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Hyperactivité, perte de mobilité : le Tai-chi peut vous aider

Aux Etats-Unis, le Tai-chi (ou Tai-chi-chuan), un art martial du XIIIe siècle, pourrait aider les millions d'enfants américains hyperactifs. Un essai clinique est actuellement en cours pour montrer son efficacité. Les explications avec Géraldine Zamansky, journaliste du Magazine de la santé.

Rédigé le , mis à jour le

Hyperactivité, perte de mobilité : le Tai-chi peut vous aider

Un maître de Tai-chi, scientifique également au Centre national sur les médecines alternatives du ministère de la Santé américain, a mis en ligne un cours. Car cet art martial chinois ancestral est au coeur d'un très grand nombre de recherches, aux Etats-Unis en particulier. Les plus étonnantes concernent un problème qui touche désormais plus d'un enfant sur dix : les troubles de l'attention et l'hyperactivité.

Ils sont plus de six millions à avoir reçu ce diagnostic et plus de la moitié prennent un traitement pour les aider à se concentrer. Et le nombre d'enfants prenant des années ces traitements qui agissent sur leur cerveau commence à inquiéter outre-Atlantique. L'heure est donc à la recherche d'alternatives et le tai-chi en fait partie.

Une pratique contradictoire avec le profil des hyperactifs ?

Le Tai-chi est une pratique basée sur des mouvements très lents et très maîtrisés. Elle peut donc paraître contradictoire avec le profil des enfants hyperactifs. Étonnamment, il en est tout autrement... Dès 2001, une équipe de l'université de Miami a montré l'intérêt du Tai-chi pour des adolescents diagnostiqués hyperactifs. En seulement dix sessions, l'ensemble de leurs symptômes était amélioré.

Depuis 1991, Cary Shurman fait du Tai-chi avec des enfants. Cary a choisi un des tai-chi qui fait fortement référence aux animaux. C'est un des secrets du succès auprès des enfants dits "hyperactifs" qui ont du mal à se concentrer. On ne leur demande pas de s'entraîner à faire des mathématiques une demi-heure sans bouger pour discipliner leurs pensées. Mais on leur demande de se mettre dans la peau d'un oiseau qui picore quelques graines. Et ça fonctionne. Même les plus petits se concentrent pour faire le bec de l'oiseau avec leur main et imiter ses mouvements.

Les bienfaits du Tai-chi sur les hyperactifs

Ces mouvements sont conçus pour faciliter une prise de conscience de son corps et de l'énergie qui l'anime en travaillant avec la respiration. L'énergie en chinois, c'est le "chi" de Tai-chi. Donc cette pratique est indiquée pour les enfants dits hyperactifs mais pour tous les enfants également. Le Tai-chi les aide à "calmer un peu le jeu", à canaliser leur trop plein d'énergie.

Cary Shurman observe des résultats très rapidement. Surtout si les parents s'impliquent et font tous les jours au moins dix minutes du Tai-chi avec leur enfant. Par exemple, "le réveil de l'énergie" consiste à tapoter tout le corps avec ses mains pour un début de journée parfait apparemment. Les instituteurs formés par Cary ont vu les résultats de leurs élèves s'améliorer depuis qu'ils font du Tai-chi avant la classe.

Un essai clinique pour prouver l'efficacité du Tai-chi

Un essai clinique est actuellement en cours pour prouver l'efficacité du Tai-chi sur l'hyperactivité. Il est répertorié par le site gouvernemental américain et est mené par l'Institut de recherche spécialisé à Baltimore. Les enfants de 8 à 12 ans feront huit semaines de Tai-chi à raison de deux séances par semaine et d'au moins trois sessions chez eux de 15 à 30 minutes.

Outre cet essai, il existe déjà plusieurs essais autour de cet art martial pour des problèmes très différents. Du côté psychologique aussi, un essai va évaluer son intérêt dans la stabilisation d'une perte de poids. D'autres veulent préciser les premiers bénéfices déjà connus pour des patients cardiaques, souffrant de troubles respiratoires ou de problèmes articulaires. Et dans certaines études, le tai-chi n'est pas le seul art du mouvement à être évalué. On trouve souvent le yoga à ses côtés.

Ces "gymnastiques douces" sont aussi passées au crible des nouvelles technologies pour optimiser leurs bienfaits. À l'université de Californie du Sud, des chercheurs ont mis des capteurs sur tout le corps d'une personne pour suivre précisément ses mouvements et surtout ses muscles pendant un cours de yoga. Cela leur a permis d'identifier quelles étaient les postures qui stimulaient le plus l'équilibre. L'enjeu est considérable pour prévenir les risques de chute des personnes âgées. Mais aussi pour les plus jeunes qui ont des problèmes de vertiges.

D'autres équipes continuent à objectiver les bénéfices du yoga et du tai-chi pour améliorer la mobilité d'articulations touchées par l'arthrose ou même l'arthrite. Ces formes de gymnastiques très douces ont l'avantage de pouvoir être pratiquées à n'importe quel âge, parfois même en position assise. Elles aident ainsi des patients atteints par la maladie de Parkinson ou victimes d'accident vasculaire cérébral. Une sorte de thérapie pour les troubles du mouvement en général.

En France, le Tai-chi séduit de plus en plus

En France, certains hôpitaux gériatriques ont déjà adopté ces disciplines pour leurs bienfaits musculaires et articulaires identifiés depuis longtemps. Mais il s'agit du seul tai chi "sur ordonnance".

Toutefois ces activités ne sont pas très coûteuses. Petit conseil tout de même, passé 30-40 ans, parlez-en à votre médecin. Il existe quelques cours de tai-chi pour enfants mais pas forcément conçus pour les 5% qui souffrent d'hyperactivité en France. Quel que soit l'âge, essayez de vous renseigner avant. Il faut aussi être vigilant car le tai-chi fait partie des activités où se glissent encore trop souvent les dérives sectaires.

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