Irradiés d'Epinal : prison ferme

Des peines de dix-huit mois de prison ferme ont été prononcées contre deux anciens médecins de l'hôpital d'Epinal, et contre leur collègue radiophysicien.

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Irradiés d'Epinal : prison ferme

Deux médecins et un radiophysicien de l'hôpital d'Epinal ont été condamnés à 18 mois de prison ferme ce mercredi 30 janvier 2013, par le tribunal correctionnel de Paris. Entre 2001 et 2006, près de 450 patients de l'hôpital d'Epinal traités pour des cancers de la prostate, ont été victimes d'une surdose de radiation. Douze d'entre eux en sont morts selon un dernier bilan communiqué au procès.

"Ces peines sont justes, compte tenu des faits, remarque Philippe Courtois, avocat des parties civiles, mais elles n'enlèvent rien à la souffrance subie par les victimes".

La surirradiation avait pour origine d'une part, une modification erronée des paramètres techniques des appareils de radiothérapie. Mais ce n'est pas tout. Un autre accident a eu lieu, cette fois sur le dosage des radiations. Les médecins n'avaient pas pris en compte, lors du calcul final, des doses délivrées lors des contrôles radiologiques qui ont précédé le traitement lui-même.

Le tribunal correctionnel a reconnu la responsabilité des médecins dans ce dysfonctionnement. Jean-François Sztermer, 64 ans, et Michel Aubertel, 62 ans, ont été reconnus coupables d'homicides et blessures involontaires, ainsi que de non-assistance à personne en danger. Ils ont été condamnés à 4 ans de prison dont 18 mois ferme et 20.000 euros d'amende chacun. Tous deux sont interdits d'exercer à vie. Tout comme leur collègue, Joshua Anah, 54 ans, coupable d'homicides et blessures involontaires et soustraction de preuve. Ce radiophysicien a été condamné à trois ans de prison dont 18 mois ferme et 10.000 euros d'amende.

"Ce procès montre très bien les limites de la médecine", souligne Me Philippe Courtois. "On les a laissés mourir comme des chiens", lance son associé, Me Jean-Christophe Coubris, avocat des parties civiles.

Les médecins ont 10 jours pour faire appel ou demander un aménagement de leur peine. "Vu l'interdiction d'exercer à vie qu'ils ont pris, cela ne m'étonnerait pas qu'ils fassent appel", confie Me Philippe Courtois. Pour l'instant, un des médecins a déjà annoncé son intention de faire appel, les deux autres praticiens y réfléchissent "fortement", selon leurs avocats. Tous sont repartis libres et visiblement sonnés.

Les irradiés d'Epinal sont par leur nombre, le plus grave accident de radiothérapie recensé en France.

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