Alcool, nos jeunes en danger

A l'occasion de l'émission Enquête de Santé : "Alcool, nos jeunes en danger" diffusée sur France 5 le mardi 11 décembre à 20h35, nos équipes parties à la rencontre d'une jeunesse en quête d’ivresse vous ont proposé un Ch@t de 22h15 à 23h15. Le Dr Samia Boughaba, Fil Santé Jeunes, le Dr Catherine Burugorri, médecin généraliste, Oriane Cherrier, psychologue clinicienne, Bruno Albuixech et Georges Mrdjenovic, éducateurs spécialisés ont répondu à vos questions en direct.

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Alcool, nos jeunes en danger
Alcool, nos jeunes en danger
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Les réponses du Dr Samia Boughaba, Fil Santé Jeunes

  • Première cuite à quinze ans, alcool festif avec alcoolisations massives pendant cinq ans, depuis je cumule une alcoolisation massive chaque semaine et je bois seul chez moi tous les jours en me cachant de ma famille, de mon travail, j’ai maintenant 29 ans et je me sais alcoolique, où dois-je aller ?

Le plus dur est fait, se dire et se savoir malade : alcoolique. De nombreuses structures spécialisées existent (CSAPA). Vous pouvez aller consulter votre médecin généraliste dans un premier temps qui pourra vous orienter dans une structure proche de chez vous.

Le binge drinking est le fait de boire des quantités massives d'alcool en un temps très court.

  • Médecin généraliste, je suis régulièrement confrontée à la difficulté de prise en charge des jeunes en prise avec l’alcool. L’accès aux consultations d’alcoologie ou aux CMP est difficile, le jeune devant montrer sa motivation. Ce sont souvent les parents ou enseignants voire les soignants de proximité qui demandent de l’aide et sont laissés sans réelle proposition de prise en charge.

Effectivement la seule et unique condition à la réussite d'une prise en charge d'un jeune en prise avec l'alcool est sa motivation et son adhésion aux soins. Si la démarche n'est envisagée que par l'entourage la suite risque d'être très décevante. Un travail avec le jeune sur sa prise de conscience doit être envisagé en amont des soins.

  • L’alcoolisation d’un jeune adolescent peut-elle être directement liée à des probèmes familiaux, divorce récent des parents, ou bien une situation monoparentale ?

Il est difficile d'imputer l'alcoolisation d'un jeune à un problème précis. Il est plus adapté de dire que le jeune peut réagir à des mouvements émotionnels difficiles, à des difficultés à s'adapter à des situations nouvelles. Ce qui laisse envisager une multitude de situations dont celles dont vous parlez.

  • En tant qu’infirmière en université, je suis confronté à une majorité de jeunes buvant en excès toutes les semaines, ivresses très importantes. Nos étudiants sont majeurs et nos actions sont limitées. Les enseignants m’envoient les étudiants à problèmes mais que peut-on faire en face d’un jeune majeur qui ne souhaite pas de prise en charge ?

Peut être serait-il pertinent d'envisager le problème en discutant dans un premier temps de ce qui peut les amener à boire, et des conséquences que cela peut avoir sur leur santé, leurs relations, leur vie... et d'envisager seulement alors ce qui peut être proposé en réponse à une envie de se faire aider.

  • Favoriser l’estime de soi, éviter de mettre trop de pression scolaire, favoriser une activité sportive soutenue, surveiller les fréquentations, encadrer les sorties en allant chercher son enfant après une fête etc..., cela suffit-il à limiter la casse ou suis-je naïve ? (je parle pour un mineur bien-sur...)

C'est déjà très bien!!!

  • Chaque jour je bois une bière et deux verres de vin rosée a table. Suis-je alcoolique ?

En effet il est important de rester vigilent quant à sa consommation, mais le plus important reste de définir le lien au produit, les raisons qui nous amènent à cette consommation et les réponses qu'on vient y chercher.

Il est difficile de répondre à votre question. Mais peut être serait-il intéressant, ce soir de vous interroger quant à votre inquiétude. Peut-être n'y a t-il aujourd'hui aucune conséquence notable mais si vous persistez qu'en sera t-il ?

