Quel suivi après un cancer du sein ?

Après une mastectomie et une hormonothérapie sur cinq ans, quel doit être le suivi médical ? Mammographie, dosage des marqueurs ?

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Quel suivi après un cancer du sein ?

Les réponses avec le Dr Suzette Delaloge, oncologue, et le Dr Sarah Dauchy, psychiatre :

"Si on a eu un cancer du sein, on a plus de risque d'en faire un autre un jour qu'une personne qui n'a rien eu. On reste sur une mammographie annuelle à vie. La surveillance est absolument basée sur le dépistage d'un nouveau cancer du sein, elle est très peu basée sur le dépistage de métastases parce que le risque de développer des métastases est faible. Il ne faut donc surtout pas en faire une angoisse permanente. Deuxièmement, les méthodes de dépistage de métastases ne servent pas à grand-chose, elles ne permettent pas de vivre plus longtemps ou mieux. On sait aujourd'hui que sur un symptôme diagnostiqué de métastases pour lesquelles on a des traitements efficaces avec aujourd'hui une espérance de vie de plus en plus longue, il ne sert à rien dépister à part à stresser les personnes."

"Ce n'est pas forcément l'angoisse au moment des examens de surveillance qui est pathologique. Cette angoisse est même la trace d'un travail psychique. C'est aussi une façon de se préparer au fait que peut-être cet examen peut rapporter quelque chose. Lorsque les femmes font un dépistage, si elles réalisaient toutes que c'est un dépistage, c'est-à-dire qu'on le fait pour éventuellement rechercher une pathologie, la surprise et l'effroi seraient moins importants lorsqu'on trouve quelque chose.

"Le problème ce n'est pas forcément la peur à ce moment-là, il est lorsque les patientes ont cette rumination de manière obsédante ce que l'on appelle l'angoisse de récidive avec un phénomène de deuil anticipé, c'est-à-dire des patients qui se projettent tellement dans le fait que la maladie puisse revenir qu'ils perdent petit à petit plaisir à la vie qu'elles ont pourtant gagnée avec les traitements. Ce sont les raisons pour lesquelles il faut consulter, que ce soit une anxiété pathologique ou que ce soit une trace d'une dépression débutante. Dans un cas comme dans l'autre, il ne faut pas rester comme ça.

"Idéalement tous les patients atteints d'un cancer devraient être vus au moins une fois notamment à la fin des traitements car c'est à ce moment-là souvent que la situation est difficile psychologiquement car l'hôpital devient moins présent et il faut tout reconstruire. En terme de prévention, il faudrait vraiment que l'on puisse voir tous les patients à ce moment-là. Mais tous n'ont pas besoin de soins psychiques."

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