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Le pictogramme "grossesse" trop souvent utilisé sur les médicaments

Un usage abusif du pictogramme indiquant un risque ou une contre-indication des médicaments pour les femmes enceintes est "contre-productif", selon l’Académie nationale de pharmacie.

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Le pictogramme
Crédits Photo : © ANSM

Un pictogramme à utiliser avec parcimonie ? Le symbole inscrit sur les boîtes de médicaments qui signale un risque ou une contre-indication pendant la grossesse est trop fréquemment utilisé sur des médicaments dont le risque n'est pas "avéré", ce qui le rend "contre-productif", a estimé le 30 septembre l'Académie nationale de pharmacie.

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Seuls 10% des médicaments vraiment concernés

"A ce jour, 60% à 70% des spécialités sont dotées de l'un de ces pictogrammes, alors que seules 10% des spécialités disponibles sur le marché français devraient être concernées par une telle mesure en raison d'un risque embryonnaire ou fœtal avéré chez l'humain", juge ainsi l'Académie dans un communiqué.

"Etant donné l'absence de liste officielle de médicaments relevant de cette disposition, les fabricants sont incités à élargir le champ d'application de ces pictogrammes dans un souci médico-légal", pour protéger leur responsabilité, ajoute l'institution.

Le danger d'un médicament pour le foetus (malformations ou toxicité) est généralement estimé sur la base d'études précliniques (in vitro et chez l'animal) ou après des études épidémiologiques suite à des signalements de cas. En effet, les essais cliniques chez la femme enceinte sont quasi inexistants du fait des risques et des problèmes éthiques qu'ils poseraient.

Privilégier un "dialogue singulier entre le médecin et la patiente"

Ce pictogramme représentant une femme enceinte, accompagné d'un message de mise en garde, a été mis en place fin 2017 après le scandale de la Dépakine®, un antiépileptique dont les dangers pour le foetus en cas de prise pendant la grossesse ont tardé à être signalés dans la notice.

Il existe deux types de message: "nom du médicament + grossesse = danger", pour ceux à ne pas utiliser sauf en l'absence d'alternative thérapeutique, et "nom du médicament + grossesse = interdit", pour ceux à ne jamais utiliser lors de la grossesse.

L'Académie de pharmacie, "en accord avec le CRAT" (Centre de référence sur les agents tératogènes), recommande de ne garder que le premier des deux, "l'usage de ces médicaments pendant la grossesse devant faire l'objet d'un dialogue singulier entre le médecin et la patiente". Le CRAT juge par ailleurs "impératif" que le gouvernement modifie le décret de 2017 créant ce pictogramme, "dont les modalités d'application le rendent actuellement contre-productif".

En 2018, l'Académie nationale de médecine craignait de son côté que ces pictogrammes provoquent une vague d’inquiétudes infondées et une "perte de chances pour les patientes qui pourraient préférer s'abstenir de tout traitement, même indispensable".

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