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Plan pauvreté : des petits-déjeuners gratuits à l'école et la cantine à 1 euro

Le gouvernement annonce la mise en place d’ici fin avril de repas à un euro à la cantine et des petits-déjeuners gratuits à l'école pour les enfants défavorisés.

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Plan pauvreté : des petits-déjeuners gratuits à l'école et la cantine à 1 euro
Plan pauvreté : des petits-déjeuners gratuits à l'école et la cantine à 1 euro

Des petits-déjeuners gratuits et des repas de cantine scolaire à un euro. C’est la mesure que la secrétaire d'État auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, lance pour les élèves des quartiers défavorisés dans huit académies à partir de ce mois d’avril. Cette disposition devrait ensuite être généralisée à l’ensemble du territoire en septembre prochain.

Toute l’énergie pour se concentrer et mémoriser

Les petits-déjeuners gratuits seront mis en place dès le 17 avril. "Dans les zones défavorisées, un enfant sur dix arrive en classe le ventre vide. Il n’a donc pas les mêmes chances d’apprentissage qu’un camarade qui a le ventre plein. Mettre en place le petit-déjeuner à l’école, c’est une mesure de bon sens qui s’attaque aux racines des inégalités", commente Christelle Dubos dans une interview au Journal du Dimanche (JDD) le 7 avril.

En effet, "le petit-déjeuner contribue à un bon équilibre sur la journée", rappelle la docteure Corinne Chicheportiche-Ayache, médecin nutritionniste. "A court terme, il fournira toute l’énergie nécessaire pour jouer dans la cour de récréation, faire du sport mais aussi avoir des capacités de concentration et de mémorisation suffisantes pour bien apprendre" ajoute la spécialiste. Et, sur le long terme, "prendre régulièrement un petit-déjeuner complet pendant l’enfance contribue à la mise en place d’une bonne santé musculaire et osseuse, d’une croissance harmonieuse et d’un bon développement physique et psychologique" poursuit la docteure Chicheportiche-Ayache. Enfin, il permet de "gérer le poids de l’enfant en évitant le surpoids ou l’obésité et les troubles métaboliques - diabète ou maladies cardiovasculaires - qui y sont liés".

Mais encore faut-il que le petit-déjeuner soit de bonne qualité nutritionnelle, avertit la docteure Chicheportiche-Ayache : "trop souvent, les familles ont recours à des produits rapides industriels comme des gâteaux, des céréales sucrées ou des jus riches en sucre. Un petit-déjeuner équilibré pour un enfant doit comporter une source de sucre lent (pain, biscottes ou céréales non sucrées et non grasses), un produit laitier et un fruit frais ou une compote, et doit être consommé dans des conditions calmes et dans un temps spécifique alloué à ce repas."

Une bonne mesure qui reste "trop partielle"

Du côté du déjeuner, le plan "cantine à un euro" sera quant à lui initié d’ici à fin avril, selon le cabinet de la secrétaire d’État. En pratique, "les communes qui s’engagent recevront une aide de l’État de 2 euros par repas, sachant qu’il coûte en moyenne 4,50 euros. Ça concernera jusqu’à 10. 000 communes", précise Christelle Dubos dans le JDD.

La docteure Corinne Chicheportiche-Ayache reconnaît qu’il s’agit "probablement d’une bonne mesure", mais que celle-ci "reste trop partielle". En effet, selon cette médecin nutritionniste, beaucoup d’enfants boudent les repas "souvent peu ragoûtants" proposés à la cantine : "Ils auront donc faim à 16h30 et se rueront sur le goûter en privilégiant les aliments sucrés" déplore-t-elle. Il faudrait donc selon elle "un travail supplémentaire pour que l’offre proposée par les cantines soit agréable, que les goûts soient variés, que les repas soient visuellement attirants en jouant par exemple sur les formes et les couleurs et que les enfants aient suffisamment de temps pour manger".  

Les petits-déjeuners gratuits et la cantine à un euro font partie du plan de lutte contre la pauvreté annoncé en septembre 2018 par le Président Macron et doté d’un budget de 8,5 milliards d’euros. Outre la cantine à un euro et le petit-déjeuner gratuit dans les écoles publiques, cette stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté prévoit la création de 100 centres et maison de santé dans les territoires prioritaires, une aide au paiement d’une complémentaire santé intégrée à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-c) et la mise en place d’un revenu universel d’activité (RUA) qui fusionnera le plus grand nombre possible de prestations, du RSA aux aides au logement.

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