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90 nouveaux médicaments "plus dangereux qu’utiles", selon Prescrire

La revue à destination des professionnels de santé Prescrire a mis à jour la liste des traitements qu’elle conseille "d’éviter pour mieux soigner".

Rédigé le , mis à jour le

90 nouveaux médicaments
Le plus souvent, quand un traitement paraît souhaitable, d’autres options ont une meilleure balance bénéfices-risques.

90 médicaments potentiellement dangereux, dont 79 commercialisés en France : c’est le nouveau bilan de la revue Prescrire, en libre-accès. Le magazine, indépendant des laboratoires et rédigé par des médecins et des pharmaciens, a analysé la balance bénéfices-risques de tous les médicaments que ses experts ont étudiés depuis 2010, dans toutes les situations cliniques possibles. Pour 90 médicaments, le jugement est sans appel : "Le plus souvent, quand un traitement médicamenteux apparaît souhaitable, d’autres options ont une meilleure balance bénéfices-risques."

La liste complète des 90 médicaments est disponible sur le site de Prescrire.

Plus de dix domaines thérapeutiques concernés

Ces 90 médicaments concernent aussi bien la cancérologie, la cardiologie, la diabétologie, la gynécologie, l'infectiologie, la rhumatologie, la neurologie, l'ophtalmologie, la pneumologie ou la psychiatrie. Voici quelques-uns des traitements concernés.

  • Cancérologie

La revue pointe du doigt le défibrotide, utilisé en cas de maladie veino-occlusive hépatique sévère, qui serait à l’origine d’hémorragies mortelles. Chez les antitumoraux, la revue évoque notamment le panobinostat, utilisé dans le traitement du myélome multiple en rechute et/ou réfractaire, qui "n’a pas d’efficacité démontrée en termes d’allongement de la durée de vie [et] expose à de nombreux effets indésirables souvent graves et qui touchent de nombreuses fonctions vitales, hâtant la mort de nombreux patients".

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  • Cardiologie

D'après Prescrire, l’olmésartan, prescrit pour soigner l’hypertension artérielle, n’est pas plus efficace que les autres médicaments de sa catégorie et peut entraîner des entéropathies avec des diarrhées chroniques et un excès de mortalité cardiovasculaire.

  • Allergologie

La prométhazine injectable, utilisée dans l’urticaire sévère, fait débat. En effet, elle "expose à des thromboses, des nécroses cutanées et des gangrènes".

  • Gynécologie

La revue indépendante met l’accent sur deux traitements hormonaux substitutifs, dont la tibolone, qui peut entraîner des troubles cardio-vasculaires, ainsi que des cancers du sein ou de l’ovaire.

S’en tenir au paracétamol pour les anti-inflammatoires

En ce qui concerne les anti-inflammatoires, la revue rappelle qu’il est préférable de leur préférer des antidouleurs,généralement sans effets secondaires. Quand le paracétamol ne suffit plus à calmer les douleurs, Prescrire conseille de prendre de prendre des anti-inflammatoires, ibuprofène ou naproxène, mais à petites doses et le moins longtemps possible. En effet, absorbés de façon excessive, ceux-ci peuvent endommager le tube digestif ou la coagulation.

Par ailleurs, en dermatologie, Prescrire met particulièrement en garde contre le kétoprofène (Ketum), qui peut provoquer eczémas et éruptions bulleuses.

Pour conclure, Prescrire rappelle que pour les médicaments concernés, "la balance bénéfices/risques est défavorable dans toutes les indications de l’AMM". Pourtant, certains sont commercialisés depuis de nombreuses années et d’utilisation courante. "Comment justifier d’exposer des patients à des effets indésirables graves, quand l’efficacité du médicament n’est même pas démontrée au-delà de l’effet placebo ou sur des critères cliniques pertinents pour eux ? " demande la revue. Pour ses rédacteurs, rien ne justifie que ces médicaments plus dangereux qu'utiles restent autorisés. Selon eux, les autorités de santé maintenant d'assumer leurs responsabilités.

 

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