Ménopause : bien franchir le cap
Ch@t du 13 juin 2012 de 15h à 16h : les réponses des Drs Alain Tamborini, Marina Fedoroff et Lydia Marie-Scemama, gynécologues.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Dr Alain Tamborini, gynécologue
Chaque cas est particulier mais il n'est pas habituel de reprendre un THS après une si longue suspension. Si votre problème est seulement osseux, il existe des traitements spécifiques.
Après 50 ans, même si vous n'êtes pas ménopausée, le risque de grossesse avoisine le zéro. La pilule classique oestroprogestative est contre-indiquée.
Vous pouvez le prendre tardivement au coucher.
Non. Toutes les femmes doivent être prévenues d'un risque de prise de poids et de modifications de la silhouette entre 45 et 55 ans, il faut donc rester toujours vigilante parce que la prise de poids à la péri ménopause se prévient mieux qu'elle ne se traite.
La durée moyenne de la péri ménopause en France est de 3 ans et demi.
Il faudrait savoir si vous avez d'autres symptômes qui accompagnent cet arrêt de règles : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale... Parlez-en à votre médecin traitant et n'ayez pas peur des gynécologues !
Il est difficile de répondre avec certitude à votre possibilité ou non d'être enceinte. Un bilan hormonal détaillé pourrait contribuer à évaluer votre fertilité. Ne perdez pas de temps.
Si les troubles reviennent pendant la semaine d'interruption, on peut réduire la durée de l'interruption à 4/5 jours, voire éventuellement prendre le traitement en continu si vous le supportez cliniquement.
C'est un traitement de la sécheresse vaginale. Il existe toute une gamme de traitements hormonaux locaux en crème et ovules. Ils sont efficaces sous réserve qu'une femme soit motivée, déterminée et persévérante.
Quand on emploie la progestérone naturelle micronisée même si le traitement est séquentiel avec une période d'arrêt, il n'y a habituellement pas de règles : c'est une vertu de la progestérone naturelle par rapports aux progestatifs de synthèse.
Non, si vous avez des règles avec Surgestone®, ce sont vos propres règles et vous n'êtes pas ménopausée.
Il y a toute une gamme de traitements hormonaux (une soixantaine). Habituellement on trouve une solution aux symptômes de nos patientes, mais il est vrai qu'il faut parfois changer, adapter le traitement, faire du sur mesure. Ne vous découragez pas et parlez en à votre médecin traitant et à votre gynécologue.
Non. La prise de progestatifs ne recule pas l'âge de la ménopause mais habituellement permet de vivre la préménopause de façon plus confortable.
Ce n'est pas une pilule contraceptive, un oubli n'a habituellement pas de conséquence.
Non.
Normalement la fibromyalgie n'est pas une contre indication au traitement hormonal de la ménopause.
Il y a effectivement des familles à ménopause précoce et des familles à ménopause tardive mais cette règle souffre de nombreuses exceptions.
La sclérose en plaques n'est pas une contre indication au traitement hormonal de la ménopause.
La présence d'un fibrome n'est pas une contre indication absolue au traitement hormonal, c'est une précaution d'emploi. Dans la majorité des cas cela se passe bien.
Non. Le THS n'a pas d'influence sur le fonctionnement de la thyroïde.
Si vous avez des symptômes gênants, vous pouvez envisager la reprise d'un THS qui habituellement soulage les troubles dès le premier mois.
Non. Mais oui pour les traitements hormonaux locaux (crème et ovules).
En péri ménopause 4 femmes sur 5 prennent du poids (une moyenne de 7 kilos) et cette prise de poids est essentiellement abdominale : c'est à la fois un problème de kilos et de centimètres avec une modification de la silhouette. Donc on ne peut que vous encourager à être très vigilante du point de vu alimentaire même si je le sais le combat est très difficile pour beaucoup d'entre vous...
Oui bien sûr.
Les frontières entre la pré ménopause et la ménopause sont floues et fluctuantes, une reprise de l'activité ovarienne un an ou une année et demie après les dernières règles est possible.
Une baisse de libido à la ménopause est une plainte fréquente, quasi quotidienne des patientes. Cependant si le couple s'entend bien, si la sexualité a toujours été une source d'agréments, on peut poursuivre une activité sexuelle satisfaisante bien au delà de l'âge de la ménopause, qui ne sonne pas l'âge de la retraite sexuelle.
Seul le cancer du sein est une contre indication absolue à la prise d'un THS.
Vous êtes protégée dès la première plaquette et à 52 ans votre risque de grossesse avoisine zéro.
