La septoplastie, la chirurgie du nez qui aide à mieux respirer

Se faire opérer du nez pour des raisons autres qu’esthétiques est le cas lorsque la cloison nasale est déviée. Cette déviation peut être responsable d’une gêne pour respirer et l’opération est alors la seule solution.

Maroussia Renard
Rédigé le , mis à jour le

Ce patient de 35 ans est passionné de boxe et de football, son nez en porte aujourd'hui les stigmates.
Il a subi plusieurs fractures qui ont déformé son nez. Au-delà de la gêne esthétique, il respire très mal. 

"Sur le scanner, on voit bien la déviation, normalement le nez devrait être parfaitement au milieu, là on voit que c’est très pincé en arrière, l’air ne peut pas passer. Ce qu’on va essayer de faire, c’est de réparer tout ce septum pour le rendre le plus rectiligne possible, ce qui rendra son nez beaucoup plus droit" explique le Dr Paul Moulin, chirurgien maxillo-facial, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Le chirurgien réalise deux petites incisions à l’intérieur des narines pour disséquer les cartilages de la pointe du nez.  
C'est une dissection délicate car les structures sont minuscules et les cartilages fragiles. Une fois que tout est mis à nu, le chirurgien peut accéder à la cloison nasale. 

Une chirurgie minutieuse

"On a disséqué la cloison nasale et on se rend compte alors qu’on est tout au début du nez, c’est totalement dévié. C'est l’image qu’on voyait sur le scanner, qu’on appelle en verre de montre, complètement bombé et qui obstrue la narine gauche et qui l’empêche de respirer. Il va falloir corriger cela" précise le Dr Paul Moulin.

Le chirurgien n’est pas au bout de ses surprises. L’opération sera finalement plus compliquée que prévu.  
Le cartilage du nez est comme un château de cartes. Chaque geste doit être parfaitement mesuré pour ne pas déséquilibrer toute la charpente.   

"Il faut vraiment faire très attention à la dissection, il ne faut pas faire de trou dans la muqueuse, il faut être très doux… C’est la partie stressante", avoue le Dr Paul Moulin.

Remodeler la cloison

Au bout de 20 minutes, le chirurgien retire la cloison nasale.
La suite de l’opération se fait sur une table. Le médecin découpe et remodèle la cloison. Il assemble chaque fragment à la manière d’un puzzle.  

Le but du jeu est d’obtenir un assemblage de cartilage parfaitement rectiligne. 

"On a réalisé la reconstruction du cartilage septal. On a mis deux petites attelles en haut pour pouvoir l’accrocher sur ce qui restait de nez en haut et en bas, on a mis une petite attelle osseuse pour pouvoir vraiment bien le rigidifier parce qu'il était encore un peu dévié. On va pouvoir le réinsérer dans le nez".  

Tout l’enjeu est de trouver le meilleur angle. Le chirurgien arrime cette nouvelle cloison aux bases osseuses du nez avec des fils. Elle consolidera en quelques semaines à peine. 

Un plâtre pour l'alignement

Le montage de la cloison nasale est terminé. Cette cloison est bien reconstruite, rectiligne, il n’y a plus du tout d’obstruction dans le nez, l'air passe parfaitement. Il faut maintenant refermer la pointe du nez. 

A la fin de l’opération, l’apparence du nez a déjà totalement changé. Pour maintenir le bon alignement, le chirurgien pose un plâtre qui sera retiré une semaine plus tard. Seule contre-indication, le patient devra renoncer aux sports de contact. 

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