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Deux cancers sur cinq pourraient être évités

Le tabac d'abord, puis l'alcool, une mauvaise alimentation, et enfin l'obésité sont les quatre facteurs principaux des cancers qui seraient "évitables", selon des travaux du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

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Deux cancers sur cinq pourraient être évités
Deux cancers sur cinq pourraient être évités

Sur les 346.000 cas de cancer diagnostiqués en 2015 chez les 30 ans et plus, "près de 142.000 – soit un ordre de grandeur de 40% – auraient pu être évités si l'ensemble de la population n'avait pas été exposée aux facteurs de risque étudiés, ou si son exposition avait été limitée", expliquent les auteurs de ces travaux.

Le cancer est la première cause de mortalité en France, devant les maladies cardiovasculaires. Les tumeurs ont tué 164.000 personnes en 2013, d'après le ministère de la Santé.

L’estimation a été réalisée en prenant en compte "les niveaux d’exposition de la population française à treize facteurs de risque classés cancérogènes certains ou probables par le CIRC" [1].

Le tabac, première cause de cancer

Un cinquième des cancers évitables (68.000 diagnostics) sont la conséquence du tabagisme. Ces cancers touchent surtout les classes populaires, avec un risque "de 1,5 à 2 fois plus élevé chez les 20% les plus défavorisés, par rapport aux 20% les plus favorisés", observent les chercheurs de Santé publique France, qui ont réalisé l’analyse.

Si les hommes fument de moins en moins depuis les années 1950, Santé publique France rappelle "l'entrée en masse des femmes dans le tabagisme" dans la génération "baby-boom" (née entre 1945 et 1965). En nombre de cancers, cet attrait de la cigarette chez les femmes "aura des conséquences néfastes qui vont augmenter" jusqu'aux alentours de 2045.

Deuxième cause de cancer : l'alcool

L'alcool provoque 8% des nouveaux cas de cancers évitables (soit 28.000), des cancers de différentes parties de l'appareil digestif, mais aussi du sein. Les auteurs ont estimé que la France pouvait beaucoup mieux faire dans la prévention de l'alcoolisme. Ils plaident pour une action sur les coûts telle que "l'augmentation des prix et des niveaux de taxation".

Santé publique France juge que "les actions de prévention ne sont à ce jour pas aussi développées que celles qui visent la réduction du tabagisme". Elle souligne la prépondérance du vin dans la consommation d'alcool du pays (59% du volume), loin devant les alcools forts (21%) et la bière (19%).

Voir également : Le vin, un alcool comme les autres ?

Obésité et malbouffe

L'alimentation déséquilibrée et l'obésité sont chacune responsables de 5,4% des nouveaux cas de cancer (18.800 et 18.600 respectivement).

Côté "malbouffe", le CIRC pointe le risque d'une "faible consommation de fruits, de légumes, de fibres alimentaires et de produits laitiers, ainsi qu'une consommation élevée de viandes rouges et de viandes transformées". Ce phénomène touche davantage les hommes.

Voir également : Cancer colorectal : pas tous égaux devant la viande transformée

Côté surpoids et obésité, c'est l'inverse : les femmes sont plus concernées, ce facteur de risque étant important dans les cancer du sein et du corps utérin (endomètre).

Les autres facteurs de risque "évitables" sont moins fréquents. On y trouve les agents infectieux (4% des nouveaux cas) tels que le papillomavirus humain ou la bactérie Helicobacter pylori, et les "expositions professionnelles" (3,6%), à l'amiante ou aux pesticides par exemple. Puis d'autres facteurs : radon dans l'air intérieur, pollution atmosphérique, substances chimiques dans l'environnement, etc.

Santé publique France s'est aussi alarmée d'une certaine méconnaissance des risques. "Trop de personnes enquêtées se représentent que boire des sodas ou consommer des hamburgers serait aussi mauvais pour la santé que boire de l'alcool", a déploré l'agence sanitaire.

la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP


[1] Les auteurs insistent sur le fait que les résultats présentés "reposent sur plusieurs hypothèses […] qui apportent aussi de l’incertitude aux estimations. [Celles-ci doivent donc être considérées comme des ordres de grandeur, permettant de comparer la contribution des différents facteurs considérés au risque de cancer, et non comme des chiffres absolus de cas évitables". 


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