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Dans le lit de l'infidélité

Les hommes rêvent de passer leurs nuits avec Monica Bellucci, les femmes avec George Clooney. Mais combien sautent le pas de l'infidélité ? Pour quelles raisons se laissent-ils tenter par une aventure ? Les hommes et les femmes ont-ils vraiment des comportements différents dans ce domaine ? Allodocteurs.fr vous apporte quelques réponses afin de mieux comprendre l'adultère.

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Dans le lit de l'infidélité
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L'infidélité en chiffres

17% des personnes sondées ont été infidèles au moins une fois, 20 pourraient l'être et 63% affirment qu'ils ne pourraient pas tromper leur partenaire (sondage Ipsos sur l'infidélité, réalisé auprès de 500 Français en 2010).

Où trouver un amant ?

Le lieu de travail semble être le meilleur terrain de chasse. Suivent la boîte de nuit et les sites de rencontre… La traditionnelle soirée entre amis n'est citée qu'en 4ème position. Mais 90% des Français ne s'inscriraient jamais sur un site spécialisé en rencontres extraconjugales.

Si l'on détaille les chiffres par sexe, les résultats sont étonnants :

21% des hommes affirment avoir été infidèles au cours des cinq dernières années. Et seulement 13% des femmes reconnaissent l'avoir été.

Ca coince… soit les hommes en rajoutent et gonflent le chiffre, soit les femmes n'osent pas dire la vérité et en oublient, soit les deux ! Ou chaque femme infidèle a plusieurs amants.

Dans le monde, les Français et les Italiens, pourtant réputés très séducteurs, sont loin d'être en tête de l'adultère. Les Togolais détiennent la première marche du podium (source : émission de radio "On refait la chose"). Les Anglais, les Norvégiens ou encore les Brésiliens sont plus volages que les latin lovers !

Les Français entretiennent cependant un rapport avec l'infidélité beaucoup plus décomplexé que les Américains. Pamela Druckerman, Américaine auteur du livre "L'art de la fidélité", confie ainsi que dans son pays, les infidèles ont leurs thérapies et groupes de parole, à l'instar des personnes alcooliques !

Pourquoi est-on infidèle ?

Pour quelles raisons trompe-t-on celui ou celle que l'on aime ?

D'après le sondage Ipsos, on trompe son ou sa partenaire pour les raisons suivantes :

  • par amour ou désir pour une autre personne (49%),
  • pour vivre une autre expérience (27%),
  • pour se venger de l'infidélité de son conjoint (25%)
  • pour pimenter sa vie intime (17%),
  • pour s'accorder une parenthèse dans sa vie de couple (14%),
  • pour se convaincre que son partenaire n'est plus celui qu'il faut (4%).

Les statistiques diffèrent quelque peu lorsqu'on se penche sur chaque sexe.

Les femmes trompent davantage que les hommes par amour ou désir (51 contre 47%) ou pour se venger (33 contre 18).

Les hommes pour vivre une expérience différente (33% contre 21), pour pimenter leur vie intime (22 contre 11%) ou pour s'accorder une parenthèse (17 contre 11%).

Les femmes et l'adultère

Les idées reçues veulent que l'adultère au féminin soit motivé par les sentiments, soit plus réfléchi et qu'il ait sans doute davantage de conséquences sur le couple que les passades sexuelles de ces messieurs. Mais les temps changent et les comportements sexuels évoluent en parallèle.

D’après Willy Pasini, psychothérapeute et auteur de "Les amours infidèles" aux éditions Odile Jacob, les femmes sont plus infidèles qu'avant car elles ne satisfont plus d'une vie de couple médiocre et n'hésitent plus à prendre un amant. Elles sont désormais indépendantes financièrement et sont libres de leur choix. Si elles le veulent, elles peuvent laisser tomber leur mari pour suivre leur amant au bout du monde ou au coin de la rue.

Les femmes, des hommes comme les autres ?

Leur comportement se rapproche de plus en plus de celui des hommes. Elles osent parler des insatisfactions de leur vie de couple et de leurs recours à l'adultère. Prendre un amant n'est plus tabou ! Et si d'après le sondage Ipsos, elles trompent surtout par amour ou désir, elles n'hésitent plus à vivre une aventure d'un soir.

