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Les nanoparticules présentes dans les médicaments sont-elles dangereuses ?

Selon la revue "60 millions de consommateurs", des nanoparticules de dioxyde de titane se cachent dans six médicaments très utilisés.

Rédigé le , mis à jour le

Les nanoparticules présentes dans les médicaments sont-elles dangereuses ?
Les nanoparticules présentes dans les médicaments sont-elles dangereuses ?

La précaution qui figure dans le communiqué accompagnant le nouveau numéro de la revue 60 millions de consommateurs n’est pas superflue : "Attention ! Les personnes traitées avec des médicaments essentiels incorporant des nanoparticules de dioxyde de titane ne doivent pas pour autant interrompre leurs traitements." Ce point étant acté, l’enquête mérite d’être parcourue avec soin.

Le centre d’essai comparatif de l'Institut national de la consommation (INC) a analysé la composition de médicaments courants tels que l’Efferalgan®, le Spasfon® ou le Nurofen®. Tous mentionnent dans leur liste d’excipients du dioxyde de titane (TiO2) – également connu sous la nomenclature européenne E171 –  qui ne fait pas en lui même l’objet d’importantes controverses. En revanche, lorsque le TiO2 se présente sous forme de particules inférieures au nanomètre (un millionième de millimètre), le sujet est plus épineux.

L’état du dossier scientifique

En effet, de récents travaux de l’Inra menés chez le rat ont suggéré un effet notable au niveau de l’intestin. Dans cette expérience, un terrain micro-inflammatoire s’est développé sur la partie terminale de l'intestin (le côlon), chez 4 des 10 rats exposés à des nanoparticules de TiO2, "contre aucun dans le groupe témoin". Il s’agissait de lésions pré-néoplasiques dans le côlon – un stade non malin de la cancérogénèse.

Comme le soulignaient les auteurs de ces travaux, il était impossible de déduire de ces observations préliminaires, menées sur un si faible échantillon, l’existence d’un caractère cancérigène chez le rat… et à plus forte raison chez l’homme. Néanmoins, précisaient les auteurs, de telles observations justifiaient "une étude supplémentaire de deux ans sur la carcinogénèse (l'origine du cancer), avec des lots de 50 rats mâles et 50 rats femelles". Suite à une importante médiatisation en France, l’Anses s’était saisi du dossier en avril 2017, jugeant "nécessaire de conduire […] les études nécessaires à la parfaite caractérisation des effets sanitaires potentiels liés à l'ingestion" des nanoparticules. Ces études sont en cours. https://www.anses.fr/fr/content/dioxyde-de-titane

Les constats de 60 millions de consommateurs

Selon les essais de 60 millions de consommateurs, là où le TiO2 est présent sous forme classique, il est également toujours présent sous forme de nanoparticules. "Pour les denrées alimentaires, l’Agence européenne de sécurité des aliments recommande d’afficher la présence de nanoparticules dès lors que la proportion de nanos représente au moins 10% de l’ingrédient. Une obligation d’étiquetage existe aussi pour les cosmétiques", explique le magazine. Or, aucune obligation de ce genre n’existe pour les médicaments… alors que, dans six spécialités étudiées, de 16% à 44% du TiO2 serait présent sous forme nanoparticulaire.

"Parmi eux, on trouve des comprimés ou solutions buvables indiqués contre l’allergie, ou contre la douleur et la fièvre chez l’adulte, mais aussi chez l’enfant." Un traitement "à base de plantes", l’Euphytose®, est également pointé du doigt.

60 millions de consommateurs rappelle que, si les résultats de l’Inra sont préliminaires, la vigilance reste de mise. Le dioxyde de titane faisant partie des excipients, "c’est-à-dire des ingrédients qui ne jouent aucun rôle thérapeutique", l’INC s’interroge : "ce colorant est-il pour autant indispensable dans ces médicaments ?" Il suggère, "par principe de précaution", "[d’essayer] de remplacer tout médicament incorporant du dioxyde de titane (dont il est à craindre qu’une proportion soit sous forme de nanoparticules) par son équivalent sans dioxyde de titane". Par exemple en utilisant des génériques (le paracétamol, pour l’Efferalgan®), les formes non-pelliculées (qui fondent sous la langue) ou des suppositoires.

La rédaction d’Allodocteurs.fr

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