Sida, l'espoir de la guérison

Trois études, présentées jeudi 26 juillet 2012, à la 19e Conférence internationale sur le sida à Washington pourraient ouvrir une voie vers une guérison de l'infection, ont estimé des chercheurs, tout en soulignant qu'il faudrait probablement plus de dix ans avant d'espérer une percée.

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Sida, l'espoir de la guérison
Sida, l'espoir de la guérison

Antirétroviraux dès le début de l'infection

Une première étude française porte sur un groupe de patients infectés par le virus du sida (VIH) et mis sous traitement antirétroviraux peu après leur infection (8 à 10 semaines) pendant près de trois ans. Résultat : six ans après, et sans traitement, l'infection est toujours contrôlée.

Ces douze patients appartenant à la cohorte dite de Visconti (Viro-Immunological Studies in CONtrollers after Treatment Interruption) ont montré des similarités avec des sujets qui résistent naturellement au VIH et qu'on appelle les "contrôleurs", ont indiqué ces chercheurs.

Le niveau de leur réservoir viral était particulièrement bas, très comparable à ceux de ces "contrôleurs". Ce groupe, qui représente une faible proportion de la population, maintient durablement le VIH à des niveaux imperceptibles naturellement, sans jamais prendre d'antirétroviraux.

"Ces patients de la cohorte de Visconti ont des caractéristiques immunologiques et une capacité à contrôler le VIH qui sont exceptionnelles et représentent vraiment un groupe très prometteur pour trouver un moyen de contrôler l'infection chez des séropositifs", a expliqué devant la presse le Dr Azier Saez-Cirion de l'Institut Pasteur, un des principaux co-auteurs de l'étude.

Greffe de moelle osseuse

La deuxième recherche est américaine, elle a été menée sur deux hommes séropositifs qui ont reçu une thérapie antivirale et ne montrent aucun signe d'infection du VIH huit et 17 mois respectivement après avoir eu une greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie.

Mais contrairement à l'Américain Timothy Brown, dit "le patient de Berlin", seul cas connu au monde de guérison du sida, le donneur de moelle osseuse pour les deux séropositifs de l'étude, n'a pas la mutation génétique dite CCR5 qui empêche le VIH de pénétrer dans les cellules immunitaires.

Le Dr Daniel Kuritzkes, professeur de médecine à l'hôpital Brigham and Women à Boston, a expliqué devant la presse que ce résultat s'expliquerait par le fait que les deux patients ont continué à être traités avec des antirétroviraux durant la greffe.

Ainsi les cellules du donneur n'ont pas été infectées et ce jusqu'à ce que les deux sujets puissent, grâce à la greffe, développer une nouvelle immunité.

Traitement anti-cancéreux

La troisième étude clinique évoquée devant la presse par son principal auteur, le Dr David Margolis de l'Université de Caroline du Nord, a porté sur huit hommes séropositifs sous antirétroviraux, traités avec le Vorinostat, un traitement contre le cancer lymphatique.

Cet anti-cancéreux a pu débusquer le VIH qui se trouve à l'état latent dans les cellules du système immunitaire et empêche son éradication. L'étude, publiée mercredi 25 juillet 2012, dans la revue britannique Nature, ouvre ainsi la voie à de nouvelles approches pour détruire le virus.

Interrogé sur l'éventualité de trouver un moyen de pouvoir guérir du sida, le Dr Margolis a reconnu "ne pas savoir combien de temps il faudra pour y parvenir". Mais, a-t-il ajouté : "je pense qu'il y a une voie claire et que nous pouvons faire des progrès".

"C'est possible et nous pensons tous que ça vaut la peine d'essayer", a ajouté le Dr Steve Deeks, professeur de médecine à l'Université de Californie à San Francisco.

"A mon sens les obstacles pour trouver un moyen de guérir le sida sont largement plus grands que ceux auxquels les chercheurs étaient confrontés au milieu des années 80 pour mettre au point les antiviraux", a-t-il toutefois tempéré: "A moins que nous soyons chanceux, ça prendra probablement beaucoup plus qu'une décennie".

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