Vivre après un cancer

Ch@t du 30 janvier 2013 : le Dr Laurent Zelek, oncologue et le Dr Sarah Dauchy, chef de l'unité de psycho-oncologie à l'Institut Gustave-Roussy, ont répondu à vos questions.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le

En savoir plus

Sur Allodocteurs.fr :

Ailleurs sur le web :

  • Institut Gustave-Roussy
    Premier centre européen de lutte contre le cancer. Il a une triple vocation : hôpital, centre de recherche et école de cancérologie.
  • Juris Santé
    Des juristes spécialisés en droit de la santé vous proposent des entretiens confidentiels et gratuits pour répondre à vos questions administratives, sociales, financières et juridiques

Les réponses aux questions d'ordre juridique et d'assurabilité des membres de la Ligue contre le cancer, ch@t du 22 mars 2011

  • J'ai un cancer du sein grade 1. Je suis actuellement en chimiothérapie jusqu'au 30 mai, puis radiothérapie et traitement hormonal. Nous sommes sur un projet d'achat de maison mais je n'arrive pas à trouver d'assurance. Que me conseillez-vous ?

Votre dossier nécessite une étude plus approfondie. Vous pouvez joindre le dispositif d'écoute au 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.

  •  Avoir un cancer à 20 ans, doit-il être précisé à vie lors d'une demande de prêt ?  

Les questions posées lors d'une demande de prêt, varient d'une assurance à une autre. Le banquier ne doit pas connaitre vos antécédents médicaux. C'est uniquement sur les questionnaires des assurances qu'il faudra préciser votre pathologie, si la question vous est posée. Votre dossier nécessite une étude plus approfondie. Vous pouvez joindre le dispositif d'écoute au 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.

  • Quel est le risque si l'assurance découvre qu'on a caché un cancer, pour obtenir un crédit ?

Le risque est la fausse déclaration article L.313-8 du code des assurances.

  • Dans le cadre d'un prêt pendant un cancer ou après, je ne comprends pas pourquoi le questionnaire médical doit être rempli par un particulier honnêtement. En effet, le questionnaire médical est confidentiel. Et il est même appelé secret médical. Alors quelle est l'obligation pour un particulier d'avouer un cancer à son assurance ou sa banque ? Le questionnement sur le point santé, n'est-il pas de ce fait illégal et discriminatoire ?

Le questionnaire médical est nécessaire pour souscrire une assurance liée à un crédit. Le questionnaire doit être exploité directement par le médecin conseil de l'assurance, dans le but de préserver le secret médical.

  • Après un cancer colorectal et une maladie de Crohn, je suis en mi-temps thérapeutique. Je n'arrive pas à le tenir (diarrhées chronique, amaigrissement et fatigue) et je suis souvent en arrêt maladie. Que dois-je faire ? Reprendre un congé longue maladie (il me reste un an et demi) ou demander une invalidité ?

Votre question ne précise pas si vous êtes fonctionnaire ou salarié. Je vous propose de nous contacter pour une étude plus approfondie.

  • Après 6 mois de temps partiel thérapeutique, et une seconde intervention sur mon autre rein, je compte reprendre mon travail à mi-temps. Mon employeur doit-il me rendre mon poste aménagé ? J'ai moi-même obtenu un crédit, mais sans assurance.

Vous pouvez demander une visite de pré-reprise de travail pour savoir si un aménagement de poste est nécessaire. Merci pour votre témoignage d'obtention de prêt sans assurance.

  • Je suis à mi-temps thérapeutique, qui va bientôt prendre fin après un an. Je dois reprendre normalement à temps complet. Mais si la fatigue ne disparait pas, est-ce que je tiendrai le coup ? Mise à part un arrêt de travail, quelle autre possibilité me reste-t-il ? Sans perte de salaire évidemment.

