Quand la constipation pousse à bout

Si la constipation est gênante, elle est le plus souvent bénigne et passagère. Mais en cas de constipation chronique ou sévère, les épisodes sont très douloureux, se répètent pendant des mois voire des années et nécessitent des séjours à l'hôpital.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Qu'est-ce que la constipation ?

Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier expliquent la formation des selles
Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier expliquent la formation des selles

La constipation est un désagrément qui peut tous nous concerner un jour ou l'autre. Si elle est la plupart du temps passagère, dans certains cas elle peut s'installer et provoquer de violentes douleurs et des ballonnements. Les femmes sont plus concernées que les hommes. La constipation est aussi très fréquente chez les enfants. Les petits garçons étant plus touchés que les filles.

Lorsque le transit intestinal fonctionne normalement, après avoir été mâchés et avalés, les aliments passent dans le pharynx puis l'oesophage. Dans l'estomac, les aliments sont transformés en "bouillie" grâce au brassage mécanique et l'action des sucs gastriques. La digestion se poursuit dans l'intestin grêle, où les villosités intestinales absorbent les nutriments. Chacun des segments de l'intestin est spécialisé dans l'assimilation de nutriments, vitamines et sels minéraux particuliers. Les matières qui n'ont pas besoin d'être absorbées progressent jusqu'au gros intestin.

La digestion au niveau du côlon consiste essentiellement en une dégradation microbienne sans grande utilité pour la nutrition. C'est aussi à ce niveau qu'il y a une déshydratation des matières. L'eau est réabsorbée par le côlon. Les matières fécales sont stockées dans le rectum et sont ensuite évacuées grâce au relâchement du sphincter anal.  

Pour qualifier les selles, on peut se référer à la très sérieuse échelle de Bristol qui répartit les selles humaines en sept types, en fonction de leur forme : de la crotte de "lapins", à celle ressemblant à une saucisse, en passant par celle en forme de "nuggets". La forme des selles dépend du temps qu'elles ont passé dans le côlon. Les selles de type 1 et 2 évoquent une constipation.

On parle de constipation lorsque l'émission des selles est anormalement rare. Elle est dite chronique quand elle dure dans le temps. Les causes peuvent être diverses : mauvaise alimentation, particularités anatomiques comme un côlon trop long, maladies ou prise de certains médicaments.

Constipation : une longue rééducation

Quand les conseils diététiques ou les laxatifs ne fonctionnent pas et que la constipation est très gênante, on peut aller voir un spécialiste. Il prescrira si c'est nécessaire des examens afin de préciser l'origine de la constipation. Plusieurs explorations fonctionnelles existent : l'une d'entre elles est la manométrie ano-rectale. Le médecin étudie alors la sensibilité du rectum et du sphincter.

Dans certains cas de constipation sévère, généralement lorsqu'elle est terminale, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit d'une difficulté à évacuer les selles, des séances de rééducation peuvent être nécessaires. Une des techniques est le biofeedback. A l'aide de pressions électriques enregistrées sur un écran, le biofeedback va augmenter la perception sensorielle tout en exerçant les muscles du plancher pelvien à se relaxer, amenant ainsi une meilleure coordination entre les intestins et le sphincter anal.

Grâce à la technique du biofeedback, le patient apprend à faire travailler les bons muscles. Lorsque la constipation est installée depuis peu de temps, quatre à six séances peuvent suffire pour obtenir de bons résultats.

La neuromodulation sacrée en cas de constipation sévère

Attention images de chirurgie ! Une fois implanté, le pacemaker peut fonctionner pendant une dizaine d'années.
Attention images de chirurgie ! Une fois implanté, le pacemaker peut fonctionner pendant une dizaine d'années.

La "neuromodulation sacrée" est une technique peu invasive qui consiste à envoyer grâce à une électrode un courant continu qui stimule les racines nerveuses autour de l'anus et du rectum.

La pose de l'électrode de neurostimulation se fait à proximité de la troisième racine sacrée pour stimuler le nerf qui innerve l'anus et le rectum. Outre la stimulation de la troisième racine sacrée, la stimulation touche également toute une série de nerfs qui vont modifier le fonctionnement intestinal, la perception au niveau cérébral que l'on a du transit... Cet ensemble de stimulations électriques va améliorer la continence.

