de protection sont de rigueur pour la patiente et pour le médecin.

Epilation électrique : une technique au poil

Le courant électrique passant sous la peau, va détruire le poil

Pour les poils récalcitrants, il y a l'épilation électrique. À l'aide d'une fine aiguille, le poil va être détruit avec du courant électrique. L'aiguille à usage unique, va être placée sous la peau et c'est par son biais que le courant va passer. On brûle poil par poil.

L'épilation électrique est une technique efficace pour les poils les plus fins et clairs.

Une autre technique est l'épilation indienne. L'épilation au fil est une technique indienne très ancienne. À l'aide d'un fil placé entre ses dents, l'esthéticienne retire les poils avec le reste du fil entre ses doigts. La boucle du fil est utilisée pour épiler, le fil tord et arrache les plus petits poils. C'est une méthode très précise et indolore quand on se trouve entre des mains expertes.

Quand les poils font de la résistance

Attention, ces images d'intervention chirurgicale peuvent heurter les plus sensibles

Parfois les poils font de la résistance. C'est le cas du kyste pilonidal, appelé aussi sinus pilonidal. Un, voire plusieurs poils, vont pousser à l'envers. Pour s'en débarrasser, la chirurgie peut s'imposer.

Le poil, toute une histoire

Petit retour sur l'histoire du poil

Certains pensent que l'épilation intégrale est une nouveauté, que les poils sous les aisselles ont une mauvaise image ou que la moustache est uniquement signe de virilité. Mais ils ont tort.

En avoir ou pas, c'est toute la problématique du poil. Et tout commence il y a presque deux millions d'années quand nous avons perdu progressivement notre pelage. Tout au long de l'histoire, le poil est chassé pour s'éloigner de notre passé d'animal. "Lorsqu'on se veut beaucoup plus civilisé, lorsqu'on se veut au-delà de l'animalité, le poil apparaît comme un obstacle. Il faut le gommer", explique Michel Messu, sociologue.

Considérée comme "une marque de quasi-divinité", l'absence de poils était systématique chez les Pharaons. Les femmes des Pharaons étaient aussi épilées, des aisselles jusqu'au pubis. Une épilation intégrale des élites que l'on retrouve également chez les Romains, à commencer par l'empereur Auguste qui s'épilait jusqu'à l'intérieur du nez.

Et quand on ne le chasse pas, le poil est taillé. On lui donne une forme. Le poil devient alors une signature. Chez les moines au Moyen-Âge, la tonsure marque le renoncement mais aussi l'appartenance à un ordre. Elle s'oppose à la barbe hirsute des ermites qui vivent dans les forêts : "On va supprimer le poil qui parfois est associé à l'animalité pour se purifier et pour être plus proche de son Dieu", raconte Michel Messu.

Signe du rang social, de l'ordre religieux, le poil marque aussi l'opposition entre le masculin et le féminin comme le souligne le sociologue : "On va associer le poil de l'homme à la virilité (...) Chez la femme, le poil va être décrié. On va considérer que c'est une masculinisation de sa féminité. On va donc essayer de le faire disparaître le plus que possible. Encore que le poil pubien était regardé pendant très longtemps comme un symbole érotique".

Dans le nord du Japon, chez les Aïnous, les hommes ne se coupent ni la barbe, ni les cheveux. Les femmes les imitent en se faisant tatouer le pourtour de la bouche. Mais aujourd'hui dans les sociétés occidentales, depuis les années 60, le poil est moins une histoire d'appartenance que d'esthétique et de mode.

Pour Michel Mossu, "l'image du groupe s'est effacée. On valorise désormais l'image de l'individu et c'est à l'individu lui-même de fabriquer son image". Et pour être singulier, tout est permis. Epilé, poilu, barbu ou non, le poil se décline en tous ces états. Il revient même au féminin sous les aisselles pour affirmer son opposition aux diktats de la mode.

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