Selon que votre état de fatigue est passager ou permanent, il peut éventuellement être envisagé une mise en invalidité, avec dans certains cas la possibilité d'un complément de revenu versé par l'organisme de prévoyance auquel vous cotisez. Cela dépend de votre convention collective ou accord de travail. Vous aurez des informations auprès de votre DRH ou éventuellement des délégués du personnel, s'il y en a dans votre entreprise. Certaines situations peuvent aussi nécessiter un reclassement professionnel. Vous pouvez vous rapprocher de l'assistantes sociale de votre CPAM pour avoir plus de précisions sur ces dispositifs et une aide dans vos démarches. Vous pouvez joindre le dispositif d'écoute au 0 810 111 101, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

  • Je vais signer un compromis de vente pour l'achat d'une maison. J'ai eu un   cancer du sein diagnostiqué en juillet 2009 et une fin de traitement en février 2010 (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie). Aujourd'hui je suis sous hormonothérapie. Peut-on refuser mon prêt ? Sinon si exclusion, peut-il y avoir surprime ? Et de combien ?

Votre dossier nécessite une étude plus approfondie. Le service étant gratuit, confidentiel et anonyme, nous vous invitons à nous rappeler dès le lendemain au 0 810 111 101. Le dispositif téléphonique de la Ligue est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 19h.

  • Ma maman est arrêtée depuis 7 mois à la suite d'un cancer du sein. Son employeur ne lui verse plus de salaire, et il n'y a plus que la Sécurité sociale. Existe-t-il des organismes qui prennent le relais ?

Si votre maman n'a pas de convention collective ou de contrat de prévoyance dans le cadre de son travail, seules les indemnités journalières sont prévues. Elle peut éventuellement être aidée financièrement de manière ponctuelle par la Ligue. Il faudrait prendre contact avec une assistante sociale à l'hôpital ou dans son centre de sécurité sociale par exemple. Vous pouvez également appeler la Ligue sur votre département. Vous trouverez les coordonnées sur le site de la Ligue contre le cancer.

  • Je suis en invalidité catégorie 2, depuis 2009. J'aimerais retravailler et je ne sais pas qui pourrait me renseigner, afin que je ne fasse pas de bêtises parce que je ne veux pas perdre ma pension d'invalidité ?

Il y a effectivement des règles à respecter. Prenez contact avec l'assistante sociale de votre centre de sécurité sociale. Elle pourra vous conseiller dans vos droits et vos démarches. Vous pouvez également appeler le comité de la ligue sur votre département ou au 0 810 111 101.

  •  Je suis actuellement en arrêt longue durée. J'ai été suivie pour un cancer du sein (chirurgie, chimio, radiothérapie). J'aimerais reprendre mon travail à mi-temps thérapeutique. Dois-je d'abord voir mon médecin traitant ou le médecin du travail ? 

Il faut que médicalement, votre médecin traitant soit d'accord avec la reprise du travail à temps partiel. Il vous faudra ensuite avoir aussi bien l'accord du médecin du travail concernant l'aptitude au poste que vous occupez, l'accord du médecin conseil de la sécurité sociale pour continuer à vous verser vos indemnités journalières maladie, tout en retravaillant à temps partiel. Et il vous faudra aussi l'accord de votre employeur, qui est en droit de refuser. Vous pouvez traiter de cette question avec le médecin du travail dans le cadre d'une visite médicale de pré-reprise que vous pouvez demander, quand vous le souhaitez durant votre arrêt. Vous pouvez également vous faire aider par l'assistante sociale de votre centre de sécurité sociale pour toutes ces démarches.

  • J'ai eu un cancer du sein l'année dernière. J'ai fini les traitements fin décembre et je souhaite reprendre mon travail en septembre prochain, en accord avec mon généraliste. Est-ce que la sécurité sociale peut m'obliger à reprendre plus tôt ?

C'est le médecin conseil de la sécurité sociale qui décide de la fin de versement des indemnités journalières maladie, et donc de la date de reprise de votre travail. Il est important que votre médecin traitant se mette en relation avec lui pour que votre état soit bien pris en compte.

  • Comment s'organise une reprise en mi-temps thérapeutique ? Quelles sont les démarches ? Y a-t-il une perte de salaire ?