  • Je discute régulièrement avec mon fils des soirées trop alcoolisées et je le mets en garde mais il me répond avec humour que je saôule plus que n’importe quel alcool et que je ne lui fais pas confiance...

Vous abordez le sujet de l'alcool avec votre fils, et il vous répond avec humour, mais il vous répond tout de même ! Peut être pourriez vous lui préciser qu'il ne s'agit pas d'un problème de manque de confiance en lui mais d'une inquiétude pour lui.

  • Après un sevrage, est-il vraiment interdit de consommer, même à toute petite dose, et pour une occasion particulière ?

Effectivement après un sevrage il est fortement déconseillé, de reconsommer même à toute petite dose. Le chemin du rétablissement est long.

  • Je suis au lycée en classe de première et nous devons réaliser un TPE (travaux pratiques encadrés) en groupe, nous avons choisi le thème de l'alcool et voulons traiter le problème des jeunes face au sujet. Est-il possible de même qu’en période de crise les personnes (en générale) consomment plus, par rapport à une période dite de croissance bénéfique ?

Il va nous être difficile de renter dans le détail du sujet autant qu'on le souhaiterait mais boire chez les jeunes est incontestablement une façon de contrecarrer un sentiment de frustration. En temps de crise, les premières choses qui sont évoquées tous les jours sont: privation, frustration, perte... ce qui chez certains jeunes peut provoquer des perturbations émotionnelles auxquelles ils peuvent être amenés à répondre par des prises d'alcool... Peut être alors pourrions nous répondre : oui.

  • J’ai suivi votre émission très intéressante sur jeunesse en quête d’ivresse ... et trop courte malheureusement ! J’aimerais savoir comment aider mon frère qui est en addiction à l’alcool et majeur(41 ans) mais ne veut se soigner et nous écouter que lorsqu’il est très imbibé d’alcool...et donc très dépressif...C'est-à-dire le soir, la nuit, mais pas assez imbibé pour nous suivre dans un hôpital. Quand on reprend son mal ou ses soins, les lendemains, il nie tout, et s’oppose à toute solution ! Comment faire ? Quel sont les associations ou organismes à contacter ? Quelles sont les possibilités d’entreprendre quelque chose à la place d’une personne majeure, qui est à elle seule décisionnaire ? Il se tue petit à petit, se sent de + en + mal, en a de + en + marre de la vie et continu d’entrer dans ce cercle vicieux ! Que faire ?!

Votre souhait d'aider votre frère est louable mais tant que lui ne sera pas dans une volonté de se soigner rien ne sera possible.

  • Je connais de nombreuses personnes au terrain psy fragile qui ont mal tourné et ont sombré dans des psychopathologies graves, se sont désocialisées etc... Est-il nécessaire de hiérarchiser la dangerosité des drogues ?

Nous ne minimisons rien, et vous avez entièrement raison. Nous en parlerons le jour où le thème de l'émission portera sur le cannabis.

  • J’aimerais que vous parliez d’Olivier Ameisen car la seule possibilité  contre l’alcoolisme, car l’alcoolisme est une maladie biologique et seul le Baclofène® est efficace sans ça je serais mort ! J’avais 550 gama gt et plus de 300 transaminases Phillipe Batel lui n’est pas pour le Baclofene® alors que c’est le seul médicament efficace. C’est parce que c’est un médicament pas cher qu’ils veulent pas le commercialiser je rappelle 120 morts par jour. Que faut-il de plus merci de consacrer un peu de temps pour me répondre.

Il est très difficile de généraliser les effets positifs d'un traitement sur l'alcoolisme, le Baclofène® vous a convenu et vous vous en êtes sorti. Mais ce traitement n'a pas toujours les effets "miraculeux" que vous décrivez sur tous les patients sans que l'on puisse comprendre cet état de fait.

Les réponses du Dr Catherine Burugorri, médecin généraliste

  • On parle beaucoup des causes à l’alcoolisation, mais quelles sont les solutions à proposer à des jeunes fragiles et susceptibles de s'adonner à la boisson?

En parler peut être à son médecin ou se rapprocher d’un centre pour jeunes consommateurs centre d’addictologie.

