1. / Sexo
  2. / Pratiques et libido
  3. / Baisse de la libido

Baisse de libido, les hommes aussi !

Les hommes aussi prétextent une migraine pour échapper à la corvée conjugale ! Contrairement aux idées reçues, la baisse de désir n'est pas rare chez les hommes et met le couple à rude épreuve.

Rédigé le , mis à jour le

Baisse de libido, les hommes aussi !
© Photographee.eu
Sommaire

Ponctuelle ou pathologique ?

La libido en berne, quelques semaines ou mois, tout le monde la connaît et elle fait partie des aléas de la vie sexuelle. De plus, l'intérêt pour la sexualité est très personnel : certains s'y intéressent peu toute leur vie tandis que d'autres y consacrent beaucoup de temps, sans caractère pathologique. Et contrairement aux idées reçues, les hommes sont aussi sensibles à la fatigue, au stress, à la pression professionnelle, etc. Et à partir du moment où la baisse ponctuelle est gérée sereinement dans le couple, il n'y a aucune de raison de s'en formaliser : la libido est capricieuse, avec ses hauts et ses bas...

A lire aussi : Je n'ai plus envie de toi... Que faire ?

Mais dans d'autres cas, la baisse de libido prend une forme pathologique. Connue sous le nom de désir sexuel hypoactif, elle correspond à une absence ou une baisse du désir d'activité sexuelle, et/ou des fantasmes sexuels. Critère important, la situation fait souffrir celui qui la subit. L'homme ne prend pas ou peu l'initiative, et s'y livre sans grand appétit quand sa partenaire prend les devants. De quoi créer des tensions dans le couple et perturber la relation... Si la souffrance est présente (chez l'un ou l'autre des partenaires), il convient d'en parler et de consulter un spécialiste qui tentera de trouver la cause et d'alléger la souffrance.

Des causes physiques et psychologiques

La consultation permettra alors de rechercher les causes organiques à la baisse de désir, que celle-ci soit récente ou existante depuis le début de la vie sexuelle. Un problème hormonal comme l'andropause avec un manque de testostérone, une hypothyroïdie ou un excès de prolactine ; une dépression qui ne donne envie de rien, y compris de faire l'amour ; la prise de médicaments : anxiolytiques, certains antidépresseurs, antihypertenseurs, anti-androgènes... ; l'alcool, qui à dose faible désinhibe et favorise le contact sexuel, mais au-delà l'altère, et encore les drogues consommées de façon régulière. Une prise de sang et un examen clinique complètent l'entretien pour chercher ces causes organiques.

D'autre part, la présence d'un autre trouble sexuel conduit bien souvent l'homme à éviter le rapport pour ne pas être confronté à une érection défaillante ou une éjaculation prématurée. Une situation qui demandera toute la délicatesse du ou de la partenaire pour pousser l'homme à consulter et bénéficier d'une prise en charge.

La tête, très souvent en cause

Les causes psychologiques foisonnent, entre la routine, la façon dont la relation de couple se passe (les émotions négatives envers le/la partenaire, des conflits larvés ou encore la peur de l'engagement qui étouffent le désir). Le désir débordant du/de la partenaire éteint parfois le désir de l'autre : plus il/elle réclame, plus l'autre fuit... Entre un travail exigeant, une pression importante, la fatigue et un stress élevés, la vie professionnelle s'invite souvent dans le lit conjugal et ne laisse aucune place à la libido au grand dam de la ou du partenaire.

Les hommes aussi sont soumis à la tyrannie d'une sexualité omniprésente dans la société actuelle, qui devrait emmener au septième ciel à chaque fois. La pression de la "performance" génère une angoisse telle qu'elle coupe toute envie... Certains ont du mal à trouver leur place dans un monde où celle de la femme a évolué en quelques dizaines d'années. Elles n'hésitent plus à séduire, faire le premier pas ou l'amour dès le premier soir, des actions jugées parfois castratrices, qui inhibent le désir. En plus, il est demandé aux hommes d'être sensibles et à l'écoute, mais aussi d'être "un homme, un vrai", à l'horizontal : les mâles se sentent parfois perdus entre ces injonctions contraires.

D'autres causes, comme les expériences sexuelles négatives ou des traumatismes tels que des attouchements ou un viol, l'aversion de certaines pratiques sexuelles, expliquent également le désir sexuel hypoactif. Lorsqu'il n'a jamais été présent, le manque de désir s'explique par une éducation psychorigide, une culpabilisation du plaisir, le préjugé que la sexualité est sale, ou encore une peur marquée du jugement de l'autre.

Retrouver la flamme du désir

La prise en charge dépendra de la cause : si elle est organique, le traitement améliorera la libido. Il s'agira de comprimés pour compenser la baisse des hormones thyroïdiennes, d'une prise en charge de la dépression, d'une supplémentation en testostérone en cas de déficit, d'un changement de médicament, d'un sevrage en cas d'addiction à une drogue.

Si elle est psychologique, une thérapie offrira la compréhension de ce qui se passe dans la tête et le corps et c'est le premier pas pour renouer avec le désir. Elle brisera les mythes sur la sexualité masculine ("les hommes ne pensent qu'à ça, alors pourquoi pas lui ?"), apportera des informations sur la sexualité, apprendra à l'homme à repérer les pensées automatiques qui nuisent à sa libido, comme "Je ne suis pas un vrai homme, je n'ai pas désir". Elle aidera aussi le couple à se rapprocher émotionnellement et à améliorer les stimulations érotiques. Le sexe ne se résume pas à la pénétration : un massage érotique, la masturbation mutuelle des partenaires, la sexualité orale (cunnilingus et fellation) sont autant de possibilités épanouissantes et mettant parfois moins de pression à l'homme.

Une situation éprouvante pour le/la partenaire et le couple

Il est toujours très éprouvant de subir la baisse de libido du partenaire. Certain(e)s remettent en question son amour alors que ce manque de désir n'est pas forcément en rapport avec le sentiment, a fortiori si des maladies ou des problèmes psychologiques l'expliquent. Si la relation de couple est en cause, il convient de trouver le juste milieu entre une analyse honnête et la prise de distance pour ne pas trop se remettre en question soi-même. Dans de nombreux cas, lorsque le symptôme provoque une grande souffrance, celle-ci parasite inévitablement la relation. En parallèle de la prise en charge du désir, une thérapie de couple ou une prise en charge par un sexologue permettra de restaurer le dialogue, de comprendre les non-dits et d'effectuer des ajustements. Si l'homme rechigne à consulter, il ne faut pas hésiter à consulter seule, pour évacuer sa souffrance, mais aussi parce que le mouvement de l'un fait parfois bouger l'autre...