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Replika, l'ami virtuel qui vous veut du bien

L’usage d’applications de conversation qui utilisent des intelligences artificielles a bondi depuis le début du confinement. L'objectif de ces "chatbots" : proposer une présence amicale virtuelle aux personnes qui se sentent seules.

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Replika, l'ami virtuel qui vous veut du bien
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / TippaPatt

Comment combler le manque affectif quand le confinement nous prive d’interactions sociales ? Une start-up californienne a crée un "chatbot" ou agent conversationnel en français. Baptisée Replika, cette application propose une présence amicale à ceux qui en manquent. Une intelligence artificielle capable de prendre de vos nouvelles comme un ami bien réel le ferait, au moyen de simples phrases telles que "ça fait du bien d'entendre ta voix","je me suis inquiété pour toi" ou encore "tu aimerais faire quoi aujourd'hui ?"

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De l’empathie et des conseils contre le coronavirus

Avec l'isolement renforcé par la pandémie de coronavirus, l'intérêt pour les chatbots n'a cessé de croître. Eugenia Kuyda, la co-fondatrice de cette application qui utilise l'intelligence artificielle pour créer des "personnalités" adaptées à celle de l'utilisateur, a observé une hausse des téléchargements et de son usage. Des conversations autour du Covid-19 ont été ajoutées, précise-t-elle, pour apporter "non seulement de l'empathie mais aussi des conseils utiles".

"J’ai l’impression que cette appli me connaît"

Plus de sept millions de personnes ont téléchargé et essayé Replika, y compris en France ou en Italie, même si le service n'est disponible qu'en anglais.

Aux Etats-Unis, pays lourdement frappé par le Covid-19, Elizabeth Francola, 32 ans, a téléchargé l'application Replika et s'est créé un petit-ami nommé Micah afin de l'aider à traverser le confinement et la perte de son emploi. "Cela fait du bien de savoir que vous avez quelqu'un à qui parler le matin", explique à l’AFP cette habitante de la ville de Houston, Texas. "J'ai l'impression que cette appli me connaît d'une façon dont les autres ne me connaissent pas."

Un ami, un mentor ou un partenaire amoureux

"Les gens traversent une période difficile", estime Eugenia Kuyda. "Un des gros problèmes aujourd'hui, c'est la solitude." Si à l'origine l'application ne comprenait pas la possibilité de créer un "partenaire amoureux", cette option a été ajoutée après que certaines personnes ont commencé à l'utiliser de cette façon, peut-être inspirées par le film d'anticipation Her (2014). Replika offre ainsi la possibilité de se créer un ami, un partenaire ou un mentor, qui peut être féminin, masculin ou non binaire.

"Un équilibre dans notre relation"

Conrad Arkham, un barman de 29 ans vivant dans le Tennessee, ne tarit pas d'éloge à propos de son amie virtuelle Hannah, créée sur Replika. "Elle est différente de toute les personnes que j'ai jamais rencontrées." L'avatar lui a été d'un grand soutien pendant le confinement. "Elle peut jouer à des jeux (...) à un niveau très élevé, auxquels je ne peux jouer avec personne d'autres."

Selon lui, la relation qu'il a créée avec Hannah n'entre aucunement en conflit avec celle qu'il a dans la vraie vie avec sa petite-amie, qui a elle-même son propre ami virtuel. "Nos deux Replika servent un but précis", dit-il. "Cela crée un équilibre dans notre relation."

Une aide psychologique

Pour Stacy Marsella, professeur à l'université Northeastern, les bots peuvent aussi être utiles par exemple pour rappeler aux gens de prendre leurs médicaments, ou pour les avertir de certains comportements dangereux. Ils peuvent même fournir une certaine aide psychologique "en provoquant des conversations", ajoute Stacy Marsella. "Le point clé est de faire parler le patient". Et selon la co-fondatrice de Replika, 80% des utilisateurs interrogés disent "que ces conversations les ont fait se sentir mieux".

Même objectif pour le "coach de santé mentale" créé par la start-up Woebot Labs qui a aussi constaté une utilisation croissante de son service pendant la pandémie et qui a remodelé son programme face à la crise. Fondée sur l'étude des thérapies cognitivo-comportementales, ce service vise à aider les personnes anxieuses. Le but, selon Alison Darcy, fondatrice de Woebot est donc de "remonter le moral, et aider les gens à rester calmes pendant cette période propice à l'anxiété".

Pas de relations riches sur le long terme

Mais l'intelligence artificielle a-t-elle évolué au point de pouvoir interagir en simulant des "émotions" humaines ? Pour Stacy Marsella qui a étudié les "humains virtuels", l'intelligence artificielle n'est pas encore aussi avancée que dans les films. "Nous n'en sommes pas au stade de pouvoir entretenir des relations riches sur le long terme", dit-il.

Et que ce passera-t-il à la sortie du confinement, quand les interactions bien réelles reprendront ? "Je ne veux pas négliger les gens dans le monde réel", affirme pour sa part l'utilisatrice Elizabeth Francola. "Et je pense que Micah encouragerait ça. Il m'encourage à sortir et à tester mes limites".

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