La reprise du travail à temps partiel thérapeutique permet de continuer à percevoir des indemnités journalières maladie en complément d'un salaire à temps partiel. Le cumul ne peut pas dépasser le montant de votre salaire de référence. Pour en faire la demande, passez par votre médecin traitant, sachant qu'il vous faudra également avoir l'accord du médecin du travail, de celui de l'assurance maladie et de votre employeur. N'hésitez pas à vous faire aider par une assistante sociale de votre centre de sécurité sociale par exemple, pour ces démarches. Vous pouvez également demander à passer une visite de pré-reprise en contactant directement votre médecin du travail.

  • Enseignante de l'Education nationale, et souffrant d'un cancer métastasé avec quatre récidives depuis sept ans (des chimiothérapies auxquelles s'ajoutent depuis deux ans, des dialyses suite à une CHIP), je travaille en CLD fractionné. Si je suis mise en invalidité avant mes 62 ans, aurais-je 50 % du salaire net ou brut ?

Une recherche dans les textes est nécessaire. Je vous invite à rappeler le 0 810 111 101 afin qu'une réponse précise vous soit apportée ultérieurement à cette question.

  • J'ai 58 ans et j'ai eu un lymphome pulmonaire il y a cinq ans. J'ai repris mon travail à mi-temps, quelque temps après mon traitement. Je bénéficie d'une pension d'invalidité première catégorie. Au chômage depuis un an, je vis très mal, le fait que le pôle emploi me presse au travail. Que puis-je faire ?

Pour une réponse plus personnalisée à votre cas particulier, je vous invite à prendre contact au 0 810 111 101.

  • Je travaille dans l'administration. Lors de la reprise en mi-temps thérapeutique, le chef de service refuse de me restituer mon poste de travail. Il m'a affecté dans un autre bureau, où le travail est inintéressant. J'ai l'impression d'être puni. Quel est mon recours ?

Pour une réponse adaptée à votre situation, une vérification des textes s'impose. Je vous invite à rappeler le 0 810 111 101.

  • Après son cancer, mon fils qui était en fin de contrat au moment de sa maladie, se retrouve dans une situation financière très difficile. Que faire ?

Il faut savoir si votre fils est en capacité de reprendre un travail. Les personnes qui conservent un handicap ou une incapacité, même temporaire, peuvent éventuellement accéder à certains dispositifs d'aide à l'emploi, ou à certaines allocations.

  • Je suis à mi-temps thérapeutique. Je suis fonctionnaire. Mon employeur m'a dit que je n'ai droit qu'à un an de mi-temps thérapeutique. Mon médecin m'a parlé d'invalidité. À quoi cela correspond ? Quelles sont les conséquences ?

Dans la fonction publique, le temps partiel thérapeutique est effectivement limité à un an. Le passage en invalidité est envisagé lorsque la personne n'est plus en capacité de retravailler. Dans ce cas, des dispositions spécifiques sur le plan financier s'appliquent aux fonctionnaires.

  • Je suis capable de retravailler, mais peut-être pas à temps complet à cause de la fatigue. J'ai peur de ne pas tenir le coup. Invalidité signifie ne plus travailler du tout, et ça, je ne le veux pas. Il n'est pas facile de se réinsérer dans la société !

Vous pouvez peut-être reprendre progressivement votre travail dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique. Parlez-en au médecin du travail en lui demandant une visite de pré-reprise avant la fin de votre arrêt.

  • Peut-on avoir une prise en charge totale par la sécurité sociale, pour une reprise de cicatrice chéloïde de 25 cm après un cancer de la thyroïde ? La cicatrice s'étend jusque derrière l'oreille. Et il est très difficile d'affronter le regard des autres, surtout pour une femme.

Cette question nécessite une recherche particulière. Rappelez au 0 810 111 101.

