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Face à certains cancers résistants à la chimiothérapie, l’espoir des cellules CAR-T

L’immunothérapie à base de cellules CAR-T (ou CAR-T cells) offre un nouvel espoir dans la lutte contre les leucémies et les lymphomes résistants aux chimiothérapies classiques. Il s’agit de transformer génétiquement les propres cellules immunitaires des patients pour les rendre capables de lutter contre le cancer. 

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Face à certains cancers résistants à la chimiothérapie, l’espoir des cellules CAR-T

Ce matin, le sang de Pilar, une patiente de 64 ans atteinte d’un lymphome résistant, va être filtré pendant 4 heures pour en extraire des globules blancs. C’est la première étape d’une immunothérapie par CAR-T cells, du nom des cellules utilisées.

Son médecin, le Pr Gilles Salles, onco-hématologue aux Hospices Civils de Lyon (69), explique le fonctionnement de ce traitement innovant : il s’agit de prendre “les propres cellules du patient, ses lymphocytes, qui sont les cellules du système immunitaire qui nous défendent contre les infections, les maladies et éventuellement les cancers, puis de les modifier génétiquement pour qu’ils reconnaissent mieux la tumeur. Ils vont ainsi se multiplier et devenir des lymphocytes tueurs qui vont attaquer la tumeur”.  

Les tumeurs ont en effet des systèmes de défense qui empêchent leur identification par les lymphocytes. Un détecteur spécifique va donc être ajouté à ces lymphocytes. Il les rendra capables de voir les cellules cancéreuses et de se multiplier pour toutes les détruire.  

Un tournant dans le traitement de certains cancers  

Cette stratégie est une véritable révolution thérapeutique. Là où la chimiothérapie échoue, les défenses immunitaires artificiellement renforcées réussissent souvent à supprimer la maladie. Pilar espère que cela fonctionnera aussi pour elle.

"J’attends ce moment, à la fin des 3 semaines où on va me réinjecter ces cellules. On saura les résultats.  Et là, ça va être j’espère la joie !” Mais avant, il faut attendre un mois. Les cellules sont en effet envoyées et transformées dans le laboratoire américain qui maîtrise cette technologie.  

Leur injection peut aussi provoquer de lourds effets secondaires. Edouardo a reçu ce traitement il y a un an. Il est alors placé sous étroite surveillance médicale. “Toutes les heures, ils sont venus me voir, prendre la température, si j’avais des symptômes… Pendant environ une semaine, le personnel me demandait d’écrire une phrase tous les matins pour vérifier si j’avais tous mes neurones.” 

Des effets secondaires de moins en moins graves  

Eduardo a seulement eu 3 jours de fièvre modérée. Comme lui, de plus en plus de patients échappent à l’atteinte neurologique et aux soins intensifs. “On savait qu’il y avait des effets secondaires qui pouvaient être difficiles, compliqués et mettre en péril la vie du patient, ajoute le Pr Gilles Salles. Mais, on s’aperçoit avec la pratique qu’il n’y en a pas tant que ça. On sait mieux les prévenir, mieux les reconnaître et mieux les gérer. On fait des progrès”. 

Grâce au traitement par CAR-T cells, Eduardo a pu vaincre son lymphome. Après des mois d’angoisse, il savoure chaque jour avec sa femme Nicole cette vie loin de l’hôpital.