Cancer : un essai clinique porteur d'espoir

C'est un pas de plus vers la médecine personnalisée pour traiter le cancer. Un essai clinique se déroule en ce moment à l'Institut Curie à Paris et auquel participent six autres centres français. Baptisé Shiva, cet essai est original puisqu'il s'agit de trouver un traitement en se basant uniquement sur le profil biologique de la tumeur sans tenir compte de l'organe dans lequel elle s'est développée. Concrètement, un patient atteint d'un cancer du poumon pourra par exemple bénéficier d'une thérapie ciblée utilisée aujourd'hui pour le cancer du sein. L'essai Shiva lancé en octobre 2012 devrait inclure près de 800 patients.

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L'essai clinique Shiva est uniquement basé sur le profil biologique de la tumeur.

L'essai clinique Shiva est réservé aux patients en échec thérapeutique. Il propose de changer radicalement d'approche pour traiter le cancer comme le confirme le Dr Christophe Le Tourneau, oncologue médical responsable de l'essai Shiva : "Jusqu'à présent nous avions l'habitude de traiter le cancer en fonction de sa localisation, (…) mais pour cet essai, nous raisonnons différemment, nous faisons une carte génétique de la tumeur du patient quel que soit son cancer et nous basons notre décision pour le traitement sur les anomalies moléculaires que l'on va découvrir sur cette carte génétique".

L'objectif de cet essai clinique n'est pas de mettre au point de nouveaux médicaments, mais il s'agit de mieux utiliser des traitements déjà existants que l'on appelle les thérapies ciblées. Ces thérapies sont plus précises que les chimiothérapies mais pour l'instant, il n'existe qu'une vingtaine de thérapies ciblées. Chacune utilisée pour un cancer bien spécifique pour lequel on a identifié une anomalie moléculaire.

Pour rechercher ces anomalies au sein de la tumeur, les patients inclus dans l'essai Shiva doivent d'abord subir une biopsie. Le prélèvement est ensuite précieusement conservé dans des congélateurs à moins 80 degrés, avant d'être étudié par les biologistes. À partir d'un échantillon microscopique, les biologistes peuvent ainsi confirmer qu'il s'agit bien de tissus cancéreux. Après confirmation, ils reprennent le reste du fragment de tumeur et le place dans une machine afin de le désintégrer. L'étape suivante consiste à extraire l'ADN grâce à une centrifugeuse.

Pour pouvoir être exploitées, ces informations doivent être décryptées. Cette tâche revient aux ingénieurs biologistes chargés de séquencer les gènes de la tumeur. Les responsables du séquençage obtiennent ainsi une carte d'identité de l'ADN tumoral et en comparant cette carte d'identité génétique avec une carte d'identité génétique de personnes qui ne sont pas atteints de cancer, ils peuvent déterminer si des anomalies sont présentes dans la tumeur. "Une fois que les anomalies moléculaires sont identifiées, on peut utiliser un traitement qui va cibler cette anomalie moléculaire dans l'espoir de soigner la maladie", explique le Dr Christophe Le Tourneau.

Les médecins espèrent que la moitié des patients inclus dans cet essai pourront bénéficier d'une thérapie ciblée, utilisée jusqu'alors pour un autre cancer. L'objectif est ensuite de comparer l'efficacité de cette stratégie à celle des chimiothérapies conventionnelles. Les résultats sont attendus d'ici 2 ans.

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