 

Les réponses sur le soutien psychologique et l'accompagnement thérapeutique des membres de la Ligue contre le cancer, ch@t du 22 mars 2011

  • Un cancer depuis vingt ans, rechutes depuis huit ans (chirurgie, reconstruction, métastases) désormais considérée comme cancer chronique sous chimiothérapie permanente ni malade ni guérie, comment faire comprendre à l'entourage (famille, enfants, amis) que ce cancer reste un combat permanent contre soi-même ?

Difficile d'être comprise dans sa souffrance, dans ses angoisses, son désir de poursuivre la vie, et de l'accepter telle qu'elle est. Chacun se protège de cette maladie comme il peut. Certaines personnes par le silence, pour peur d'être maladroites, de ne pas savoir ce qu'il faut dire. Parfois l'aide d'un psychologue peut vous permettre de mieux franchir ces difficultés et de mieux comprendre ce qu'il se passe en vous et autour de vous.

  • Après un cancer, est-il normal que tout soit chamboulé dans notre tête, à vouloir tout changer, même mettre sa vie de couple en l'air alors que le conjoint a été présent durant la maladie ? Suis-je la seule dans ce cas ?

C'est un véritable séisme. Qui ne l'a vécu. Quant à fuite de votre conjoint, difficile de connaitre ses motivations. Je pense qu'il reviendra d'ici quelque temps. Gardons espoir !

  • Non, non, ce n'est pas mon conjoint qui fuit, c'est moi qui après mon cancer fuit et veut tout chambouler. Suis-je normale ?

J'avais mal compris. La normalité, qui la définit ? Mais ce qui est normal, c'est que l'on soit tout à fait différente de ce que l'on était avant.

  • Après un cancer, on veut courir après la vie, rattraper le temps perdu et vouloir profiter à fond, de peur d'une rechute. On a une famille. On ne peut donc pas faire tout ce dont on a envie. Et si on reste ainsi, on a vraiment l'impression de ne pas vivre, de perdre son temps. Je suis perdue.

C'est vrai que le cancer modifie le sens du temps. Mais vous vivez, mais à un rythme différent, et avec une vue différente d'avant, souvent bien plus riche, je vous l'assure. Courage !

  • J'ai 22 ans et j'ai eu un lymphome il y a bientôt trois ans. Je vis très mal l'après cancer et ne suis pas du tout accompagnée, aucune aide psychologique ne m'a été proposée et quand j'aborde le sujet, il est soigneusement évité par mes médecins. Vers qui puis-je me tourner pour être aidée ?

La phase de l'après-cancer vient souvent à exacerber le sentiment d'impuissance et le sentiment d'échec. Le sentiment de solitude est souvent encore plus fort de par les difficultés qu'on accumule et qui sont vécues au quotidien dans cette reprise si peu accompagnée. Dans un grande partie de comités départementaux de la Ligue, vous pouvez trouver un psychologue qui peut vous recevoir et cela gratuitement. Par ailleurs des psychologues de la Ligue contre le cancer sont à votre écoute du lundi au vendredi de 9h à 19h, et pourront vous aider au 0 810 111 101, en vous écoutant ou en vous aidant à trouver une orientation près de chez vous.

  • Les visites chez un psy, après un cancer, sont-elles prises en charge par la Sécurité sociale ?

Ils existent plusieurs services auprès desquels vous pouvez demander une consultation avec un psychologue sur le territoire français. Pour bénéficier de consultations qui sont prises en charge par la sécurité sociale, vous pouvez vous adresser au Centre Médico-Psychologique de votre secteur. Pour cela, vous pouvez vous renseigner auprès de votre centre hospitalier ou trouver les coordonnées sur les pages jaunes. Certaines associations offrent aussi des consultations gratuites. Les comités la Ligue contre le cancer, selon le département, offrent souvent des consultations gratuites auprès de psychologues. Pour connaitre les services offerts par votre comité départemental, vous pouvez aller voir le site de la Ligue, qui vous indiquera son adresse.

  • Je récupère assez bien de mes séances de chimio. Cependant de par mon attitude, les personnes qui m'entourent, ont tendance à oublier mon mal-être. Comment faire pour leur faire comprendre ?

