Sommeil perturbé : signe précoce de la maladie d'Alzheimer ?

Des siestes qui s'éternisent plusieurs heures pourraient-elles être un signe précoce de la maladie d'Alzheimer ? C'est ce qu'ont révélé des chercheurs canadiens lors des rencontres annuelles de la Société des neurosciences à la Nouvelle-Orléans, le 18 octobre 2012. Un sommeil agité et vécu comme non réparateur, une sensation de fatigue chronique, un allongement des siestes et la consommation de somnifères seraient autant d'indice du développement de cette maladie neurodégénérative touchant 36 millions de personnes dans le monde dont 860 000 en France.

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Sommeil perturbé : signe précoce de la maladie d'Alzheimer ?
Sommeil perturbé : signe précoce de la maladie d'Alzheimer ?

Près de 40% des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer présentent des troubles du sommeil qui devient fragmenté avec beaucoup d'éveils nocturnes. Et si ces troubles, depuis longtemps reconnus par les médecins, pouvaient être un marqueur précoce de la maladie ? C'est à cette question qu'ont tenté de répondre des chercheurs canadiens de l'université Dalhousie à Halifax, menés par la neurophysiologiste Roxanne Sterniczuk.

Dans ce contexte, l'équipe de chercheurs a étudié les données de 14 600 Européens âgées de plus de 50 ans et en bonne santé issues de la cohorte SHARE. C'est en analysant diverses mesures de la qualité du sommeil, qu'ils ont pu faire leur découverte.

Ainsi, les chercheurs ont constaté que les personnes présentant un sommeil non réparateur, une fatigue diurne, c'est-à-dire durant la journée, et prenant des somnifères étaient plus à risque de se voir diagnostiquer une maladie d'Alzheimer dans les deux années ultérieures. Mais ce n'est pas tout : ils ont mis en évidence que plus les troubles du sommeil étaient importants, plus la maladie était grave.

Pour Roxanne Sterniczuk, le principal facteur prédictif du développement de la maladie est "l'augmentation de la somnolence diurne". Ainsi, il semblerait que "des changements subtils dans le cycle veille-sommeil apparaissent bien avant la pathologie".

La bêta-amyloïde en cause chez les souris

Déjà en septembre 2012, le Pr. David Holtzman et son équipe américaine rapportaient dans la revue Science que les troubles du sommeil pourraient être un symptôme précoce de la maladie d'Alzheimer chez la souris.

Ils avaient révélé le coupable de ces troubles : la formation des premières plaques de bêta-amyloïde, un peptide reconnu comme impliqué dans la maladie d'Alzheimer.

Un dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer

Ces deux découvertes sont d'autant plus importantes que les malades ne montrent aucun problème de mémoire ou de lucidité avant que la maladie ne soit déjà très avancée.

Au moment de ces premiers symptômes, des parties entières du cerveau auront déjà été détruites, rendant quasiment impossible tout traitement. Un diagnostic précoce devant des troubles du sommeil pourrait faciliter l'efficacité des traitements et limiter l'avancement de la maladie.

Sources :
- "Disturbances to the sleep-wake cycle predict future diagnoses of Alzheimer’s disease", Neuroscience 2012, 18 octobre 2012
- "Disruption of the Sleep-Wake Cycle and Diurnal Fluctuation of β-Amyloid in Mice with Alzheimer’s Disease Pathology", Science, 5 septembre 2012

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