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La publicité favorise l'obésité chez les enfants

Les plus jeunes sont particulièrement sensibles à la publicité pour la junk food, qui les attire vers des aliments gras et sucrés. Télévision, réseaux sociaux, presse : tous les supports sont concernés par les stratégies bien rodées du marketing alimentaire.

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La publicité favorise l'obésité chez les enfants
La publicité favorise l'obésité chez les enfants

La publicité nuit gravement à la santé… Et au poids des enfants, influencés par le marketing alimentaire. Des techniques dénoncées, le 30 avril, par une étude de l'Institut National de Prévention et d'Education à la Santé (INPES). Menée par deux chercheuses, les travaux compilent des années de recherches sur la question. Leur conclusion est sans appel : au delà des autres facteurs favorisant l'obésité (alimentation, milieu social, activité physique), la publicité a une influence non négligeable sur la prise de poids des plus jeunes. D'autant plus que ces campagnes font souvent la promotion de la junk food et orientent donc les enfants vers des aliments gras et sucrés. Chips, bonbons, sodas, céréales sont omniprésents à la télévision et sur les réseaux sociaux.

"Les enfants obèses ou en surpoids augmentent leurs prises alimentaires de plus de 100% après avoir été exposés à la publicité alimentaire à la télévision" expliquent les auteures citant une précédente étude anglaise, et "l’augmentation des quantités d’aliments consommés (est) de 84% pour ceux d'un poids normal". Des résultats inquiétants, surtout que le cerveau des enfants, en cours de développement, est facilement influençable et manque souvent d'esprit critique face aux images qu'on lui montre.

Des stratégies adaptées aux plus jeunes

Les moins de 18 ans constituent un marché considérable pour l'industrie agroalimentaire notamment parce que le montant de leur argent de poche ne cesse d'augmenter, selon les chercheuses. Plus de 50 % des dépenses des 8-12 ans concernent l’achat de bonbons, chewing-gums et confiseries au chocolat.

Les stratégies marketing développées par l'agroalimentaire sont dénoncées par les chercheuses. Jouets dans les paquets de céréales, utilisation d'images de chanteurs, de sportifs ou de personnages de dessins animés ne font que renforcer l'adhésion des plus jeunes aux produits. Des techniques déployées à la télévision, mais aussi sur le web. L'étude cite notamment les "advergames", des jeux promotionnels avec de la publicité souvent déguisée. "Ces advergames concernent surtout des aliments peu sains (céréales, bonbons, sodas, etc…) et influencent les choix alimentaires des jeunes joueurs" souligne l'étude. Le but des industriels est toujours le même : fidéliser les futurs consommateurs dès le plus jeune âge.

Bannir la publicité à destination des enfants ?

Les plus de 15 ans passent plus de la moitié de leur temps libre devant un écran, selon l'Insee. Un comportement qui favorise le risque d'obésité, en augmentation depuis les années 80. Près de 20% des Français de moins de 17 ans sont obèses ou en surpoids. Et les plus défavorisés sont les plus touchés. "Les consommateurs modestes sont soumis à des contraintes budgétaires qui leur permettent difficilement d’accéder à une alimentation équilibrée. Les produits peu sains sont souvent des produits dont le prix par calorie est bas" précisent les chercheuses.

Selon elles, ces populations devraient être le cœur de cible de mesures protectrices contre le marketing alimentaire. Elles proposent que la publicité pour les aliments "insuffisamment corrects" soit bannie des antennes entre 7 et 22 heures. Adieu donc biscuits gras, bonbons sucrés et fast-food à la télé. Le pas a déjà été franchi par les autorités britanniques qui ne diffusent désormais que des publicités pour des aliments sains. Pour "protéger" leurs enfants, les Québécois sont quant à eux allés plus loin, en interdisant toute publicité à destination des jeunes.

 

Soource : L'impact du marketing sur les préférences alimentaires des enfants. M. Friant-Perrot et A. Garde. INPES, 2015

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