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Seniors : attention à la perte d'appétit !

En France, la majorité de la population cherche à contrôler son appétit pour ne pas prendre du poids inconsidérément et frôler l'obésité avec son cortège de diabète de type II... Mais à partir d'un certain âge, variable selon les individus, souvent après 80 ans, c'est la dénutrition qui devient une menace. Les explications avec le Pr Françoise Forette, médecin interniste gériatre, sur le plateau du Magazine de la santé.

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Seniors : attention à la perte d'appétit !

Lorsqu'elle est récente, la perte d'appétit peut être un signe d'appel d'un certain nombre de maladies : infections, pneumopathies, maladie des coronaires, insuffisance rénale, cancer et surtout dépression, fréquente chez les seniors isolés. Si elle persiste, la consultation médicale est une nécessité absolue.

Pourquoi garder l'appétit ?

Quand on n'a pas faim, on ne mange pas. Et moins on mange, moins on a envie de manger. Quand on ne mange pas, on maigrit et la dénutrition apparaît. Toutes sortes de carences se produisent (protéiques, vitaminiques), on perd du muscle donc on réduit son activité physique, on sort moins, on s'isole, donc on réduit ses relations sociales. Bref, on se laisse entraîner dans une spirale catastrophique.

La perte de poids est un signe majeur du syndrome de fragilité qui conduit à la dépendance alors qu'il est parfaitement réversible.

Comment garder l'appétit ?

Il faut tout d'abord tordre le cou aux idées reçues. L'idée selon laquelle les seniors ont des besoins caloriques inférieurs aux plus jeunes est  fausse. Les besoins sont de 35 calories par kilo de poids et par jour (1.700 calories pour un poids de 50 kg). Les besoins en protides sont même supérieurs (1,2 à 1,5 gramme par kilo de poids au lieu de 1 gramme).

Il faut ensuite réintroduire la notion de plaisir, c'est le maître mot. Les régimes, en particulier sans sel, sont interdits sauf indication médicale absolue. Il faut retrouver les saveurs que l'on aime et rester dans son terroir si on y est attaché. En été, privilégiez les salades, les jambons, la ratatouille froide, les glaces, les entremets...

Il faut également s'attacher à retrouver la convivialité. Ne pas rester toujours seul devant son assiette et retrouver le plaisir de cuisiner pour sa famille, ses petits-enfants et surtout ses amis. Et si on n'aime pas cuisiner, aller au restaurant avec des copains ou des copines reste un plaisir. Rien de plus gratifiant que le petit bistro du coin où l'on se retrouve régulièrement.

Lorsque l'on n'a pas la chance d'avoir pu garder ses amis, on peut fréquenter un club de seniors qui fait restaurant. On pourra ainsi faire d'autres connaissances et participer aux nombreuses activités de ces clubs. Si on ne peut se déplacer, le port des repas à domicile peut offrir une alternative, mais cela ne lutte pas contre la solitude sauf à partager le système avec un voisin.

Ne pas écouter les sornettes telles que "la viande rouge est interdite" (c'est la consommation quotidienne en grande quantité qui est dangereuse) ou encore "il est impératif de supprimer le gluten" (cela n'est justifié que si l'on a une intolérance au gluten).

On peut s'inspirer du régime méditerranéen : beaucoup de fruits et de légumes, un peu de viande, souvent du poisson, parfumé d'épices qui réveillent l'appétit. Et si cela ne suffit pas, il faut consulter à nouveau pour éliminer les maladies anorexiantes et surtout la dépression souvent cachée chez les personnes qui avancent en âge.

La chaleur ne stimule pas l'appétit. Et l'isolement en été peut être déprimant. Les commerçants que l’on aime sont fermés, les autres sont trop loin. Le risque est grand pendant la période estivale. Tout au long de l'année, avoir faim signifie avoir envie de vivre, de vivre longtemps et de vivre avec les autres.

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