Covid : le difficile diagnostic du PIMS chez les enfants

En deux ans de Covid, 938 cas de PIMS ont été enregistrés en France. Mais reconnaître ce symptôme infectieux qui touche surtout les enfants de moins de 12 ans est souvent difficile. Reportage.

Adélie Floch
Rédigé le
Covid : la difficile prise en charge du PIMS chez les enfants
La difficile prise en charge du PIMS chez les enfants  —  Le Magazine de la Santé - France 5

La principale problématique du syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS), c’est son diagnostic. Très rare, encore très méconnue des médecins, cette maladie présente en effet des symptômes proches d’une autre maladie inflammatoire : la maladie de Kawazaki. Résultat, beaucoup d’enfants atteints de PIMS ont été et sont encore mal diagnostiqués. 

C'est le cas de Timéo, trois ans et demi. En novembre dernier, cinq semaines après une infection au covid-19, Timéo développe des symptômes étranges : des atteintes cutanées, puis abdominales et neurologiques. Il est hospitalisé, mais les symptômes se multiplient. "C’est très dur, surtout quand on ne sait pas d’ou ça vient, quand on n'a pas de diagnostic" témoigne aujourd'hui Amandine Mas, la mère du garçon. 

Erreur de diagnostic

Les médecins pensent d’abord à la maladie de Kawazaki. Mais les traitements n’arrangent pas l’état de Timéo. "On voyait notre petit garçon qui continuait à se dégrader et qui ne récupérait pas. On sentait aussi que le corps médical n’avaient pas de réponse à nous apporter et cumulaient les investigations" confie Amandine.

Après deux mois d’examens médicaux, le diagnostic est finalement posé : Timéo est atteint d’un PIMS. Un syndrome inflammatoire post covid, dû à un dysfonctionnement de sa réponse immunitaire et qui atteint tous ses organes, notamment son cœur.

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Une maladie inconnue avant le covid

Les examens sont rassurants, Timéo se remet bien, malgré une prise en charge tardive de sa maladie. Un scénario que connaissent beaucoup d’enfants atteints d’un PIMS. "C’est compliqué à diagnostiquer car les symptômes cutanées ou digestifs peuvent ressembler à beaucoup d’autres symptômes de virus" commente la docteure Zahra Belhadjer, cardiologue à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. "C’est une vraie nouvelle maladie avec une présentation clinique et une atteinte cardiaque qui n’étaient pas connu avant la pandémie du covid."

Vacciner pour prévenir le PIMS ?

Pour assurer un meilleur diagnostic du PIMS, la Haute Autorité de Santé (HAS) a récemment actualisé une série de recommandations à destination des médecins détaillant les nombreux symptômes qui doivent alerter.       
Mais certains mystères autour de ce nouveau syndrome persistent. "C'est très difficile de savoir très précisément pourquoi tel enfant plutôt que tel autre" développera un PIMS après un Covid, déplore le professeur François Angoulvant, pédiatre et membre du comité de pilotage PIMS à l'hôpital Robert Debré à Paris. 
En revanche, "les adolescents vaccinés (contre le Covid, ndlr) ne font pas de PIMS et le vaccin protégerait à plus de 90% contre les PIMS. On a toutes les raisons de penser que le meilleur moyen de prévenir le PIMS chez les enfants, c’est la vaccination", poursuit-il.

Autre interrogation : les variants. Omicron a donné moins de cas de PIMS que Delta. Si l’épidémie persiste sous d’autres formes, impossible donc de prédire une autre vague de PIMS en pédiatrie.

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