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Pollution aux particules fines : quels effets sur la santé ?

En hiver comme au début du printemps les épisodes de pollution aux particules fines sont fréquents. Que sont ces particules ? Pourquoi ces saisons sont-elles propices à ces pics de pollution ? Qu'implique cette situation en terme de santé publique ? Qui sont les personnes à risque ? Enfin, quelles sont les précautions à prendre ?

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Sommaire

Pourquoi ces épisodes de pollution ?

Les épisodes de pollution aux PM10 (particules au diamètre inférieur à 10 microns) sont fréquents en hiver.

Pour les PM10, le seuil d'alerte est déclenché pour une concentration supérieure à 80 microgrammes de particules par mètre cube d'air.

Le seuil d'alerte n'est pas dépassé pour les PM2,5 (carte ci-dessous). D'un diamètre inférieur à 2,5 microns, c'est à dire la taille d'une bactérie, ces particules parviennent à pénétrer très profondément dans les poumons. La directive européenne sur l'air de 2008 a imposé aux Etats membres un plafond moyen annuel de 25 microgrammes/m3, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise elle comme valeur limite de 10 microgrammes/m3.

Première raison : l'augmentation des émissions de polluants, du fait du chauffage (au bois, au fioul).

La seconde raison est d'ordre physique : en temps normal l'air chaud contenant les polluants s'élève dans les couches supérieures de l'atmosphère, plus froides et moins denses. En hiver, le sol se refroidit durant la nuit, et l'air à basse altitude est souvent plus chaud du fait des émissions des cheminées. Les polluants sont en quelques sortes "piégés" sous une chape d'air chaud.

Les pollutions de la fin de l'hiver sont souvent favorisées par des conditions météorologiques particulières (anticyclones), et des nuits froides suivies de journées bien plus chaudes.


Pollution aux particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (maximum journalier), prévisions pour le 2 novembre 2015 (source : Prev'Air)


Pollution aux particules fines d'un diamètre inférieur à 10 micromètres (maximum journalier), prévisions pour le 2 novembre (source : Prev'Air)

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La pollution dans notre organisme

La pollution de l'air définit un mélange de gaz nocifs et de particules émis directement par les voitures (première source de pollution) et notamment par celles fonctionnant au diesel, par l'industrie (en particulier les incinérateurs qui rejettent de la dioxine) et par la pollution aérienne (responsable de 30% des rejets d'oxyde d'azote dans l'air).

"Les particules fines sont en quelque sorte le "cheval de Troie" de la pollution", explique le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l'association Santé Environnement France. "Elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires, en entraînant avec elles allergènes, métaux lourds et autres hydrocarbures. Et plus elles sont fines, plus elles vont loin" précise-t-il. Les particules fines et ultrafines (voir encadré) entraînent une inflammation des alvéoles respiratoires, mais aussi du système cardio-vasculaire.

Quant au dioxyde d'azote, polluant qui va souvent de paire avec ces particules fines que nous respirons, il noircit encore le tableau en provoquant lui aussi une inflammation des voies respiratoires.

La pollution de l'air expose à des risques à long terme. L'augmentation des taux de particules fines dans l'atmosphère a été associée à une augmentation de l'asthme et des allergies chez l'enfant. Et elle serait aussi responsable de 15 à 30% des maladies respiratoires et cardio-vasculaires (avec notamment un risque accru d'infarctus). Les risques de cancers (poumons, vessie...) sont également majorés.

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Qui sont les personnes à risque ?

Certaines personnes sensibles sont exposées à un risque aigu. Parmi elles, les enfants et les personnes âgées. "Leurs voies respiratoires sont plus sensibles. De plus, les enfants ont tendance à ventiler davantage que les adultes", nous explique un pneumo-pédiatre. Cela signifie qu'ils inhalent plus vite et plus fort. Les particules fines de pollution accèdent alors facilement aux poumons.

Les déficients respiratoires, comme les personnes asthmatiques, et les allergiques respiratoires sont aussi à risque, car ils constituent une population hyper-réactive au niveau bronchique. En conséquence, "ils peuvent être sujet à une toux sèche".

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Bonnes pratiques : quelles recommandations ?

"Il s'agit de recommandations de bon sens", souligne le Dr Valentine Marchac. "Les personnes à risque ne doivent pas faire d'efforts physiques violents". De même, il ne faut pas négliger l'aération de la maison, 20 à 30 minutes par jour. "Plutôt le soir, quand le trafic est moins intense, et la pollution plus faible" précise-t-elle.

Et pour les personnes sans fragilité particulière ? Là aussi, si vous ressentez une irritation de la gorge ou des yeux, c'est que vous souffrez d'une inflammation des muqueuses. Dans ces cas-là, il est préférable de s'éloigner des grands axes de circulation automobile, et de préférer les espaces verts, où la qualité de l'air est meilleure. "La pollution dans les villes n'est pas homogène", rappelle le Dr Souvet. "Les valeurs données sont des valeurs moyennes".

Pour tenter de réduire le taux de PM10 dans l'air, les préfectures de police émettent des recommandatiions spécifiques.

Par exemple, en Ile-de-France, la préfecture de police avait imposé en décembre 2013 une baisse de la vitesse limite de circulation de 20 km/h (sur les axes où cette limite est habituellement supérieure à 80 km/h). Elle appelait à limiter l'usage des véhicules diesel non équipés de filtres à particules, ainsi que les transports routiers de transit.

Sommé par l'Europe d'améliorer la qualité de son air, à l'occasion d'un Comité interministériel de la qualité de l'air (CIQA), le ministre de l'Ecologie Philippe Martin avait proposé d'étendre en 2014 aux particules fines et aux oxydes d'azote (NOx) la possibilité, en cas de pics, d'une circulation alternée basée sur les plaques d'immatriculation. Un système testé en 1997 mais qui n'était actuellement possible qu'en cas de pollution à l'ozone.

Les feux de cheminée en foyer ouvert sont fréquemment interdits, et il est demandé à la population de "privilégier les activités calmes" en cas de pollution aux particules fines. Des dispositifs similaires peuvent être mis en oeuvre dans d'autres régions.

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