Des sportifs à l'esprit vif

Une étude canadienne révèle que les sportifs de haut niveau ont des fonctions cognitives mieux développées que la moyenne des étudiants de niveau universitaire.

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Des sportifs à l'esprit vif
Des sportifs à l'esprit vif

"Tout dans les muscles, rien dans la tête" : l'adage est fameux, mais les travaux du Pr Jocelyn Faubert de l'Université de Montréal le font dangereusement vaciller.

©Université de Montréal

Avec son équipe, ce spécialiste de la vision vient en effet de démontrer que le cerveau des athlètes de haut niveau est plus rapide que celui des intellectuels pour traiter certaines informations cognitives.

Pour cette étude, trois groupes test ont été constitués. Le premier se composait de footballeurs professionnels, de hockeyeurs sur glace issus de l'élite nord-américaine et de rugbymen des meilleurs clubs français. Le deuxième comptait également des sportifs, mais amateurs cette fois. Le troisième groupe incluait des étudiants de niveau universitaire, sans activité sportive.

Les participants ont été soumis à un test appelé 3D-MOT. "Nous (leur) avons demandé de décrire une série d'objets simulés se déplaçant dans trois dimensions", explique le Pr Faubert.

Réitéré quinze fois, ce test a permis aux chercheurs d'évaluer la réaction du cerveau des participants face à une scène complexe qui se déroulait sous leur yeux : vitesse maximale des objets qu'une personne est en mesure de suivre, capacité de perception de la profondeur, répartition de l'attention entre des cibles en mouvements et des objets cherchant à faire distraction, largeur du champ vision. Les scènes utilisées étaient "neutres", ce qui signifie que la connaissance ou l'expérience d'un sport en particulier n'avait aucune influence sur le résultat.

Bien que les trois groupes aient amélioré leurs résultats tout au long des quinze séances, les sportifs de haut niveau sont plus réactifs que les deux autres groupes. Les tests révèlent qu'ils sont capables d'apprendre à un rythme nettement supérieur comme suivre des objets se déplaçant rapidement.

"Nous avons constaté que les athlètes professionnels étaient en mesure de traiter les scènes visuelles beaucoup mieux que les athlètes amateurs, qui à leur tour ont mieux réussi que les étudiants non sportifs", précise Jocelyn Faubert. "Le traitement mental et la capacité d'apprentissage sont manifestement essentiels (…) chez les athlètes professionnels".

Reste à découvrir si ces capacités cognitives sont innées et ont permis à ces sportifs de se hisser au plus haut niveau, ou si ces fonctions ont été acquises grâce à un entraînement poussé.

Source : "Les sportifs l'emportent sur les universitaires dans un test d'activité cérébrale", Université de Montréal, 31 janvier 2013.