Un ado ne dit pas consommer même en famille, baisse des résultats scolaires, problèmes comportementaux, agressivité accident de route .... Essayer de poser une question ouverte depuis quand bois tu de la bière, ou que préfères tu la vodka ou la bière ? Parlez en à un professionnel de santé.

  • Qu’est-ce que l’alcoolisme passif ou mondain ?

C'est consommer trop dans des milieux propices à la consommation ?

  • Pourquoi dire que l’alcool c’est du plaisir ? La cigarette et les autres drogues aussi ? Ne serait-ce pas plutôt un piège ?

C'est un plaisir qui peut évoluer vers une dépendance ou pas suivant la substance l'individu.

  • Que reflète cette tendance des jeunes vis à vis de l’alcool ? N’est-ce pas de l’ennui et un sentiment de ne pas avoir sa place dans la société ?

C'est juste une facilité et une façon de faire la fête, une société qui évolue, ... et la société se doit d’y répondre...

  • Ma fille de 21 ans a fait un coma éthylique au Portugal et fait beaucoup la fête avec ses ami(es) étudiant(e)s. Comment désamorcer ce processus ? Quel discours ou action puis-je entreprendre auprès d’elle ?

Seul la discussion, l’ouverture, éviter la moralisation, tenter de comprendre, se rapprocher...

Dès le jeune âge éviter de faire "goûter, ensuite tenter une approche compréhensive des éléments qui peuvent faire "basculer" le comportement (problème de l’adolescence, problèmes scolaires etc...).

  • Un ado peut-il devenir alcoolique par mimétisme (parent alcoolique) ?

Oui, il n'y a pas de comportement génétique, mais l'imitation familiale du comportement parental existe pour tout... y compris l'alcool.

  • Est-ce que la génétique intervient dans le processus de l’alcoolisme ?

Non, mais le mimétisme familial, éducatif... oui.

Non.

La consommation a commencé très jeune, aussi elle a été massive même si occasionnelle. Cela reste très toxique pour le foie. La principale conséquence reste toutefois psychique, celle du risque de dépendance.

Oui, du moment qu’il existe une dépendance avérée a l'alcool et que le consommateur est désireux d un sevrage, effectivement une thérapeutique peut être mise en place par plusieurs molécules. Les spécialistes des centres d’addictologie vous fourniront de plus amples détails.

  • Il arrive à mon fils de 18 ans de rentrer de soirée avec les pupilles dilatées. Je vois bien qu’il a bu bien qu’il ne soit pas complètement ivre. Les pupilles dilatées sont elles à elles seules un signe d’alcoolisation ou est-ce le signe d’une drogue ? Il me dit ne pas fumer de cannabis du tout puis-je le croire ?

Vaste sujet. Les pupilles dilatées peuvent être un signe d’utilisation de produits illicites mais pas forcément dus a l alcool, encore moins seul... Posez lui une question différente, par exemple, "tu as bu seulement de la bière ? Ou de la vodka ?" Car il est certain qu'il a bu... une question qui entraine une réponse positive et ferme la négative. Idem "tu as fumé un seul ou plusieurs joints ?"...Gardez un ton d'écoute, compréhensif, pas de jugement pas de moralisation.

  • Ma compagne s’alcoolise de minimum 5 bières a plus de 8 degrés. Elle pense que je ne le vois pas et refuse d’en parler. Que dois-je faire ? Aidez-moi s’il vous plait.

Montrer lui que vous la voyez, gardez un ton calme compréhensif non moralisateur, essayer d’ouvrir le dialogue par des questions ouvertes ne pouvant supporter la négative (tu as bu quatre ou cinq bières), c'est a force de petites choses ainsi que le dialogue va s'amorcer enfin.

  • Mon fils de 18 ans boit le week-end, en fête et fume des joints tous les soirs. Dois-je l’emmener consulter ?

Parlez en à votre médecin traitant,... il reste majeur mais effectivement une aide semble souhaitable, surtout pour l'alcool.

La dépendance est sans rapport avec la quantité, il y a dangerosité pour les seuils que vous rapportez, mais il peut y avoir dépendance bien au dessous.

Il y a dangerosité dans les deux cas... les organes cibles différent quelques peu seulement.

  • Lors de l’émission, un tweeter a évoqué le Baclofene® comme permettant de s’alcooliser sans conséquence. Pourriez-vous le démentir ?

