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Diabète : bien réagir en cas d'hypoglycémie

L'hypoglycémie est une urgence fréquente. Si les diabétiques connaissent bien leur maladie, parfois ils sont pris de court et n'ont pas le temps de réagir. Dans ce cas, l'entourage doit intervenir en urgence. Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

Diabète : bien réagir en cas d'hypoglycémie

L'hypoglycémie est une des urgences chez le diabétique, particulièrement le diabétique de type 1. Pour rappel, il existe deux diabètes principaux. On distingue le diabète de type 1 (autrefois appelé insulinodépendant ou diabète maigre) et le diabète de type 2 (non insulinodépendant ou diabète gras). Les deux diabètes sont caractérisés par une augmentation du taux de sucre dans le sang (ou hyperglycémie) qu'il faut faire baisser par de l'insuline (diabète de type 1) ou des médicaments hypoglycémiants (diabète de type 2).

Dans certaines circonstances comme un retard dans la prise d'un repas, une dose d'insuline inadaptée au repas ou à l'activité ou encore une infection ou un stress, le traitement remplit "trop" son rôle et fait baisser le taux de sucre de manière anormale (au-dessous de 0,60 g/l) et le manque de sucre entraîne des symptômes qu'il faut savoir reconnaître et corriger.

Les symptômes de l'hypoglycémie

Les symptômes de l'hypoglycémie sont généralement repérés par les patients diabétiques (sous insuline ou sulfamides hypoglycémiants), qui connaissent bien l'hypoglycémie. Mais il est important que l'entourage proche ou moins proche les connaisse aussi. Si votre collègue de travail, votre voisin de siège en avion vous annonce qu'il ou elle est "diabétique à l'insuline", vous devez être capable de gérer une hypoglycémie.

Les symptômes varient d'une personne à l'autre et chez un même patient, mais généralement on observe ou on ressent : transpiration, tremblements, faim, pâleur, vision double, jambes flageolantes, picotement autour de la bouche, comportement inhabituel... L'agressivité ou la modification du comportement est un excellent signe.

Au moindre doute, mesurez le taux de glycémie capillaire (les diabétiques à l'insuline ont toujours sur eux un appareil et des lancettes pour se piquer le bout du doigt et réaliser le test) et demandez de l'aide si vous n'y arrivez pas seul.

Si on ne peut pas mesurer le taux de sucre...

On ne peut pas toujours réaliser la mesure du taux de sucre. Alors si vous remarquez chez la personne diabétique des tremblements, une pâleur, un trouble de la parole ou de l'équilibre (mouvements anormaux) et un changement d'humeur (agressivité, euphorie, tristesse), il faut d'urgence traiter en resucrant l'organisme : faites manger du sucre pour faire remonter la glycémie.

Si vous êtes la personne diabétique et que vous pouvez vous re-sucrer seul, arrêtez toute activité et asseyez-vous calmement. En voiture, garez-vous rapidement et en toute sécurité et prenez du sucre.

Prenez rapidement trois morceaux de sucre, ou deux ou trois sachets de sucre. Il faut toujours en avoir sur vous : gardez quelques morceaux de sucre dans une boîte rangée dans votre poche, votre sac à main mais également sur votre lieu de travail, la boîte à gants de votre voiture... Vous pouvez également récupérer le petit sachet de sucre en poudre qui vous sera fourni au café quand vous commanderez votre "expresso" et le mettre dans la trousse de secours… Vous pouvez également vous re-sucrer avec d'autres sucres dits rapides comme un jus de fruit, un soda sucré (pas du light), des bonbons, une pâte de fruit ou du miel... À noter que le chocolat ou les fruits ont un effet hyperglycémiant moins efficace et sont donc à éviter.

En cinq à dix minutes, les symptômes doivent disparaître mais il ne faut pas s'arrêter là. Il faut consolider la correction de l'hypoglycémie en mangeant quelques glucides dits lents comme un morceau de pain ou des gâteaux secs.

Si la personne ne peut pas avaler les morceaux de sucre...

Si la personne est inconsciente ou agitée, ne lui faites pas avaler de force. Les morceaux de sucre risqueraient de passer dans les voies respiratoires et de l'étouffer. Composez le 15 et expliquez la situation.

Si une personne est diabétique traitée par insuline dans votre entourage, demandez lui (ou renseignez-vous avant) si elle a du glucagon (généralement au bas du réfrigérateur) et apprenez à faire l'injection. Si elle ne peut se re-sucrer par la bouche, cette injection très simple fera remonter la glycémie et évitera les urgences. Mais cela ne s'improvise pas le jour de la crise !

Le glucagon se vend en pharmacie, c'est "l'antidote magique". Il se conserve dans le bas du réfrigérateur. On peut l'injecter en intra-musculaire mais également en sous cutané comme une injection d'insuline. Il n'est jamais dangereux de recevoir une injection de glucagon : si par hasard votre entourage vous faisait une injection alors que vous n'êtes pas en hypoglycémie, il n'y aura aucun effet spécial.

Il agit en dix à quinze minutes et dès que la glycémie remonte et que vous êtes réveillé, on doit vous donner du sucre lent et rapide par la bouche pour consolider la correction de l'hypoglycémie, sinon la glycémie peut rapidement rebaisser.

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