Une liberté revendiquée par les plus jeunes, au nom de l'égalité sexuelle : les 15-24 ans sont plus de 30% à revendiquer une ou plusieurs aventures, contre seulement 16% passés l'âge de 25 ans. On peut aussi supposer que les plus jeunes ont des relations moins sérieuses que leurs aînées qui au début de leur vie conjugale tout au moins, ont foi en la fidélité. C’est en tout cas la théorie de Willy Pasini, qui estime que les 30-40 ans trompent plus facilement leurs conjoints que les autres. Et qu'en vieillissant, les liens se resserrent…

Mais les idées reçues sont parfois tenaces : l'infidélité féminine est toujours perçue comme plus grave par la société. L'égalité hommes-femmes a encore du chemin à faire…

Une limite floue...

À partir de quand parle-t-on d’infidélité ? Se limite-t-elle au rapport sexuel ? Embrasser est-il tromper ? Le flirt est-il une infidélité ? Jusqu’où faut-il aller pour parler d’adultère ?

Voici les réponses du sondage Ipsos :

C’est la relation sexuelle, suivie ou sans amour, qui remporte le plus de suffrages (95 et 89%).

Le baiser sur la bouche suit de près avec près des ¾ des sondés, puis le flirt avec 61%. En revanche, tomber amoureux sans passer à l’acte ne représente une tromperie que pour 49% des sondés.

Et pour 29% d’entre eux, partager des moments de complicité avec une personne du sexe opposé au restaurant, cinéma,… constitue une infidélité, tout comme dialoguer souvent avec quelqu’un sur internet pour 25%.

Dans le sondage CSA/ Madame FIGARO : 44% des français estiment qu’échanger des sms plus ou moins chauds relève de l’adultère.

Confiance et intimité, les limites de l’infidélité ?

Si l’infidélité est souvent vécue comme une trahison, si elle blesse aussi profondément, c’est qu’elle relève de la confiance que l’on offre à l’autre. Une confiance qui est mise à mal, bafouée, piétinée…

La définition de l’infidélité est finalement très personnelle et en parler avec son amoureux dès le début de sa relation évitera bien des déceptions et posera les bases d’une relation saine. Chacun a des limites qu’il convient d’aborder ensemble pour l’un, ce sera un baiser, pour l’autre une relation sexuelle suivie. Des 'règles' seront déterminées ensemble.

Mais ll apparaît qu'à partir du moment où l’on partage avec un autre une intimité que l’on n’a pas avec son partenaire, c’est une forme d’infidélité. A fortiori si on lui cache cette relation…

 

 

Les aventures d'un soir, une origine génétique ?

Les neurobiologistes estiment que nos gènes nous prédisposent à l’infidélité ! Homme et femme seraient programmés pour rester ensemble 2 ans et demie, le temps que l’enfant finisse d’être allaité. Une durée qui avait sa raison d’être il y a des milliers d’années, quand nous luttions contre des prédateurs pour survivre. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’évolution de notre mode de vie justifie-t-elle une fidélité ad vitam eternam ? L’environnement peut influencer les gènes et modifier un comportement millénaire ?

Les animaux sont-ils fidèles ?

De nombreux animaux changent de partenaires régulièrement, comme les bonobos infidèles notoires ! Mais l’homme n’a pas l’apanage de la fidélité : les campagnols des prairie sont ainsi réputés pour la durée de leur union… les loups mâles restent fidèles toute leur vie à leur compagne. 5% des mammifères seraient monogames tandis que 5% des oiseaux seraient polygames. La raison s’expliquerait parce que les œufs ne pourraient pas survivre sans la contribution du mâle. Et l’espèce serait condamnée à l’extinction… Mais certaines espèces de poisson sont monogames sans soin de la progéniture.

Le gène de l’infidélité

Le goût des aventures éphémères s’expliquerait par un gène, également impliqué dans l’alcoolisme ou la dépendance aux jeux de hasard, d'après une étude menée par des chercheurs de la State University of New York. Ce gène expliquerait l’attrait pour les nouvelles relations sociales, en stimulant la production de dopamine et donc la sensation de plaisir. Un neurotransmetteur bien connu pour son rôle dans le système de récompense et la dépendance… La moitié de ceux qui possédaient le fameux gène avouaient avoir été infidèles. L’auteur nuance toutefois son étude puisque tous ceux qui ont le gène ne multiplieront pas les aventures et inversement, ceux qui ne l’ont pas peuvent tout à fait vivre des aventures d’un soir.