Ca ne permet pas de s'alcooliser sans conséquences, ce n'est qu'un outil de plus a disposition dans l'arsenal de lutte contre la dépendance. C'est faux.

  • Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des patrons pour les jeunes en apprentissage ou des jeunes adultes dans le monde du travail ? Surtout dans le BTP ?

Vous avez certainement raison, cette responsabilité est indéniable.

  • Il me semble pourtant que les conséquences directes sur la santé qui n’ont quasiment pas été traitées durant l’émission sont un argument important pour défendre votre cause ! Notamment concernant les problèmes liés aux performances sexuelles et à la fertilité qui touchent directement les jeunes...

Vous avez certainement raison.

Les réponses d'Oriane Cherrier, psychologue clinicienne

  • Après 6 semaines en clinique spécialisée ancienne maison de santé permettant de lutter contre son alcoolisme et de se sevrer, mon ami a très violemment rechuté. Ou peut-on trouver des établissements spécialisés uniquement pour l’alcoolisme et si possible pour les jeunes ?

Vous pouvez vous renseigner sur les centres de post-cure (après un sevrage), mais aussi sur les structures en ambulatoires, tels que les (CSAPA) (centres de soins en addictologie). Selon les départements, il existe des associations comme La Source dans les Landes, l'ANPAA, le CEID ou autres, spécialisées dans la prise en charge ambulatoires des personnes présentant des problèmes d'addiction, la problématique de l'alcool étant très fréquemment rencontrée.

  • Quelles sont les principales caractéristiques d’un jeune susceptible de devenir dépendant à l’alcool ?

Il est difficile de définir une catégorie spécifique et de prédire les comportements, mais il est vrai que les personnes fragiles au niveau psychologiques, ayant un faible estime de soi, ou ayant vécu des traumatismes par exemple, sont plus vulnérables face à l'addiction en général.

  • Quand l’alcoolisme devient chronique il y a un risque d’être atteint du syndrome de Korsakoff que je pense être sous-estimé dans les débats concernant la consommation d’alcool.

En effet, le syndrome de Korsakoff (maladie dégénérative) peut être l'un des effets dramatiques d'une consommation d'alcool importante et répétée. D'où l'importance de la prévention.

  • Les structures ambulatoires ne répondent pas au besoin de mon ami qui devient violent avec sa famille qui ne souhaite plus l’héberger. Après l’échec d'une cure de 6 semaines dans un centre mais avec permissions récurrentes et pas mal de libertés, quel type de centre et actions vous semblent appropriés ? Existe t-il des cures de sevrage forcées ?

Il est extrêmement difficile de venir en aide à quelqu'un qui ne souhaite pas être aidé, qui est dans le déni ou qui refuse le soin. Dans ce cas-là, peu de solutions s'offrent à vous. Dans la majorité des dispositifs de soins, il faut s'engager au minimum dans le soin. Si cette personne a des problèmes d'hébergement, il existe des dispositifs d'appartements de coordination thérapeutique (selon les régions et peu de places), qui sont un intermédiaire temporaire entre le milieu fermé et cadré et la prise en charge en ambulatoire. Les post-cures posent ce problème que lorsque la personne retourne dans son contexte habituel (et celui où il avait l'habitude de s'alcooliser), il est difficile de ne pas retomber dans les anciens comportements...

A-t-il conscience de l'aspect excessif de sa consommation ? Cela lui pose-t-il un problème ? Essaye-t-il d'arrêter sans y parvenir ou cela lui convient-il ? Il est important d'essayer de repérer quelles sont les fonctions de ces alcoolisations. Il y a souvent une phase de déni, avant l'acceptation du problème et la recherche d'aide.

  • Comment éviter à mon fils de retourner vers les soirées alcoolisées. Il sort d’une grave hospitalisation AVC/MAV. Il aime la fête et les copains. Que faire ou conseiller ?

