Pédiatrie : en quoi consiste le plan d’action lancé par le gouvernement ?

Face à la crise que traversent les urgences pédiatriques et après le cri d'alerte lancé par 4 000 soignants, le gouvernement a déclenché un plan d'action de 150 millions d'euros pour les services "en tension" à l'hôpital.

Muriel Kaiser avec AFP
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Les services de pédiatrie au bord de l'explosion
Les services de pédiatrie au bord de l'explosion  —  Le Mag de la Santé - France 5


Une véritable bouffée d’oxygène ou un énième feu de paille ? Le gouvernement vient d’annoncer le déblocage de 150 millions d’euros ainsi que le déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux sous tension.

Cette annonce fait suite à une lettre ouverte à Emmanuel Macron. 4 000 soignants en pédiatrie y ont dénoncé la saturation des services pédiatriques hospitaliers, alors que l’épidémie de bronchiolite ne fait que commencer.

Une "inaction politique irresponsable"

Au sein de la lettre ouverte, les soignants dénoncent des conditions de travail et une prise en charge inadaptées, résultats d'une "inaction politique irresponsable". Hospitalisations d’enfants dans des lieux non adaptés, transferts éloignés, reports d’interventions chirurgicales programmées, sorties prématurées d’hospitalisation... Autant de dégradations qui conduisent à "des retards de soins" et à "la mise en danger des enfants", dénoncent-ils. 

Ils mettent en avant "la perte de sens des soignants conséquence de la gouvernance bureaucratique et de la tarification à l’activité, conduisant à un épuisement global et un départ massif des personnels hospitaliers." Les signataires exigent du président de la République "des mesures urgentes et pérennes favorisant le retour des personnels soignants dans les hôpitaux auprès de nos enfants" et lui demandent d'"agir en urgence". 

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Un "plan d'action immédiat"

Pour répondre à ce nouvel accès de fièvre à l'hôpital, l'exécutif a concocté un "plan d'action immédiat", a annoncé le porte-parole du gouvernement Olivier Véran. "On déclenche là où c'est nécessaire, les fameux plans blancs pour rappeler du personnel supplémentaire et pour avoir une meilleure coopération dans les territoires", a-t-il détaillé.  

Le plan blanc contient des mesures d'organisation destinées à faire face à une situation sanitaire exceptionnelle ou une activité accrue d'un hôpital. "On a une épidémie de bronchiolite plus précoce que d'habitude qui arrive sur un hôpital à bout de souffle et sur lequel il faut faire un travail de fond", a observé le ministre de la Santé, François Braun. Il a par ailleurs annoncé le déblocage de 150 millions d'euros pour l'ensemble des services "en tension" à l'hôpital. 

Cet argent doit servir à "répondre tout de suite à des problématiques spécifiques de certains secteurs", notamment une augmentation de personnel, "à condition que l'on trouve du personnel", a fait valoir le ministre. "Bien entendu nous allons prendre en charge tous les enfants qui nécessitent d'aller à l'hôpital mais il faut nous aider en évitant d'aller à l'hôpital quand ce n'est pas nécessaire", a redit François Braun.  

Les professionnels pas satisfaits

"Le gouvernement était dans l'obligation de réagir vite mais y a un vrai problème de fond", a réagi Isabelle Desguerre, cheffe du service de neuropédiatrie à l'hôpital Necker à Paris, l'une des signataires de la lettre à Emmanuel Macron. "150 millions, c'est un effet de chiffre, le problème ce n'est pas les sous mais reconnaître le statut des soignants, leur donner envie de travailler en hôpital, mettre des vrais ratios soignants par enfant...", met-elle en avant. 

"On explique qu'on veut des réformes structurelles, urgentes et on nous répond par un plan blanc utilisé une fois par an depuis 2019. Le plan blanc ça veut dire déplacer des infirmières, annuler des congés, ça ne fait que tendre la façon dont on pratique le soin", estime Mélodie Aubart, neuropédiatre à l'Hôpital Necker-Enfants malades de Paris, également signataire de la lettre. "On ne peut pas continuer de mettre en permanence des pansements sur une jambe de bois", résume-t-elle.  

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