Nutrition : la diversification alimentaire de bébé

La période de la diversification alimentaire du bébé s'étale sur plusieurs mois et n'est pas toujours simple pour les parents. Ils veulent tellement bien faire et éviter tous les risques dont on parle de plus en plus (allergies, obésité…) que les parents se mettent parfois une trop grande pression ! Solveig Darrigo, notre diététicienne, vous conseille.

Rédigé le , mis à jour le

Chronique de Solveig Darrigo du 15 février 2013
  • À quel moment devrait commencer la diversification alimentaire ?

Solveig Darrigo : "La recommandation officielle est de commencer la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois révolus (ni avant, ni après) pour tous les nourrissons, même en cas de terrain allergique dans la famille. En effet, trop tôt ou trop tardive, la diversification alimentaire entraîne plus de risque d'allergies ultérieures !

"Mon conseil : aux alentours du sixième mois c'est le moment idéal, si votre bébé semble prêt pour cette grande aventure…"
 

  • Par quoi devrait débuter la diversification ?

S. D. : "La diversification devrait débuter de préférence par la catégorie fruits et légumes, de façon progressive. Certains préconisent le salé avant le sucré, c'est-à-dire les légumes avant les fruits (plus facilement acceptés).

"Mon conseil : introduire un aliment après l'autre (mixé) dans le biberon ou à part, sans brusquer votre enfant et en lui laissant le temps de s'adapter. Ne pas saler, ni sucrer systématiquement "à votre goût" d'adulte. L'enfant n'a pas le même palais et son tube digestif n'est pas terminé."
 

  • Quid des petits pots du commerce ?

S. D. : "Leur qualité nutritionnelle est correcte. Mais je les vois plus comme un soutien, pour dépanner. Le plus souvent possible, mieux vaut faire des petits plats "maison" : cela permet de mieux doser les ingrédients, d'adapter à l'appétit de votre enfant et de ne pas standardiser ses goûts.

"Mon conseil : le plus souvent possible, faites vous-même les préparations pour votre enfant, mais ne culpabilisez pas si vous achetez des petits pots en dépannage."
 

  • Sous quelle forme l'apport de céréales est-il conseillé ?

S. D. : "À partir de 6 mois, l'apport de féculents/céréales est conseillé pour compléter les besoins énergétiques du bébé sous peu de volume. Si la tendance était au "sans gluten", elle s'inverse aujourd'hui, car il est important d'introduire des céréales infantiles avec gluten, pour permettre de sensibiliser le nourrisson petit à petit : 1 c. à café par jour au début, puis augmenter les mois suivants.

"Mon conseil : quand votre enfant mange bien les légumes à la cuillère, vous pouvez introduire de la pomme de terre en purée, puis d'autres féculents (semoule, etc.) sinon des farines "sans" puis "avec" gluten dans le biberon. Attention aux céréales complètes qui sont irritantes et peuvent favoriser les colopathies en lien avec une immaturité digestive."
 

  • Et le beurre dans la purée ?

S. D. : "Si le sel ou le sucre ne sont pas indispensables dans les préparations, il ne faut pas négliger la matière grasse : une noisette environ par assiette.

"La hantise de l'enfant gros ne doit pas induire de suppression stricte, que ce soit avec le gras ou les féculents (dans la mesure du raisonnable). Si un peu de sucre ajouté au yaourt lui permet de le manger, cela ne pose pas de problème !"
 

  • Et pour la viande, le poisson et les oeufs ?

S. D. : "À partir de 6-8 mois, l'enfant peut manger de la viande-poisson-oeufs, à raison de :

- 20 g jusqu'à 12 mois

- 30 g entre 12 et 18 mois

- 40 g à 2 ans

- 50 g à 3 ans !

"Il est inutile d'augmenter cette quantité, même si le jeune enfant grandit et qu'il a besoin de protéines, car il a encore le lait comme aliment protéique de base au sein de son alimentation.

"Un dernier conseil pour les parents… Vous avez un tableau dans le carnet de santé de votre enfant (qui n'existait pas il y a encore quelques années) qui indique toutes les étapes de la diversification. Suivez-le..."

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