Cancer et précarité : la double peine

Selon une enquête de la Ligue contre le cancer, 60% des malades du cancer voient leurs revenus considérablement baisser. Un appauvrissement qui, pour certaines familles, va jusqu'à ne plus pouvoir remplir le réfrigérateur ou devoir demander de l'aide pour payer les factures d'électricité. La lutte contre la maladie s'accompagne ainsi d'un combat supplémentaire pour continuer à vivre décemment.

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Cancer et précarité : la double peine

Pour un nombre croissant de patients, dès l'annonce d'un diagnostic de cancer, la première urgence serait en fait d'aller voir l'assistante sociale. Car le moindre examen d'imagerie complémentaire, par exemple, peut s'avérer très coûteux. Or, la mise en place du dispositif de remboursement à 100% par l'Assurance maladie pour affection de longue durée prend souvent du temps. Selon Agnès Lecas, déléguée aux actions pour les malades de la Ligue contre le cancer, la "maladie est une double peine" et la situation peut basculer du jour au lendemain avec "une obligation d'arrêt du travail à cause de la maladie". Le basculement vers la précarité est alors inéluctable pour le malade qui "doit faire face à d'énormes charges par ailleurs".

Le forfait journalier hospitalier non remboursé est ainsi de 18 euros par jour. En plus, le versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale pour remplacer les revenus peut aussi prendre du retard. Et leur montant se traduit souvent par une réduction importante.

Plus de la moitié des patients en activité au début de leur maladie subit ainsi une perte de revenus qui dépasse souvent les 25%. Et 75% des malades doivent réduire leurs dépenses quotidiennes comme l'explique Agnès Lecas : "ce choix se fait sur l'alimentation parce que ces personnes ne sont plus en mesure d'acheter des fruits, des légumes, de la viande parce que ça coûte très cher… Les malades vont aussi faire le choix de ne pas se chauffer correctement par exemple parce que l'électricité représente un coût dans le budget. C'est la raison pour laquelle nous avons énormément de demandes au niveau de nos comités départementaux sur les aides à la vie quotidienne".

Des demandes auxquelles l'association a de plus en plus de mal à répondre car la crise a tendance à réduire le montant des dons qu'elle reçoit. Chaque année en France, 350.000 personnes sont touchées par un cancer.

En 2013, 10.200 nouvelles familles ont demandé un soutien financier à la Ligue contre le cancer. Cela représente 15% de demandes supplémentaires par rapport à l'année précédente.

* Enquête Dopas sur l'impact social du cancer, menée de mars à juillet 2013 auprès de 2.156 personnes atteintes du cancer

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