L'obésité pèse sur les risques de cancers

Le surpoids cause un demi-million de cancers par an. Alors que le nombre d'obèses ne cesse d'augmenter, une étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), publiée le 20 novembre 2014, pointe du doigt l'influence de cette épidémie mondiale sur la survenue de cancers, notamment hormonodépendants.

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L'obésité pèse sur les risques de cancers

Le surpoids est devenu un risque majeur de développement d'un cancer. Près de 500.000 nouveaux cas par an sont mis sur le compte de l'obésité, selon une étude du Centre international pour le Cancer de l'OMS, publiée le 20 novembre 2014, dans la revue médicale The Lancet Oncology.

Surpoids, obésité … Quelles différences ?

L'excès de poids est défini en fonction d'un indice de masse corporelle élevé (IMC : poids divisé par la taille au carré). Le surpoids correspond à un IMC de 25 ou plus et l'obésité à un IMC égal ou supérieur à 30. Pour cette étude, toutes les personnes avaient un IMC supérieur à 25.

En 2012, le surpoids et l'obésité ont été responsables de 3,6% des cancers mondiaux. Démarrée en 2002, cette analyse s'appuie sur la vaste base de données Globocan, comportant l'incidence et la mortalité par cancer de 184 pays, avec un suivi sur dix ans des populations obèses ou en surpoids (voir encadré).

Les pays riches plus exposés

Sans surprise, les pays où les cancers sont les plus associés au surpoids sont les pays les plus riches. Près d'un quart de ces cancers sont enregistrés uniquement en Amérique du Nord, avec 110.000 nouveaux cas par an. L'Europe, et notamment les pays de l'Est, sont également frappés. En République tchèque, près de 6% des cancers sont attribuables au poids. A l'inverse, l'Afrique sub-saharienne est la moins concernée par ce problème.

Au delà des disparités géographiques, les différences hommes/femmes sont frappantes. L'étude montre que ce type de cancers touche beaucoup plus les femmes. Chez elles, l'excès de poids est responsable de 5,4% (345.000) des nouveaux cas cancers en 2012, contre 1,9% (136.000) chez les hommes. En cause : les cancers de l'utérus (muqueuse de l'endomètre) et du sein après la ménopause. Ces deux types de cancers, ainsi que celui du côlon, représentent près des trois quarts (73%) de l'ensemble des nouveaux cas de cancers annuels liés à l'obésité chez les femmes.

Comment expliquer l'influence de l'obésité sur le cancer ?

De nombreuses pistes sont à l'étude pour tenter d'expliquer l'action du surpoids sur le développement des tumeurs. La principale cause évoquée est l'influence des hormones. Les tissus adipeux augmentent la production d'hormones, ce qui favorise le développement de cancers dans les organes hormono-dépendants (utérus, sein, prostate).

Selon un rapport de l'Institut National du Cancer, les tissus graisseux favorisent par exemple la conversion des androgènes (hormones masculinisantes) en œstrogènes (hormones féminines). Une hausse du taux d'œstrogènes qui augmente la multiplication des cellules du sein et de l'utérus. D'autre part, ces tissus adipeux produisent en masse des facteurs de croissance et des cytokines, moteurs de la prolifération tumorale.

Seconde explication : l'obésité provoque une inflammation chronique dans l'organisme, ce qui fragilise les tissus. Pour le cancer de l'œsophage par exemple, les reflux gastriques (fréquents chez les personnes obèses) irritent la paroi du tube digestif et augmentent considérablement les risques de cancers.

Des cancers qui peuvent pourtant être évités

Selon l'OMS, un quart de ces cancers pourraient être évités (soit plus de 100.000) si les patients avaient simplement conservé leur poids moyen d'il y a 30 ans. Une prise en charge nutritionnelle ainsi que de l'activité physique permettraient de réduire le nombre de cancer.

Selon l'OMS, le nombre de cas d'obésité a doublé depuis 1980. Le surpoids concerne 1,4 milliard de personnes de 20 ans et plus, parmi lesquelles plus de 200 millions d'hommes et près 300 millions de femmes sont obèses. 

Source : Global burden of cancer attributable to high body-mass index in 2012: a population-based study. Arnold. M, et al. The Lancet Oncology, novembre 2014; DOI: 10.1016/S1470-2045(14)71123-4

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