Selon l'âge de votre fils, on peut comprendre qu'il aime sortir et faire la fête. Cependant, si son hospitalisation a un lien avec ses consommations alcooliques et qu'il ne change pas ses habitudes après un épisode comme celui-là, il y a la question de la mise en danger. A-t-il conscience qu'il se met en danger en buvant encore autant, présente-t-il d'autres comportements à risque ? L'idéal est toujours de pouvoir en discuter, soit avec vous, soit avec un professionnel s'il ne souhaite pas le faire avec vous, ce que vous pouvez entendre.

  • Ma fille de 17 ans a été surprise au lycée avec une bouteille de vin blanc dans son sac à 9h du matin. Conséquence mise à pied de 3 jours avec conseil de discipline ma fille n’a pas du tout le profile de l’emploi et donne l’image d’une jeune fille normale, j’ai peur de découvrir une face cachée que je ne connais pas. Quelle sanction dois-je prendre ?

L'idéal est toujours de pouvoir en discuter. Si cela n'est pas possible avec vous, elle peut le faire avec un professionnel. Attention aux sanctions trop restrictives, qui peuvent au contraire pousser les jeunes à transgresser de nouveau. Mais il est tout de même important de rappeler les règles, les limites, qu'on ne mélange pas le cadre scolaire et le contexte festif ou de soirées... Ne pas banaliser non plus de tels comportements. Montrer son inquiétude plutôt qu'accuser ou culpabiliser.

  • En quoi la prise d’alcool fort en soirée se révèle plus dangereuse que la consommation quotidienne d’alcool bière, vins rouge,  ... ?

Il s'agit de deux mécanismes différents, mais qui ont tous deux des effets pouvant être dangereux. La prise d'alcool fort en grande quantité en peu de temps est extrêmement dangereuse pour le corps et le cerveau, a des effets immédiats (coma éthylique ou autre), mais cette consommation faite de façon répétée dans le temps, pourra aussi avoir des effets sur le long terme, notamment au niveau cognitif et pour le foie bien entendu. Il y a aussi la question de la régulation de la consommation, ne pas réussir à s'arrêter, ça pose question aussi sur le plan psychologique. Quelle est la fonction de ce comportement ? La consommation quotidienne a aussi des effets, mais peut-être plus lentement et moins spectaculaires...

  • Quel est le pourcentage d’enfants susceptibles de s’alcooliser dont un parent est alcoolique ?

Je ne connais pas les chiffres (s'il y en a). Tous les enfants d'alcooliques ne deviennent pas systématiquement alcooliques et tous les alcooliques n'ont pas un parent alcoolique. Il n'y a pas de possibilité de prédire systématiquement, mais ce contexte peut effectivement créer des vulnérabilités. Il convient dans ce cas d'en avoir conscience et d'être vigilant. Mieux vaut travailler sur les ressources et ce qui peut nous protéger de ces risques.

 

 

Les réponses de Bruno Albuixech et Georges Mrdjenovic, éducateurs spécialisés

  • Ou trouver des numéros de structures de soins ?

Consulter un moteur de recherche en tapant (CSAPA) dans votre département ?

  • C’est bien gentil de consacrer une émission entière pour la prise d’alcool chez les jeunes. Mais le problème de l’alcoolisme n’a pas d’âge et je pense que la prise d’alcool chez les jeunes est plus faible qu’un adulte qui consomme de l’alcool au quotidien.

Alcoolisme n'est pas forcément plus fréquent chez les jeunes mais il devient très vite beaucoup plus dangereux.

  • Mon fils étudiant aux arts et métiers est régulièrement alcoolisé. J’estime qu’il se met en danger, moi qui ne bois jamais, puis-je boire en sa présence jusqu’à me rendre malade, pour déclencher une prise de conscience chez lui ?

Privilégier l'échange le dialogue et si cela est difficile envisager une orientation vers des professionnels.

  • Merci, est-on forcément hébergé et entièrement pris en charge dans ce type de structure ou peut-on se faire soigner en continuant à travailler et habiter chez soi ? J’ai peur de perdre mon travail en me soignant, et à la sortie, sans travail, je ne vois pas comment ne pas replonger...

Il existe également des prises en charge ambulatoires avec des relais en structures spécialisées vous en trouverez la liste sur internet en tapant CSAPA dans votre département.