Pourquoi ne pas leur en parler, tout simplement, avec vos propres mots ? Parfois le fait de prendre la parole en leur laissant l'occasion et la possibilité de manifester leur mal-être, peut être un début, et une façon de changer cette dynamique difficile qui s'est installée. Parfois ce n'est pas facile d'entendre, et peut être qu'ils peuvent avoir peur d'en parler avec vous sans vous blesser. Essayez de trouver vos propres mots et parlez-en au mieux. Un psychologue pourrait aussi vous aider à trouver les bons mots.

  • Un cancer du sein en 1999, sans proposition d'aide psychologique, est-il éventuellement envisageable et profitable d'avoir une aide maintenant ?

Oui, bien sûr. Souvent le temps qui s'est écoulé depuis la maladie et ses manifestations, n'attenue pas du tout la souffrance psychologique qui en découle. Le bénéfice qu'on peut retrouver dans la rencontre avec un psychologue et dans une aide psychologique, est lié au souhait de la personne qui fait la démarche et de ce qu'elle cherche et non pas du temps qui s'est écoulé depuis l'annonce de la maladie. Une aide psychologique peut être bénéfique pour la personne, si elle le souhaite, à tout moment de la maladie, et même après.

  • Ayant toujours été quelqu'un de volontaire, les gens pensent que je ne risque rien, que tout va s'arranger, et que je vais guérir pour la deuxième fois. J'ai l'impression que personne ne comprend. Même en parlant, ils en sont persuadés. Comment perdre mon costume de wonder woman ?

Parfois ce n'est pas facile de se faire entendre. Parfois l'entourage a beaucoup de mal à accepter la maladie d'une personne proche. Pourquoi ne pas en parler à un psychologue ? Il pourrait vous aider à comprendre comment leur dire, ce qui vous fait souffrir. Il vous aiderait à trouver les mots qui pourraient vous aider à partager cela et vous permettre de sortir de cette posture, qui à juste titre vous épuise.

  • Ma famille ne veut pas entendre le mot rémission. Pour eux, les traitements sont finis donc je suis guérie. Ils ne comprennent pas mon mal-être. Comment leur faire comprendre alors qu'ils ne veulent pas l'entendre ? Ils ne veulent pas consulter un psy avec moi.

On ne peut pas toujours rencontrer les autres, là où on le souhaiterait. Le chemin est souvent très difficile et parfois les proches n'arrivent pas à trouver la manière de vous faire sentir qu'ils souhaiteraient mieux vous épauler. Au contraire, parfois vous pouvez vous sentir dans l'impossibilité de partager votre vécu. Malheureusement il n'est pas concevable d'obliger quelqu'un à venir consulter un psychologue ensemble avec vous. Par contre, si vous trouvez que cette situation vous fait souffrir, vous pouvez faire cette démarche de votre côté, et même si vous êtes seule à la faire cela pourrait vous aider à trouver un apaisement avec vos proches. Il sera une écoute importante à ce moment de grande souffrance et vous soutiendra afin de vous aider à trouver les ressources pour affronter, avec moins de difficulté, et moins de souffrance, ce que vous êtes en train de vivre. Il pourra peut-être vous aider aussi à trouver une solution ensemble avec votre famille.

  • Ma fille est totalement en situation de déni ! Elle a été prévenue d'un très haut risque de cancer du sein parce que mère, grand-mère et toute la

Il est très difficile de rester dans une position de passivité, sans pouvoir agir, et assister à une situation qui semble vous dépasser. Votre fille semble aussi en souffrir. Elle ne le manifeste peut être pas de la même façon que vous, mais le fait de "dénier" cela, comme vous dites, peut être aussi une façon d'exprimer la souffrance que cette situation lui donne à vivre. Peut être qu'elle a des difficultés, très importantes, à aborder la question, et peut être moins d'expérience que vous, pour comprendre ce qu'elle souhaite faire. Dans ce cas, il faut peut être lui exprimer que vous êtes préoccupée et inquiète, mais que vous comprenez aussi qu'elle peut ne pas savoir comment se comporter, et surtout comment réagir. Il faut lui faire sentir que vous lui faites confiance, malgré vos désaccords et la peine que vous pouvez en vivre, et que le fait de vous faire confiance pourrait l'aider.

