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Cicatrisation : le recours à la greffe de peau

La cicatrisation est la capacité de réparation de la peau. Après une blessure ou une opération chirurgicale, les tissus ont besoin de temps pour se régénérer. Mais quand une plaie complexe ne peut pas se refermer naturellement, par exemple après une infection, et atteint une taille trop importante, il faut parfois réaliser une greffe de peau.

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Cicatrisation : le recours à la greffe de peau
Cicatrisation : le recours à la greffe de peau
Sommaire

Plaies et cicatrisation

Marina Carrère d'Encausse et Antoine Piau présentent les différentes plaies

Traumatismes, brûlures ou encore maladies chroniques… Les plaies ont des origines très diverses. Si certaines vont se refermer rapidement, d'autres ne cicatrisent jamais. Les plaies sont douloureuses, suintantes sujettes aux infections. Il faut donc aider la cicatrisation.

La cicatrisation est un processus de réparation basé sur le pouvoir de régénération de la peau. Quand on se blesse légèrement, seul l'épiderme est lésé. Les cellules basales se reproduisent pour donner naissance à de nouvelles cellules. La plaie se referme en laissant une trace minime. En revanche, quand la blessure est plus profonde, les dommages sont plus importants. Les fibres de collagène, les vaisseaux sanguins, les terminaisons nerveuses ainsi que les fibres musculaires, sont en partie détruits. Le corps déclenche une série de réactions inflammatoires.

Très vite, le sang coagule pour stopper les saignements. Les cellules de défense, les macrophages, engloutissent les débris cellulaires et les microbes. Puis une phase de prolifération se met en place pour combler le trou laissé par la plaie. Un nouveau tissu de soutien se constitue, des fibres et des vaisseaux sont synthétisés. Après une dizaine de jours, la plaie se rétracte et laisse apparaître un tissu cicatriciel.

La présence de corps étrangers, d'un hématome trop important, d'une infection, la prise de certains médicaments peut compromettre une bonne cicatrisation. Dans ce cas, les plaies peuvent devenir chroniques.

Cicatrisation : la greffe de peau en pastilles

Attention images de chirurgie ! Comment pratique-t-on une greffe cutanée en pastilles ?

Plaies de diabétiques, escarres, ulcères variqueux… 1,5 million de personnes souffriraient de plaies chroniques. En d'autres termes des plaies qui ne cicatrisent pas.

Quand les plaies sont importantes avec un épiderme détruit, une des solutions est la greffe cutanée en pastilles. Une technique délicate qui demande une prise en charge dans des centres spécialisés.

La greffe cutanée en pastilles permet de réaliser des greffes non jointives en déposant de petits morceaux de peau qui ne sont pas collés les uns aux autres. La peau se redéveloppe alors entre les greffons et permet une "ré-épidermisation" et empêche la réaction inflammatoire locale et l'extension de la plaie. L'autre effet de cette greffe, c'est qu'elle soulage rapidement les patients.

À l'issue de l'intervention, le pansement est refermé pour quelques jours. Les patients doivent rester allongés le plus possible pour éviter un écoulement qui empêche l'adhésion des greffons sur la plaie.

Cicatrisation : la greffe de peau en filet

Attention, images de chirurgie ! Comment réalise-t-on une greffe de peau en filet ?

Pour aider la cicatrisation des plaies, une des méthodes possibles est la greffe de peau en filet. Il s'agit de prélever un fragment de peau sur une partie saine du corps du patient pour l'appliquer sur la plaie afin de stimuler la cicatrisation.

Le fragment de peau est prélevé avec un dermatome. Le lambeau de peau est ensuite lavé dans du sérum physiologique puis plongé dans de la vaseline liquide.

Le dermatologue récupère alors l'épiderme : "L'épiderme va recouvrir la plaie. Dans l'épiderme, il y a des facteurs de croissance qui stimulent la cicatrisation. Ces facteurs de croissance permettent aussi un soulagement de la douleur", explique le Dr Hervé Maillard, dermatologue.

Le greffon est ensuite passé dans une presse équipée de lames qui permet d'étendre le lambeau de peau. Puis, la greffe en filet peut être minutieusement déposée sur la plaie.

Enfin, la plaie est recouverte d'un premier pansement humide, puis d'une mousse sur laquelle est collé un film plastique relié à un appareil d'aspiration. Ce pansement sous vide permet de coller le greffon à la plaie. Le patient doit alors rester alité pour éviter tout déplacement de la greffe et toute formation d'œdème.

Cicatrisation : rétablir une vascularisation

Attention, images de chirurgie ! Retablir une vascularisation

La greffe de peau est la solution pour soigner une plaie importante. Mais pour que cette technique soit efficace, il faut que la zone lésée soit correctement vascularisée. Si ce n'est pas le cas, il est nécessaire de faire une revascularisation.

L'objectif de l'intervention est de redilater l'artère et de rétablir une bonne circulation sanguine dans le membre du patient. C'est avec une sonde que le médecin atteint la zone malade en passant à l'intérieur des artères du membre. Un ballon est introduit par le même dispositif jusqu'au rétrécissement. Le médecin peut alors gonfler un ballon pour dilater l'artère. Il faut une très forte pression pour obtenir une réouverture satisfaisante et permettre au sang de circuler normalement.

Pour éviter que l'artère se rebouche plus tard, un ballon actif est utilisé. Il permet de laisser un médicament spécifique qui va bloquer le rétrécissement des artères. Ce médicament se fixe aux parois de l'artère quand on gonfle ce deuxième ballon. Et pour que le traitement soit efficace, il faut attendre quelques minutes.

Le membre du patient est alors de nouveau irrigué et la greffe de peau peut être envisageable. La plaie pourra alors se refermer si toutefois le traitement empêche bien l'artère de se rétrécir à nouveau.

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