  • Ma fille de 15 ans a eu un coma éthylique cet été lors d’une soirée entre amis. Elle n’avait auparavant quasiment jamais bu d’alcool et n’en a pas consommé à nouveau depuis cet été. Devons nous cependant consulter ? (qui, où). Nous avons du mal à lui faire confiance maintenant et avons peur d une récidive lors de soirées futures.

Rester vigilant à l'écoute instaurer de la confiance il est fort probable que l'expérience désagréable que votre fille a vécu lui ait servi.

  • A mon avis il faut tout d’abord supprimer toutes les affiches de publicité d’alcool, inutile de faire de la prévention publicité veut dire achetez et c’est se moquer des jeunes que de leur imposer ces affiches, à Saint-Malo il n y a plus de publicité pour ce produit.

La loi EVIN prévoit toute une série de règlementations mais très certainement pas encore assez élargie.

  • Week-end d’intégration médecine 3 jours 450 personnes et plus de 1450 bouteilles. Une personne a fini aux Urgences. Dans le futur pourra t-on faire confiance aux professionnels de santé ?

On est jeune d'abord et tous les jeunes qui sont dans l’excès de consommation ne deviennent pas des alcooliques, c'est l'installation de la consommation dans le temps et sa perte de contrôle qui est problématique.

  • Infirmière dans un service d’urgences pédiatriques, d’une grande ville, débordés par ce genre de problèmes. Mais la MILDT : nous ne connaissons pas. Il faudrait commencer par en informer les professionnels afin de pouvoir orienter ces jeunes et leurs parents ?

C'est d'abord vers les centres de soins CSAPA qu'il vous faut orienter ces personne,s la MILDT n'est qu'une instance ministérielle.

  • Je suis mère de 2 ados de 13 et 14 ans, je retiens de votre reportage que mes enfants seront un jour ou l’autre confrontés à ce désir d’alcoolisation. Donc je ne peux rien envisager en termes de prévention... mais seulement être un soutien en cas de problème plus ou moins grave... Un peu frustrant !

Oui bien sûr, mais il est important que vous puissiez maintenir du dialogue, être présente si votre enfant le nécessite. Vous pouvez s'ils le désirent les orienter vers des centres de consultations de jeunes ou des éléments de prévention lui seront donnés.

  • Comment aider ma fille qui boit excessivement ? Je ne sais pas comment nouer le dialogue ? Sortant moi même d’une addiction à l’héroïne je suis désemparé. Est-ce une solution de l’hospitaliser en la plaçant en HDT (hospitalisation à la demande d'un tiers) dans un CHS ?

Ne pas envisager si vite ce type de réponse thérapeutique orientez-la vers une consultation jeune ou un CSAPA qui pourra la prendre en charge et l'aider à réfléchir sur son alcoolisation.

  • Je suis au lycée en classe de premiers et nous devons réaliser un TPE (travaux pratiques encadrés) en groupe, nous avons choisi le thème de l’alcool et voulons traiter le problème des jeunes face au sujet. Est-il possible de même qu’en période de crise les personnes (en général) consomment plus, par rapport à une période dite de croissance bénéfique ?

Les temps de crise qui peuvent générer des problèmes sociaux (chômage etc.) peuvent en effet être des raisons supplémentaires à l'alcoolisation.

  • Peut-on dire que malgré la volonté de limiter la consommation d’alcool (chez les mineurs ou les autres), l’état ne cherche pas à vraiment stopper cette consommation chez les jeunes (profits, etc.) ?

Non car le coût en soin est bien supérieur aux taxes générées par la vente d'alcool.

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Des comas éthyliques au collège. Des agressions sexuelles au lycée… Des soirées étudiantes mortelles… A la lecture des faits divers, les conséquences de la consommation d’alcool chez les jeunes apparaissent dramatiques. Quelles sont les limites de cette génération ? Pourquoi la fête tourne t-elle parfois au cauchemar ? Quels sont les ingrédients de ce nouveau cocktail explosif ?

Les experts sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alarme : la consommation d’alcool chez les jeunes et ses nouveaux modes de consommation sont inquiétants, ils représentent un véritable problème de santé publique. En France la place culturelle de l’alcool, un accès à la consommation relativement simple, conduisent à des statistiques éloquentes. 60 % des enfants ont déjà gouté l’alcool à l’entrée au collège.

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