Peut-on encore utiliser des tampons sans risque pendant ses règles ?

Les tampons périodiques sont source d'inquiétude. Mais peut-on encore les utiliser sans risque lors de ses règles ? La gynécologue Odile Bagot vous répond.

Par Dre Odile Bagot

Rédigé le

Odile Bagot / diaboliser tampons

Le Mag de la Santé - France 2

Ils sont parfois source d'inquiétude au point que certaines personnes ont abandonné leur usage pendant leurs règles. Et pour cause : les tampons sont souvent associés au syndrome du choc toxique staphylococcique, une complication grave mais très rare. Elle peut être favorisée par les tampons mais aussi par les coupes menstruelles .

Il ne s'agit pas vraiment d’une infection mais plutôt d'une sorte d’empoisonnement provoqué par une bactérie, le staphylocoque doré. Il arrive d'être porteur de cette bactérie sans qu’il ne se passe rien. Mais dans de rares cas, cela peut dégénérer. 

À quoi est dû un choc toxique staphylococcique ?

Avec un tampon ou une coupe menstruelle, le sang stagne dans le vagin, ce qui créé un milieu de culture favorable au staphylocoque doré. Quand elle se développe, la bactérie produit une toxine qui passe dans le sang.

Elle se diffuse alors dans tout l’organisme et peut s’attaquer à nos organes tels que nos reins, nos poumons et notre foie. Dans les cas extrêmes, le choc toxique peut entraîner une défaillance de ces organes et provoquer un coma. 

Le choc toxique staphylococcique est-il fréquent ?

Ce choc est heureusement très rare. En France, il existe un centre spécialement dédié à la surveillance de ces infections, situé à Lyon. Il reçoit moins d’une vingtaine de signalements par an. Tous les cas n’arrivent pas jusqu’à eux, ce chiffre est donc sous-estimé mais le nombre de cas de devrait pas dépasser une centaine par an. 

Comparé aux 2,8 milliards de protections intimes vendues chaque année en France, ce chiffre permet d'affirmer que cette infection reste très rare. 

Les 16-24 ans particulièrement touchés

Les personnes les plus touchées par un choc toxique staphylococcique ont plutôt entre 16 et 24 ans selon l'étude française de référence. Et cela ne concerne qu’une infime minorité, car seulement 1% de personnes porteraient dans leur vagin une bactérie de la famille des staphylocoque doré, selon l'Inserm. Dans la plus grande majorité des cas, cette bactérie ne pose donc aucun problème. 

Fièvre brutale, douleurs musculaires, éruption...

L’apparition d’une fièvre brutale supérieure à 39 °C, des vomissements, des diarrhées, des douleurs musculaires, des vertiges ou un malaise, avec une éruption rouge généralisée... Si ces symptômes apparaissent au moment de vos règles et que vous portez un tampon ou une coupe menstruelle, il peut s'agir de signaux d'alerte d'un choc toxique.

Dans ce cas-là, retirez immédiatement votre protection périodique et consultez en urgence, en signalant que vous êtes en période menstruelle.  

Comment réduire les risques de choc toxique ? 

Il existe quatre règles très simples pour réduire au maximum les risques de contracter une infection. Ces conseils s'appliquent au port d'un tampon comme d'une coupe menstruelle :

  • Se laver les mains avant et après la pose d’un tampon ou d'une cup.
  • Choisir un tampon adapté à son flux. Évitez les protections "super +++" en fin de règles, par exemple.
  • Changer de tampon toutes les 4 à 6 heures maximum.
  • Ne pas garder de tampon ou coupe menstruelle pendant la nuit. Préférer une protection externe comme une serviette hygiénique ou une culotte menstruelle. 

Quelle protection périodique est la meilleure  ? 

Il n’existe pas une protection parfaite ! Le tampon d'abord permet de nager, de faire du sport et de bouger librement. Ensuite, la cup et la culotte menstruelle sont réutilisables et produisent moins de déchets. Quant à la serviette périodique, elle peut être pratique, mais elle est parfois irritante et génère davantage de déchets.

L’important est que chaque personne puisse alterner librement les protections en fonction de son flux, de son activité, de son confort… et de ses envies! 

Certes, le choc toxique existe. Il ne s'agit pas d'une légende urbaine et il faut savoir reconnaître les signes d'alerte. Mais un tampon bien choisi, changé régulièrement et jamais gardé toute une nuit reste une protection sûre et pratique.