Le médecin utilise une aiguille de ponction pour repérer la zone à stimuler. Les nerfs sacrés sont accessibles par de petits orifices naturels dans l'os du sacrum. Pour placer l'électrode, le chirurgien introduit un guide à la place de l'aiguille de ponction. Il prépare ensuite une petite loge sous la peau où sera installé le boîtier définitif de stimulation lors d'une seconde intervention prévue plus tard. En attendant, pendant la période de test, l'électrode est reliée à un boîtier externe. En fonction des résultats obtenus, si le bénéfice est satisfaisant, le pacemaker définitif sera implanté.

Constipation sévère : la technique de Malone

Attention, images d'intervention chirurgicale. Cette opération permet aux patients qui ont un intestin qui ne fonctionne plus de pouvoir reprendre un transit.
Attention, images d'intervention chirurgicale. Cette opération permet aux patients qui ont un intestin qui ne fonctionne plus de pouvoir reprendre un transit.

Quand la constipation est devenue sévère, suite à des occlusions répétées ou des malformations, on peut proposer à des patients une intervention assez rare, le Malone. Il s'agit d'installer une sonde pour injecter de l'eau ou des laxatifs directement en haut du côlon.

L'intervention consiste à implanter une petite prothèse entre la peau et le côlon pour pouvoir irriguer le côlon, c'est-à-dire instiller de l'eau à l'intérieur du côlon et rétablir un transit chez un patient qui a une constipation très sévère.

Après une courte période de cicatrisation, les patients peuvent eux-mêmes faire des irrigations en branchant une poche d'eau au dispositif et faire une évacuation du côlon.

Constipation : bien choisir son laxatif

Comment bien choisir son laxatif ?
Comment bien choisir son laxatif ?  —  Le Magazine de la Santé - France 5

La constipation est un problème très fréquent, plus ou moins sévère. Pour y faire face, il est possible de se tourner vers les laxatifs.

Dans les rayons des pharmacies, on trouve de nombreuses sortes de laxatifs. Poudres, gelées, comprimés, gélules... Nous avons sélectionné une vingtaine de médicaments vendus sans ordonnance, classés en six familles.

Les laxatifs par voie rectale ont un effet mécanique local mais ne résolvent pas l'origine de la constipation qui est plus en amont au niveau du tube digestif.

Les laxatifs stimulants, souvent à base de plantes comme le séné ou la bourdaine, contractent la paroi intestinale et provoquent l'évacuation des selles mais ils sont irritants.

Ces deux types de laxatifs sont déconseillés. Mieux vaut choisir des médicaments qui agissent en douceur sur l'hydratation des selles comme les laxatifs osmotiques. Ils permettent d'apporter de l'eau dans l'intestin, de réhydrater les selles et donc de relancer le transit.

Enfin, les laxatifs lubrifiants sont des huiles que l'on peut ajouter à l'alimentation ou des gelées faciles à avaler, à utiliser ponctuellement. Mais la meilleure solution reste une alimentation naturellement riche en fibres, une très bonne hydratation sans oublier l'activité physique.

Les bienfaits du pruneau contre la constipation

Le pruneau : un aliment aux multiples bienfaits  —  Le Magazine de la Santé - France 5

Parmi les aliments qui facilitent le transit, le pruneau est un fruit sec souvent utilisé contre la constipation. Riche en fibres, il stimule les contractions de l’intestin, ce qui fait avancer les selles. A l'effet des fibres s'ajoute celui du sorbitol, un sucre qui appelle l’eau vers l’intestin, ce qui hydrate les selles et donc facilite le transit.
Attention à ne pas trop abuser du pruneau : pas plus de trois ou quatre par jour, sans quoi des ballonnements, des crampes ou une accélération trop forte du transit peuvent apparaître.

Pour en savoir plus : découvrez le livre de Marina Carrère d'Encausse, Allo Docteurs - En finir avec les troubles digestifs 

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