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Vaccin AstraZeneca : on vous explique pourquoi la balance bénéfice/risque est favorable

Le vaccin AstraZeneca est pointé du doigt pour son risque de thromboses mais sa balance bénéfice-risque reste largement favorable. Qu’est-ce que ça signifie ? Les bénéfices et les risques sont-ils les mêmes à tout âge ? On fait le point.

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Vaccin AstraZeneca : on vous explique pourquoi la balance bénéfice/risque est favorable
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / StanislavSukhin

Plus de 55 ans en France et en Belgique, plus de 60 ans en Allemagne, en Espagne ou en Italie et plus de 30 ans au Royaume-Uni : les âges auxquels le vaccin AstraZeneca est réservé varie selon les pays. Une décision qui s’appuie sur ce que les scientifiques appellent la balance bénéfice/risque.

Comme tout médicament, ce vaccin présente en effet des bénéfices – une protection efficace contre le covid – et des risques – effets secondaires, dont la très rare survenue de caillots sanguins.

Si les bénéfices sont supérieurs aux risques, la balance est "favorable" ou "positive". Sinon, elle est "défavorable" ou "négative".

Un décès sur un million de vaccinés

Que sait-on de cette balance pour le vaccin AstraZeneca ? Globalement, les autorités sanitaires comptent moins d’un décès lié aux thromboses sur un million de vaccinés.

Et si ce million de covid attrape le covid faute de vaccination, cela pourrait entraîner entre 2.000 et 50.000 décès, selon les classes d’âge.

Et ce sont ces classes d’âge qui, justement, font toute la différence, comme l’ont expliqué les autorités sanitaires britanniques le 7 avril lors d’une conférence de presse en s’appuyant sur des données de l’université de Cambridge.

Des avantages à tout âge quand l’incidence est forte

Première situation : le virus circule fortement, à une incidence d’au moins 200 cas de covid pour 100.000 habitants. C’est le cas actuel de la France, où l’incidence moyenne dépasse les 400 pour 100.000.


© Winton Centre for Risk and Evidence Communication, University of Cambridge.

En bleu, à gauche du graphique : les bénéfices potentiels, à savoir les admissions en soins intensifs pour covid évitées grâce au vaccin, sur 16 semaines d’exposition au virus pour 100.000 personnes.
En orange, à droite du graphique : les potentiels risques graves causés par le vaccin, principalement les cas de thrombose sévère.

Ici, plus on avance en âge, plus le bénéfice est fort par rapport au risque. Par exemple, le ratio de bénéfice pour les 60-69 ans est de 127,7 quand le ratio de risque au même âge est de 0,2. Chez les 20-29 ans, le ratio de bénéfice est de 6,9 contre un ratio de risque de 1,1.

Cette évolution liée à l’âge s’explique simplement car le risque de formes graves du covid augmente avec l’âge. Sur 100.000 personnes, quand le virus circule fortement, il est donc significativement plus intéressant de vacciner que de ne pas vacciner à tous les âges. Mais l’intérêt de vacciner reste significatif à tous les âges.

Moins de bénéfices pour les jeunes quand l’incidence diminue

Deuxième situation : la circulation virale est intermédiaire, avec une incidence de 60 sur 100.000. La vaccination par AstraZeneca reste intéressante pour tous les sujets, en particulier chez les plus de 30 ans.


© Winton Centre for Risk and Evidence Communication, University of Cambridge.

 

Troisième situation : la circulation du virus est faible, comme par exemple au Royaume-Uni aujourd’hui, à une incidence de 20 cas pour 100.000 habitants. Là encore, l’avantage du vaccin reste très significatif, mais peut se discuter pour les plus jeunes : la différence entre bénéfice et risque pour les 19-29 ans est en effet assez faible.


© Winton Centre for Risk and Evidence Communication, University of Cambridge.

Compter aussi les covid longs et les transmissions

Mais pour évaluer les bénéfices du vaccin, d’autre facteurs que les admissions en réanimation sont à prendre en compte, notent les scientifiques : les hospitalisations hors réanimations, les covid longs, qui existent même dans les formes mineures de la maladie et même chez des patients jeunes, et le risque de contamination des personnes vulnérables par les personnes jeunes non vaccinées.

Avec le temps, les bénéfices augmentent

Autre précision : ces balances ne sont valables qu’à l’instant de la vaccination. Avec le temps, les avantages augmentent, mais pas les risques. La balance devient donc de plus en plus favorable, car "une personne vaccinée continuera à accumuler ces avantages pendant toute la durée de la protection offerte par le vaccin" alors que "le risque (de thrombose, ndlr) lié à la vaccination ne survient qu'au moment de la vaccination" explique l’université de Cambridge.

A chaque âge son vaccin ?

Que retenir de ces analyses ? Globalement, le vaccin est intéressant à tous les âges en termes de balance bénéfice/risque quand la circulation virale est forte.

Cette balance se discute pour les moins de 30 ans quand le virus circule moins, en particulier "si d’autres vaccins qui ne comporte pas de risque de caillot sanguin sont disponibles immédiatement", pointe l’université de Cambridge.

Ce qui est le cas en Europe, où les vaccins Moderna et Pfizer sont donc à privilégier pour les classes d’âge les plus jeunes. Reste à définir une limite d’âge, idéalement commune à tous les pays, voire une condition d’incidence pour appliquer ou non cette limite.

Dernière précision : il s’agit ici d’une balance bénéfice/risque individuelle. Mais au-delà du bénéfice individuel, il faudrait prendre en compte le bénéfice global de la vaccination, puisqu’une vaccination massive contre le covid permettra de contrôler voire d’enrayer l’épidémie.

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