1. / Sexo

Céphalées orgasmiques et coïtales : des maux de tête liés au rapport sexuel

Imaginez votre vie sexuelle si un mal de tête sévère survenait à chaque orgasme ou à chaque fois que l'excitation sexuelle monte. C'est le lot chez ceux qui souffrent de "céphalées liées à l'activité sexuelle"... Explications.

Rédigé le

Céphalées orgasmiques et coïtales : des maux de tête liés au rapport sexuel
Céphalées orgasmiques et coïtales : des maux de tête liés au rapport sexuel

La fréquence des céphalées orgasmiques ou post-coïtales est mal connue, les patients rechignant à rapporter à leur médecin le moment où la douleur survient. Elle serait de 0,9%[1] et elle touche davantage les hommes que les femmes. On dénote deux pics de fréquence : la vingtaine et la quarantaine.

Il en existe deux types : dans le premier, le mal de tête se situe des deux côtés du crâne, le plus souvent au niveau occipital (à l'arrière) et il s'accentue au fur et à mesure que l'excitation monte. Il disparaît en quelques minutes ou quelques heures. Dans le second type, le plus fréquent, la douleur survient juste avant ou pendant l'orgasme et si elle commence souvent au niveau occipital, elle diffuse fréquemment à l'ensemble du crâne.

De plus, chez un tiers des patients, la masturbation peut également provoquer ces douleurs.

Une origine encore mal comprise

Les mécanismes en cause restent obscurs. Le type 1 serait provoqué par une tension musculaire exacerbée. Le type 2 pourrait être lié à l'augmentation de la pression intracrânienne, observée durant l'orgasme. Certains médicaments faciliteraient ces céphalées: l'amiodarone, certaines pilules, la pseudoéphédrine, tout comme le cannabis.

Un traitement parfois indispensable

D'après un article du British Journal of Medical Practitionners[2], 25% des patients souffrent de douleurs sévères durant deux à quatre heures et 15% pendant plus de quatre heures, nécessitant un traitement en aigu. Heureusement, les triptans, traitement classique de la migraine, sont efficaces chez 80% des patients, à l'inverse des antalgiques, inefficaces.

Le propanolol peut être utilisé, au moins une heure avant le rapport, ou l'indométhacine trente minutes avant. En cas de céphalées sévères, ils peuvent également être pris de façon préventive, tous les jours.

Adapter l'activité sexuelle

Une consultation auprès d'un sexologue est parfois nécessaire. En effet, les patients sont soumis à une véritable souffrance et leur qualité de vie est réellement altérée, tout comme celle de leur couple. Lorsque les céphalées sont fréquentes et/ou intenses, elles amènent à éviter les rapports, qui deviennent source de frustrations ou de tensions. Aborder ces sentiments négatifs avec un professionnel permet souvent  de les limiter et de désamorcer un conflit de couple.  

Adapter l'activité sexuelle, en renonçant à aller jusqu'à l'orgasme lorsque l'on sent une céphalée arriver (les patients finissent par bien se connaître et reconnaître leur survenue). Autre conseil : éviter les positions où la nuque est sous tension.

Une évolution capricieuse mais une guérison fréquente

Si elles sont bénignes, elles nécessitent toutefois une consultation pour le vérifier. Certaines causes graves de céphalées, comme une hémorragie dans l'arachnoïde (une des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau), doivent être éliminées.

L'évolution est capricieuse et les céphalées liées à l'activité sexuelle peuvent prendre une forme chronique, lorsqu'elles surviennent depuis plus d'un an, sans intervalle de plus d'un mois entre deux épisodes. Dans la forme épisodique, les douleurs concernent plus de 50% des rapports sexuels mais elles disparaissent durant plus d'un mois au moins. Bonne nouvelle pour les malheureux patients : dans plus de 2/3 des cas[3], ces céphalées disparaissent en moins de trois ans. Ils pourront enfin profiter des joies des galipettes sans craindre un mal de tête !

[1] Comorbidity of migraine and headache associated with sexual activity. Bielh. Cephalgia. 2007 Nov. 27(11):1271-

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17655717

[2] What if the ‘sexual headache’ is not a joke? Redelman. British Journal of Medical Practitionners

BJMP 2010;3(1):304 http://www.bjmp.org/files/2010-3-1/bjmp-2010-3-1-304.pdf

[3] Headache associated with sexual activity: prognosis and treatment options. Frese. Cephalalgia. 2007 Nov;27(11):1265-70 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17919305

 

Sponsorisé par Ligatus