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Les remèdes de grand-mères contre la cystite

Bon nombre de femmes connaissent la cystite. Cette infection urinaire particulièrement douloureuse est redoutée par les femmes. Héloïse Rambert, pharmacienne de formation, nous donne des solutions inspirées de nos grand-mères pour lutter contre la cystite.

Rédigé le , mis à jour le

Les remèdes de grand-mères contre la cystite

La cystite peut être très douloureuse, parce qu'il y a une inflammation de la paroi de la vessie. Dans la plupart des cas, la prolifération dans la vessie d'un type de bactéries très connu, E. Coli est en cause. E. Coli est une bactérie que nous avons tous dans notre tube digestif, et qui n'a rien à faire dans les voies urinaires, normalement stériles. Mais la bactérie peut passer de la région anale à la région urinaire, et coloniser la vessie en remontant l'urètre (petit canal qui permet l'évacuation de l'urine). L'urètre est beaucoup plus court chez les femmes, c'est la raison pour laquelle les femmes sont plus touchées que les hommes.

Les symptômes de la cystite sont typiques : douleurs pelviennes (du bas ventre), douleurs/sensations de brûlures quand on urine, et envies fréquentes d'uriner avec parfois de la fièvre. Et il y a des risques de complications.

Des plantes contre la cystite

Des plantes sont intéressantes, surtout en prévention. C'est dans ce contexte qu'elles seront le plus utiles. Pour espacer les épisodes, en cas de récidives (à partir de quatre épisodes par an, on parle de cystites récidivantes), la plante la plus connue est évidemment la canneberge (ou cranberry). Son fruit est intéressant. Des études montrent que sa consommation au long cours permet de réduire le nombre de récidives. Non pas parce que la canneberge tuerait les bactéries, mais parce qu'elle les empêcherait d'adhérer à la paroi de la vessie. Grâce à son principe actif, la proanthocyanidine (PAC).

Mais le plus important, c'est le dosage : il faudrait consommer 36 mg de principe actif par jour pour espérer en tirer des bienfaits. La canneberge se présente sous différentes formes, on a l'embarras du choix. On peut tout à fait préparer des infusions à partir des baies séchées, mais les gélules ou les extraits secs sont les plus pratiques, parce qu'ils garantissent un apport standardisé, suffisant, en proanthocyanidine.

L'échinacée et ses bienfaits

D'autres plantes ont aussi un intérêt en prévention. C'est le cas de l'échinacée. Ses effets n'ont pas été étudiés, mais l'OMS lui reconnaît un intérêt pour prévenir les infections urinaires, parce que cette plante aide à stimuler le système immunitaire. On va la trouver sous plusieurs formes (sous forme d'extraits hydro-alcooliques par exemple). Mais on peut aussi utiliser les racines d'échinacée pour préparer une décoction. Pour cela, vous avez besoin d'environ 1 g d'échinacée pour une tasse de tisane (soit 25 g pour 500 mL d'eau). Faites bouillir les racines dans l'eau pendant cinq à dix minutes. Vous pouvez en consommer trois tasses par jour.

Que faire quand les symptômes sont installés ?

Quand les symptômes sont déjà installés, les remèdes de grand-mères ne peuvent pas vous aider. Dans une cystite qu'on appelle "aiguë", déclarée, le traitement de référence reste le traitement par un antibiotique. Mais en pratique, si les symptômes apparaissent et qu'on ne peut pas agir, on peut tenter de boire beaucoup (vraiment beaucoup). Dans certains cas, l'hyperhydratation va permettre d'exercer une action de "lavage" de la vessie et de l'urètre et de faciliter l'élimination des bactéries. Cela va rarement suffire mais il faut de toute façon boire beaucoup en général et à plus forte raison en cas de cystite !

On peut aussi prendre les plantes présentées ci-dessus en tout début de crise, avant de voir le médecin, mais il y a peu à en attendre. En tout cas, elles peuvent accompagner le traitement par les antibiotiques.

Comment agir sur la douleur en cas de crise ?

En cas de crise, on peut faire un cataplasme à l'argile tiède, un grand classique de nos grand-mères, pour soulager les douleurs au ventre et obtenir un effet réconfortant. Il faut choisir de l'argile concassée, moins chère que l'argile fine. Dans un bol ou un saladier en verre, on verse 5 à 10 cm d'argile et on recouvre d'eau minérale. On mélange avec une spatule en bois pour que la préparation soit bien homogène, ni trop compacte, ni trop liquide. Et déposez la préparation (sur au moins 2 cm) sur une compresse stérile. On recouvre d'une autre compresse : le cataplasme est prêt à être appliqué sur la zone douloureuse. Il faut le faire légèrement chauffer avant de l'appliquer, par exemple dans un petit récipient qu'on pose sur un radiateur. Une fois sur la peau, quand l'argile commence à sécher, il perd en efficacité et il faut le jeter….et en faire un autre si besoin.

Pour éviter que le problème ne revienne, quelques règles de base. Pour éviter d'être embêté par une infection urinaire, il faut s'hydrater suffisamment tous les jours, et bien vider sa vessie après les rapports sexuels. Il faut aussi faire attention à ce qu'on mange : il faut avoir une alimentation équilibrée, riche en fibres, pour s'éviter des troubles du transit intestinal. En cas de diarrhée ou de constipation, la prolifération bactérienne est plus importante dans l'intestin, et le risque d'avoir une cystite aussi.

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