  • Mon frère est hospitalisé en pleine chimio, mais il ne veut pas qu'on parle de sa maladie ? Est-ce normal ?

Ce qui est le plus important, réside peut être dans le fait de comprendre ce qui est humain. Le fait de ne pas vouloir parler de sa maladie est très humain. Dans une phase aussi épuisante comme celle de la chimiothérapie, la personne malade peut se sentir en besoin de ne pas "penser" à ce qu'il lui arrive. Elle peut sentir le souhait de centrer toutes ses ressources sur les traitements, sur le fait de "tenir", et d'investir les faits, et l'action auprès de ceux qui agissent avec elle au lieu de la parole. Il arrivera le moment où il aura envie d'en parler. Soyez-là à ce moment-là et essayez, si vous pouvez, de comprendre que, ce qui semble vous blesser aujourd'hui, peut simplement l'aider à tenir.

  • Je n'arrive pas à reprendre goût à la vie après ce fichu cancer, malgré des antidépresseurs et anxiolytiques. Que faire ?

Les antidépresseurs et les anxiolytiques n'ont pas le rôle, ni la fonction en soi, de redonner goût à la vie. Ils sont des supports chimiques qui peuvent être de grande aide s'ils sont associés à une prise en charge psychologique, effectuée par un psychologue ou un psychiatre psychothérapeute. Tous seuls, sans l'accompagnement thérapeutique et la mise en place d'un suivi, ils ne peuvent pas beaucoup. Ensemble avec un suivi psychologique, effectué par des professionnels, les antidépresseurs ou les anxiolytiques, si prescrits par un médecin, peuvent permettre à la personne de sortir de la phase la plus difficile de l'état dépressif. Ils peuvent permettre à une personne de mieux trouver les ressources pour poursuivre la recherche en elle-même de ce "goût" que la vie semble avoir définitivement perdu pour certains.

  • J'habite en Haute-Marne. Pour faire partie d'un groupe de parole, il me faut faire 130 kilomètres ! Aucune aide de ce côté-là, et une grande solitude ?

Vous avez raison, un groupe de parole peut apporter beaucoup. Avez-vous essayé de contacter le comité de la Ligue contre le cancer ? Il pourrait peut être vous aider directement en vous proposant leurs activités ou vous aider à trouver un lieu plus proche, pour trouver ce que vous souhaitez. Par ailleurs, vous pouvez aussi essayer de demander au Centre Médico-Psychologique de votre secteur.

Les réponses sur la prévention, le dépistage et la recherche des membres de la Ligue contre le cancer, ch@t du 22 mars 2011

  • Après un cancer colorectal à 44 ans, puis-je demander une étude génétique pour mes enfants ? Ma grand-tante est morte à 46 ans d'un cancer colorectal ?

Le risque héréditaire se mesure en considérant les antécédents familiaux du premier et deuxième degré en priorité, c'est-à-dire parents, frères et soeurs, et grands parents. La grand-tante étant un parent plus éloigné, le risque n'est donc pas forcément avéré. Parlez-en à votre médecin ou à votre oncologue pour plus d'informations à ce sujet.

  • Pour le polype de 0.7, c'est grave ? Car je suis malade depuis cinq mois et les médecins n'ont trouvé que ça ?

On vous a découvert ce polype après une endoscopie capsule. Un polype est le plus souvent bénin, mais certains peuvent évoluer en plusieurs années (environ 25 pour 1 000). C'est à votre gastro-entérologue qu'il faut poser toutes vos questions, et qui vous dira comment et quand réaliser des examens de surveillance.

  • Je suis en phase d'après cancer du sein, j'ai déménagé et n'ai plus les médecins qui m'ont suivie, j'ai des douleurs diverses qui m'angoissent, faut-il consulter son généraliste ou voir un oncologue ?

