Acouphènes : une prise en charge thérapeutique ?

Mes acouphènes me conduisent à l'isolement et à la dépression. Existe-t-il une prise en charge thérapeutique pour ne pas craquer ?

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

Les réponses du Pr. Christian Dubreuil, chirurgien ORL centre hospitalier Lyon Sud :

"60 % des acouphènes sont d'origine psychosomatique, c'est-à-dire que l'on ne trouve rien à l'examen. Il est très facile d'explorer l'oreille avec nos examens électro-physiologiques (scanner, IRM). Avec ces examens, on va de l'oreille au cerveau. Quand tout est négatif, il faut reprendre l'interrogatoire du patient et on trouvera toujours une cause déclenchante. On trouve alors les causes psychosomatiques.

"Les acouphènes peuvent être provoqués par un décès, un divorce, des difficultés professionnelles, difficultés avec les enfants, problèmes sexuels… Si on n'interroge pas le patient, on ne le saura jamais. Pour tout patient qui a un bilan négatif, il faut chercher une cause psychosomatique. L'intérêt du psychosomatique, c'est que c'est réversible à condition de trouver d'où ça vient. Le traitement spécifique n'est pas la trimétazidine. Il faut envoyer le patient voir un psychothérapeute.

"La grosse difficulté est de trouver le bon psychothérapeute. Il existe différentes psychothérapies. Certaines sont plus actives que d'autres. L'EMDR, l'hypnose permettent d'aller beaucoup plus vite dans la prise en charge du patient. La psychothérapie n'est pas facile si les personnes ne parlent pas bien le français… mais dans 60 % des cas, on retrouve des causes psychosomatiques. Après les résultats vont dépendre des causes qui peuvent être invraisemblables. L'acouphène va alors générer des dépressions.

"Dans le cas de l'otospongiose, on a 80 % d'atténuation et de disparition des acouphènes. Il reste donc 20 % pour lesquels ça n'a pas marché. Si l'audition n'est pas parfaitement revenue à la normale, on propose un appareillage auditif. Et lorsque l'acouphène génère de l'angoisse, de l'anxiété et installe ensuite une dépression, il peut y avoir une prise en charge psychothérapique. Cela relève davantage d'une prise en charge verbale que d'une prise en charge médicamenteuse."

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Dossier :

Questions/réponses :

  • Je suis traitée depuis un an aux dopaminergiques sans résultat. Existe-t-il de nouveaux traitements à l'efficacité prouvée ?
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  • J'ai des acouphènes à l'oreille gauche à la suite d'un barotraumatisme en plongée, accompagnés d'une perte d'audition dans les aigus. Que faire ?
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* Les réponses du Pr. Christian Dubreuil, chirurgien ORL centre hospitalier Lyon Sud