Chez une femme ayant eu un cancer du sein, nous ne pouvons pas employer de traitement hormonal. Il existe une gamme de traitements non hormonaux, en particulier de phytothérapie ou de médecines dites complémentaires (homéopathie, acupuncture...) qui propose des solutions aux symptômes de la ménopause mais sans toujours avoir une efficacité satisfaisante. Ne vous découragez pas, il faut tester ces différentes alternatives.
Le traitement peut être poursuivi tant que persistent des troubles gênants altérant votre qualité de vie. Ceci dit avec les années, on peut réduire considérablement les posologies employées sans compromettre les résultats.
Les réponses du Dr Lydia Marie-Scemama, gynécologue
Effectivement la période précédant la ménopause est appelée la péri ménopause elle se caractérise par une diminution des secrétions hormonales ovariennes. Les ovaires ne s'arrêtent pas de fonctionner d'un seul coup. La baisse des œstrogènes peut être responsable de troubles ressemblant à un syndrome prémenstruel : irritabilité, angoisse, anxiété, déprime.
La situation que vous décrivez est particulière. Vous ne me donnez pas votre âge ! La façon de savoir si vous êtes ménopausée est la pratique d'un dosage hormonal de la FSH plasmatique, pas fiable à 100% ce que vous décrivez arrive souvent au moment de la ménopause.
L'âge normal de la ménopause se situe entre 45 et 55 ans On peut donc considérer que 45 est un âge normal. Le traitement est toujours remis en question en fonction de ses bénéfices et de ses risques il est certain que si vous êtes bien surveillée (mammographie) le fait d'avoir une ostéopénie a surement joué dans la décision de poursuivre ce traitement, même s'il ne justifie pas totalement aux yeux des autorités.
Bouger, faire du sport avoir une alimentation équilibrée, ne pas prendre du poids ou en perdre voir avec son médecin traitant qui peut prescrire des médicaments préventifs de l'arthrose.
L'arrêt de prescription du THS il y a 10 ans a montré que beaucoup d'utilisatrices se plaignaient de ce genre de douleurs. Les oestrogènes agissent sur les cartilages. Vu votre âge, s'il n'y a pas de contre indications, vous devriez envisager la prise d'un THS avec votre médecin.
Le Lutényl® est un progestatif plutôt utilisé en péri ménopause, pour traiter des troubles gynécologiques précis (seins, saignements anormaux, règles irrégulières...). Sauf s'il y a une raison particulière, il n'est pas utilisé en traitement de la ménopause on lui préfère la progestérone naturelle, ou le dydrogestérone.
Plusieurs possibilités sont autorisées même par les cancérologues : colpotrophine, physiogyne, trophigil, gynophilus...
Vous devez être en "péri ménopause" période qui précède la ménopause définitive, les dosages hormonaux ne sont que le reflet de l'instant du dosage. La ménopause définitive s'installe souvent au bout d' 1 an.
Vous avez certainement un médecin traitant qui peut vous conseiller. Tout dépend de l'endroit ou vous habitez. Avez vous essayé de joindre un syndicat de gynécologues par exemple le syndicat des gynécologues médicaux : 01 47 08 50 80.
Effectivement, il ne faut pas commencer trop tôt un THS, il faut attendre d'être vraiment ménopausée on risque de voir les ovaires recommencer à secréter des hormones et on serait alors surdoses.
Pas du tout.
Effectivement la génétique peut jouer un rôle.
Pourquoi l'Avonex® ?
Ce n'est pas une contre indication.
Ce n'est pas possible et ce en raison des risques cardiovasculaires. En effet, pris au début le THS est préventif des accidents cardiovasculaires car il empêche la plaque d'athérome de se former, après 60 ans il peut faire migrer les plaques d'athérome et être responsable d'infarctus, d'accidents vasculaires cérébraux etc..
Il faut voir avec votre médecin, il serait logique de prendre un traitement contre l'ostéoporose.
Peut-être devriez vous le leur suggérer.
Les antécédents de phlébite sont une contre indication à la prise d'œstrogènes.
Pas du tout à condition de consulter régulièrement votre gynécologue.
Si vous en parliez à votre médecin traitant ? C'est peut-être lié à autre chose ! Peut-être faire des dosages d'hormones thyroïdiennes ?
A voir, bien sur avec votre médecin, après dosages hormonaux visant les ovaires mais aussi la thyroïde.
Si vous avez commencé ce traitement depuis quelques temps, vous pouvez le continuer, mais sinon, à voir avec votre médecin en raison des risques cardiovasculaires.
Pourquoi pas si vous êtes bien ? A condition d'utiliser des toutes petites doses pour éviter d'avoir des bouffées de chaleur !