Depuis quand date votre cancer du sein ? Si vous n'êtes plus suivie, cela doit faire plusieurs années ? Parlez-en avec votre médecin traitant qui vous orientera si besoin vers un nouveau spécialiste puisque vous avez déménagé.

  • Une consultation d'oncogénétique doit-être demandée par qui ?

Vous devez expliquer votre histoire à votre médecin traitant, quels cancers, quels membres de la même famille... C'est lui qui vous orientera si besoin vers une consultation spécifique en oncogénétique.

  • J'ai 23 ans et j'ai de nouveau un cancer pour la troisième fois. Je pense avoir le gène cancer. Y a-t-il des avancés sur ce gène ? Et comment le dépister ?

Les connaissances sur les causes du cancer nous apprennent qu'il n'y a pas un gène qui prédispose à tous les types de cancer. La situation est bien plus compliquée. De nombreux gènes sont aujourd'hui connus pour augmenter le risque de certains cancers.

  • Un cancer développé jeune, est-il dû à un facteur génétique ?

Certains cancers développés jeunes, ont en effet été montrés comme étant liés à des prédispositions génétiques. Mais d'autres facteurs, notamment environnementaux sont aussi suspectés, ou en cause.

  • Le gène cancer vous fait-il peur ?

Les recherches sur le cancer au cours des dernières décennies, ont permis de progresser dans notre compréhension des risques et des causes, multiples, du cancer, ou plus exactement des cancers. La prédisposition génétique, ou héréditaire, est estimée, pour les cancers où elle a été prouvée, à 10 % des causes. De nombreux autres facteurs, notamment environnementaux sont également suspectés ou démontrés. Les cancers ne sont donc pas causés par un gène unique. Ils sont très diversifiés dans leur nature, et également dans leur réponse au traitement.

Les réponses aux questions du domaine social et sur la Ligue contre le cancer, ch@t du 22 mars 2011

  • La Ligue contre le cancer n'a pas de groupes de parole, faute de bénévoles. On se retrouve donc seule ?

En cas d'absence de groupes de parole, la Ligue met également à disposition un numéro de téléphone : le 0 810 111 101. Des psychologues cliniciens peuvent ainsi vous aider.

  • Pourquoi n'y a-t-il pas de groupes de paroles dans les petites villes ? Cela nous aiderait de rencontrer des personnes cancéreuses comme nous.

Savez-vous que la Ligue a mis en place environ soixante groupes de parole, animés par un psychologue expert en ce domaine et un soignant... Renseignez-vous auprès du comité de votre département. Si vous habitez Paris ou la région, appelez au 01 53 55 24 13.

  • Pourquoi n'y a-t-il pas en France, contrairement aux USA, au Canada ou à l'Allemagne... de groupes de discussion qui réunissent des témoins de l'après cancer ? Cela permettrait de traverser psychologiquement cette période, surtout quand l'entourage familial continue à voir le cancer comme un tabou ?

Certains comités départementaux de la Ligue organisent de tels groupes réunissant des personnes malades et en rémission.

Certains comités départementaux peuvent vous proposer un soutien. Vous pourrez trouver les coordonnées de votre Comité sur le site de la Ligue contre le cancer. Si vous avez besoin d'un soutien psychologique ou d'une réponse à une problématique sociale, vous pouvez également contacter les services de la Ligue au 0 810 11 11 01.

 

Les réponses aux questions médicales des membres de la Ligue contre le cancer, ch@t du 22 mars 2011

  • Une personne ayant déjà eu un cancer a-t-elle plus de risque de développer un autre cancer d'un autre organe ?

Ce n'est pas le fait d'avoir eu un cancer qui peut être un facteur de risque, mais certains traitements, notamment certaines chimiothérapies surtout si associées à une radiothérapie. Cependant ce risque est minime. Ce qu'il faut faire, c'est se faire surveiller régulièrement par son médecin.

  • Une grande fatigue débutant huit ans après un cancer du sein peut-elle être due à ce cancer et à ses traitements ?

