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Lubrizol : les incertitudes persistent sur l’impact sanitaire de l’incendie

Les résultats des premières analyses d’air, d’eau de pluie et de lait sont plutôt rassurants mais tous les arrêtés préfectoraux ne sont encore pas levés. Trois semaines après l’incident, les Rouennais sont toujours inquiets.

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Lubrizol : les incertitudes persistent sur l’impact sanitaire de l’incendie

Le jour de l’incendie, Laëticia et son mari sont se calfeutrés chez eux avec leurs enfants. Ils ne se sont pas inquiétés tout de suite. Aujourd’hui, elle voudrait connaître les risques représentés par l'incendie. « Le plus important ça serait d’avoir une notion des risques qui peuvent être encourus à 3 mois, 3 ans et à 10 ans » explique cette maman de trois enfants. Parmi les substances toxiques libérées lors de l’incendie, deux types de molécules inquiètent les spécialistes : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, que l’on retrouve par exemple sur les filtres à cigarettes et les dioxines. Elles se créent lors d’une combustion.

Effets cancérogènes

Mais si les produits brûlés contiennent du chlore, comme c’était le cas à Lubrizol, les dioxines deviennent alors particulièrement dangereuses. « Evidemment ce qu’on craint sur ce type de produits se sont des effets cancérogènes. On sait que les dioxines entraînent un excès de cancers du poumons, du rectum… Et puis ça c’est du long terme, 10 ans, 15 ans, 20 ans » détaille Pr Jean-François Gehanno, médecin du travail – CHU Rouen (76). Mais les premières mesures de la qualité de l’air ont montré des résultats plutôt rassurants.

Aujourd’hui pour les spécialistes, le principal risque n’est donc pas l’inhalation mais la possible ingestion de produits toxiques. « Ce qui a été émis s’est déposé sur les sols, les végétaux, ça va contaminer la chaîne alimentaire, en fonction des quantités bien sûr, et ça va se retrouver derrière dans l’alimentation. Soit par les végétaux soit par les animaux » ajoute le Pr Jean-François Gehanno, médecin du travail – CHU Rouen (76). Et il faudra attendre quelques temps pour connaître l’évolution de l’analyse des sols, car les dioxines notamment, restent dans les sols pendant 8 à 15 ans.

 

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