L'âge est en soit un facteur de risque les œstrogènes sont reconnus comme étant préventifs de la formation de la plaque d'athérome. Leur diminution à la ménopause peut être responsable de la survenue d'HTA, mais il y a d'autres facteurs de risque, surtout le poids, l'alimentation mal adaptée, la sédentarité.
Surement PAS.
Cancer de poumon ne contre-indique pas le THS, mais il faudrait passer à une dose vraiment minimale efficace de l'estrogène et par voie cutanée pour ne pas augmenter le risque thrombogène.
Les réponses du Dr Marina Fedoroff, gynécologue
Utrogestan® se prend des préférence au coucher car chez certaines personnes il peut provoquer une somnolence.
Le traitement hormonal de la ménopause peut être pris tant que les symptômes continuent. L'effet bénéfique du THM sur les articulations est connue également. Peut-être avec le temps vous pouvez diminuer les doses du THM tout en gardant les bénéfices.
Si vous n'avez plus de bouffées de chaleur à l'arrêt du THM, si votre densitométrie osseuse est normale par rapport à votre contexte, si vous n'avez aucun autre trouble climatérique vous pouvez arrêter le THM.
Votre médecin a tout à fait raison car prendre une pilule oestroprogestative à votre âge représente un risque cardio-vasculaire. A votre âge même si vous avez les cycles spontanément il n'y a pas de risque de grossesse.
Oui maladies de la thyroïde peuvent avoir un impact sur les cycles mais vous êtes aussi en âge de la pré ménopause et vous pouvez avoir des irrégularités des cycles pour cette raison également.
On continuer le THM tant que les symptômes climatériques gênants persistent mais sa reconduite n'est pas systématique.
Mucogyne, replens, try…
Pour les bouffées de chaleur : abufène®, phytothérapie, acupuncture, exercices physiques réguliers. Pour la sècheresse vaginale ovules et crèmes, médicaments à visée osseuse seront décidés en fonction de votre densitométrie osseuse.
Commencer Microval® le premier jour des règles et prenez tous les jours à la même heure et pendant la première plaquette de Microval® rajoutez encore un autre moyen de contraception (préservatif, retrait).
Demandez à votre gynécologue. Traitement hormonal de la ménopause est : un estrogène naturel estradiol-17-beta et la progestérone micronisée ainsi que son isomère dydrogestérone.
Abufène® c'est un acide aminé sans aucun effet secondaire indiqué pour les bouffées de chaleurs. Son efficacité sur les arthralgies n'est pas connue à priori.
Traitement hormonal de la ménopause n'est pas contre-indidiqué en cas de l'HTA traitée et bien équilibrée, mais il faut adapter les doses et les voies d'administration du THM.
Oui, tout à fait l'Oestrodose® et la progestérone sont les hormones naturelles.
L'Utrogestan® et l'Oestrogel® sont les hormones naturelles.
En savoir plus
La ménopause correspond à la fin de la période reproductive de la femme, habituellement vers l’âge de 50 ans. Elle est marquée par l’arrêt des règles ainsi que par la cessation de l’ovulation et de la sécrétion par les ovaires des hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone). L’âge de la ménopause est surtout déterminé par les gènes, il est en partie héréditaire et peut aussi être influencé par l’état de santé.
La baisse en œstrogènes rend les femmes plus à risque de divers problèmes de santé, comme l’ostéoporose, l’incontinence urinaire à l’effort, les troubles cardiovasculaires ou de troubles comme les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, les perturbations du sommeil, les troubles de l'humeur, la baisse de la libido, la sécheresse des muqueuses, le vieillissement de la peau, les cheveux plus secs, une légère prise de poids.
Un mode de vie sain contribue à réduire l’intensité de ces symptômes, améliore la santé cardiovasculaire et osseuse, apporte une certaine protection contre plusieurs problèmes de santé. Les médecins peuvent avoir recours à différents types d’approches pharmacologiques pour combattre les problèmes associés à la ménopause : le traitement hormonal général, local. L’hormonothérapie supplée aux hormones que les ovaires cessent de sécréter permet à la majorité des femmes de voir diminuer ou même disparaître leurs symptômes, elle peut contribuer à ralentir la perte de masse osseuse et ainsi réduire le risque de fracture.
Pour celles qui craignent le traitement ou qui pour des raisons de santé ne peuvent pas le prendre, il existe également des traitements non hormonaux comme la phytothérapie ou l'homéopathie. Des études tendent à montrer que les femmes ayant une vie sexuelle active ont moins de symptômes à la ménopause.
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