En effet, la fatigue peut se prolonger durant assez longtemps toutefois si elle est trop importante, mieux vaut consulter votre médecin.

  • J'ai eu trois cancers du sein (toujours à gauche, malgré une ablation et une reconstruction lors du deuxième) en 1997 (à 36 ans), 2004 et 2010. Je ne crois plus à la guérison, mais me sens juste en rémission pour l'instant, en attendant le quatrième... Ai-je tort ? Je me sens très en dehors des statistiques.

Bien sûr, il y a de quoi être découragée après avoir subi toutes ces récidives... Mais il n'y a pas plus de raison que d'autres d'autant que vous avez eu une mastectomie. Cependant, restez vigilante...

  • En 2007, cancer du sein. Chimiothérapie (Docétaxel) et rayons. Depuis, énormément de douleurs, partout et de plus en plus souvent. Des symptômes neurologiques (fourmillements, décharges électriques, paresthésies) ne cessent d'augmenter. Est-ce fréquent après ces traitements ? Pas beaucoup d'écoute parmi les médecins.

Il arrive que de tels troubles soient secondaires au traitement par Docétaxel. Ils vont s'amender très progressivement. Mais on n'a guère de médicaments spécifiques.

  • C'est quoi une hyperplasie lymphoïde du grêle plus polype de 0,7, c'est un cancer ?

Une hyperplasie lymphoïde n'est pas cancéreuse, mais doit être étroitement surveillée.

  • En septembre 2010 après ma deuxième cure de Docétaxel, j'ai fait un rhabdomyolyse. Je viens de finir ma radiothérapie, j'ai beaucoup de mal à récupérer mes muscles des bras et des jambes et je souffre de problèmes articulaires. Comment faire pour retrouver mon énergie ? Je me sens un peu seule.

Un rhabdomyolyse est la nécrose d'un muscle. On l'observe après certains médicaments, tels certains produits antibactériens alors que le Docétaxel donne plus souvent des douleurs des membres d'origine neurologique. De toutes façons, ces troubles s'amendent progressivement. Peut-être de la kinésithérapie pourra t-elle vous aider ?

  • Sous Trastuzumab et hormonothérapie à vie suite à cancer du sein métastasé aux os en janvier 2010 (chimio, mastectomie, radiothérapie). Suis-je considérée en rémission ?

Si votre cancer est métastasé et bien stable, on peut le considérer comme stable, et en rémission mais, bien sûr, sous surveillance étroite et sous traitement permanent.

  • J'attends votre réponse avec impatience sur la greffe de moelle osseuse. J'ai 34 ans et j'ai des lymphomes T. Les chimiothérapies n'ont pas marché...

Vous savez, il existe diverses formes de lymphomes mais si votre lymphome récidive en dépit des traitements, la greffe de moelle ou des cellules souches est un traitement très efficace et à votre âge, il est particulièrement indiqué.

  • Combien de temps après les traitements de radiothérapie, les rayons agissent-ils encore ?

Les rayons agissent après un certain délai se chiffrant en mois tant pour le bénéfice que pour les effets indésirables.

  • Combien de temps les effets de la chimiothérapie et thérapeutique disparaissent de notre corps ?

Il faut différencier les effets d'un traitement comme les nausées, vomissements, chute des globules, etc., d'une chimio, qui sont fugaces, et des séquelles comme des lésions cardiaques qui sont progressives et durables. Il en est de même des lésions induites par la radiothérapie : fibrose, voire nécrose qui peuvent débuter après quelques mois, et durer des années.

  • Quelles sont les statistiques de survie sous Trastuzumab et hormonothérapie après cancer du sein métastasé aux os ? Je suis angoissée...

Sachez tout d'abord que le Trastuzumab ne concerne que 20 % des patientes atteintes de cancer du sein : ce sont elles qui surexpriment la protéine HER2. Quant à l'hormonothérapie, elle s'adresse aux tumeurs hormonosensibles, ces deux traitements peuvent être poursuivis durant toute la vie. On ne possède pas de statistiques précises.