Stocks de sang insuffisants : comment les hôpitaux épargnent leurs réserves

Transfuser moins pour épargner les réserves de sang, c’est possible et nécessaire. La Haute Autorité de santé a élaboré un protocole pour limiter au maximum les transfusions sanguines en France.

Adélie Floch
Rédigé le
Comment l'hôpital préserve-t-il ses stocks de sang ?
Comment l'hôpital préserve-t-il ses stocks de sang ?  —  Le Mag de la Santé - France 5

Un bien précieux, à utiliser avec parcimonie. Au CHU d'Angers, les poches de sang prêtes à être transfusées ne sont employées qu'en dernier recours.

"Ce sont des produits qui ne sont pas forcément rares, mais qui sont en quantité limitée, il faut vraiment qu’il y ait de bonnes raisons pour prescrire des concentrés de globules rouges" explique le Dr Emmanuel Rineau, anesthésiste-réanimateur au CHU Angers. Et pour les patients qui n'en ont pas absolument besoin, d'autres moyens existent pour prendre en charge leur éventuelle anémie, c'est-à-dire un taux bas de globules rouges dans le sang.

Corriger l'anémie avant une opération

En pratique, le CHU applique le protocole que la Haute Autorité de santé a adressé à tous les hôpitaux. La première étape de ce protocole se joue bien avant l’opération.

Des résultats sanguins réalisés en amont de l'intervention permettent d'identifier une éventuelle anémie. Le cas échéant, les médecins prescrivent au patient une injection de fer pour corriger l'anémie avant l'intervention. "On sait que la chirurgie va faire perdre des globules rouges, le fait de pouvoir remonter les globules rouges avant l’intervention, peut éviter d’avoir à faire une transfusion ou plusieurs transfusions", précise le Dr Emmanuel Rineau.

Un médicament pour diminuer les saignements

Une fois au bloc opératoire, d’autres stratégies existent pour épargner le sang du patient. Parmi les outils des médecins, un médicament bien spécifique : l’acide tranexamique.

Ce médicament permet de diminuer le saignement pendant et après l’intervention. C’est un médicament utilisé en chirurgie cardiaque, mais aussi dans d’autres chirurgies particulièrement hémorragiques.

Récupérer le sang aspiré

L'autre élément clé du protocole est une machine, située à proximité du patient.

"On a un outil très important qui permet de récupérer le sang qui provient des aspirations chirurgicales, de le centrifuger, de le laver et de le récupérer pour être retransfusé au patient. Cela évite d’avoir à commander des poches de sang, cela fait de l’épargne sanguine", commente le Dr Emmanuel Rineau. 

En appliquant toutes ces stratégies, le CHU d’Angers s’inspire d’une méthode australienne qui a porté ses fruits. Là-bas, le taux de transfusion de globules rouges a chuté de 40 %.    

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