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Enucléation : quand l'oeil doit quitter son orbite

Un accident de voiture, un cancer de la rétine, une bagarre, un glaucome sévère, ce sont des causes qui peuvent nécessiter d'enlever l'oeil… Quand doit-on réaliser une énucléation ? Quelles sont les différentes prothèses qui permettent de soutenir le regard des autres ?

Rédigé le , mis à jour le

Enucléation : quand l'oeil doit quitter son orbite
Enucléation : quand l'oeil doit quitter son orbite
Sommaire

Qu'est-ce qu'une énucléation ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent l'énucléation.

L'oeil est notre principal organe de communication avec l'extérieur. Il est aussi celui qui donne le plus d'informations à notre cerveau. Parfois, à la suite d'un accident ou d'une maladie, il faut le retirer. C'est ce qu'on appelle l'énucléation oculaire.

Les deux yeux sont situés dans des orbites creusées dans le squelette facial. Chaque globe oculaire est fixé par des petits muscles. Si on regarde de plus près l'anatomie d'un oeil, la sclère est une enveloppe dure et très résistante, elle correspond au blanc de l'oeil. La sclère se prolonge devant par la cornée, qui laisse entrer la lumière.

Au centre, il y a la pupille, un trou au milieu de l'iris. Tout autour, se trouve la partie colorée de l'oeil : l'iris. Il fonctionne comme le diaphragme d'un appareil photo, il règle la quantité de lumière entrante. Le cristallin, lui, permet aux images d'arriver directement sur la rétine. Il permet aussi de générer des images nettes. Enfin, le nerf optique transmet les images au cerveau.

La principale protection de l'oeil est la cavité osseuse qui l'entoure. Il est aussi entouré de graisse. L'objectif étant qu'il soit protégé comme sur des coussins en cas de traumatismes. Enfin, la conjonctive forme un tissu de défense transparent situé en avant de l'oeil.

Les traumatismes représentent la première cause d'énucléation. L'oeil peut être perforé au cours d'un accident de la route, mais aussi par un geste de la vie quotidienne, une pointe de ciseaux par exemple, ou encore, il peut être brûlé par un produit chimique. Une maladie de l'oeil, comme un cancer, un glaucome ou encore une inflammation chronique de l'oeil, peut aussi conduire à l'énucléation.

Retirer l'œil pour placer un implant

Attention, images difficiles de chirurgie de l'oeil ! Comment pratique-t-on une énucléation ?

Lors d'une "énucléation avec éviscération sur table", l'oeil est retiré et dans le même temps opératoire, un implant est mis en place dans la cavité oculaire pour pouvoir ensuite installer une prothèse.

Cette opération n'est possible qu'en cas de traumatismes ou de maladie strictement ophtalmique. Dans les cas de cancers de l'oeil, par exemple le rétinoblastome (un cancer de la rétine qui touche surtout les enfants) ou les mélanomes ophtalmiques chez l'adulte, on ne peut pas réutiliser le blanc de l'oeil pour insérer l'implant, il faut tout retirer pour être sûr qu'il ne reste pas de cellules cancéreuses.

Dans ce cas, pour recréer le volume nécessaire dans la cavité oculaire, on utilise de la peau prélevée au niveau de la fesse du patient.

Des prothèses au plus proche du naturel

Fleur, 12 ans, porte une prothèse oculaire depuis son enfance.

Au bout de six mois, le patient peut recevoir une prothèse faite sur mesure. Aujourd'hui, ces prothèses ressemblent beaucoup à un oeil naturel loin de ce qu'on appelait autrefois un "oeil de verre". Désormais les prothèses sont en résine et non plus en verre. Elles sont donc plus légères et surtout moins fragiles.

Chaque prothèse est réalisée sur mesure. Un travail d'orfèvre car tout est réalisé à la main : de la forme à la teinte du blanc de l'œil, en passant par les plus infimes détails, des fils de soie rouges pour reproduire les vaisseaux sanguins. Plus de 200 nuances de marron, une centaine de bleu et de vert permettent de reproduire la couleur de l'iris grâce à des pigments naturels.

La prothèse doit être changée tous les six ans. En attendant, il faut la nettoyer tous les jours. Le polissage, une à deux fois par an, reste le principal entretien. Les prothèses oculaires coûtent environ 850 euros et sont prises en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Il existe enfin un autre type de prothèse pour les patients qui n'ont pas été énucléés : c'est ce qu'on appelle un verre scléral ou prothèse de recouvrement. Très fine, elle est réservée aux patients chez qui on a pu conserver le globe oculaire, mais dont l'oeil est inesthétique ou très atrophié. Cette prothèse est également remboursée par la Sécurité sociale.

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