Une étude à confirmer mais qui fournit un argument imparable aux infidèles !

Quant aux femmes, elles subiraient plutôt les effets d’une hormone, l’oestradiol, dont le niveau élevé influencerait l’envie d’aller rencontrer d’autres partenaires sexuels, si l'on en croit une étude publiée en 2009.

D’autres facteurs en jeu

La sexualité humaine ne se limite pas à une histoire de gènes et d’hormones. L’histoire personnelle, l’enfance et les modèles parentaux influencent vraisemblablement notre conception du couple et notre capacité à être fidèle ou pas.

Un psychiatre anglais, Dennis Friedman, a expliqué dans son livre An Unsolicited Gift : Why We Do What We Do comment le fait d’avoir été gardé par une baby-sitter avant la première année influençait le comportement sexuel ultérieur. Il soutient que les petits garçon gardés tôt seraient plus infidèles que les autres car ils auraient réalisés que leur maman pouvait être remplacée par une autre femme. Quant aux petites filles, elles combleraient le vide affectif laissé par l’absence de la mère par un excès d’alcool, de drogue, de sexe ou d’argent.

 

Couple : se remettre d'une infidélité

« Les couples qui durent sont ceux qui ne se trompent pas ».

Si l’on en croit le sondage CSA/Madame Figaro, la fidélité reste la valeur sûre d’un couple solide pour 2 Français sur 3.

Le mariage a longtemps été fondé sur des intérêts économiques et sur la transmission des biens ou d’un titre. La fidélité assurait aux pères une descendance légitime…  Des pères qui sauteraient au plafond en lisant une étude affirmant qu’1 père sur 25 élevait un enfant qui n’était pas de lui, d’après une étude du Pr Bellis, réalisée entre 1954 et 2004 et publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health. Autrement dit, 4% des enfants ont un ADN différent de celui qui les élève.

Pardonner l’infidélité, une preuve d’amour ?

Conception récente, le mariage d’amour a élevé la fidélité en pierre angulaire du couple et l’a transformée en preuve d’amour absolue. 42% des hommes et 52% des femmes estiment qu’il n’est pas possible d’aimer son partenaire tout en le trompant.

Nombreux sont ceux qui vivent l’infidélité comme une trahison, impossible à surmonter. Les femmes semblent d’ailleurs être plus intraitables  que les hommes, peut-être parce que ceux-ci, plus prompts à céder à la tentation, comprennent mieux l’adultère : 46% des femmes et 38% des hommes confient qu’ils ne la pardonneraient jamais. 10% l’auraient déjà pardonnée (8% versus 10%) et 14% (19% contre 9%) pourraient certainement le faire. Une proportion identique dans les 2 sexes, 35%, s’estiment capables de le faire sous certaines conditions.

La reconstruction possible ?

Alors que certains mesurent la solidité d’un couple à l’aune de la fidélité, des psychologues estiment au contraire  que c’est la capacité à surmonter les épreuves de la vie, infidélité comprise, qui témoigne de sa pérennité. L’infidélité témoigne d’une difficulté, individuelle ou propre au couple, et comprendre ce qui a abouti à cette situation serait le meilleur moyen de dépasser l’aventure. D'après Chirstophe Fauré, dans un article de Madame Figaro, l’introspection est inévitable pour évaluer non seulement l’amour que l’on se porte mais aussi le contexte extérieur au couple, qui a pu favoriser le passage à l’acte. Ce dialogue fondé sur l’honnêteté pourrait permettre de jeter les bases de la renaissance du couple ou de sa rupture.

Comment se remettre personnellement de cette déchirure due au ‘coup de canif au contrat’ ? Peut-on réellement oublier et passer à autre chose sans imaginer celui que l’on aime dans les bras d’une autre ? Celle en qui l’on avait toute confiance partager le lit d’un amant ? Le dialogue est essentiel et l’aide d’un psychothérapeute ou conseiller conjugal restaure parfois une communication qui bat de l’aile et aide à avoir un autre regard.

L’infidèle joue bien évidemment un rôle-clé en apprenant à rassurer l’autre, en le remettant au centre de sa vie et en redonnant à son couple un nouveau souffle. Le souffle de la maturité et de la joie d’avoir surmonté ensemble un nouvel obstacle.

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