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Faut-il avoir peur de l'huile de palme ?

L'huile de palme est très utilisée par les industriels. On la trouve dans les pâtes à tartiner mais aussi dans les gâteaux, les chips, certains plats cuisinés, les savons ou encore les crèmes hydratantes... D'ailleurs l'huile de palme ne cesse de défrayer la chronique depuis quelques années. Alors pourquoi cherche-t-on à réduire son utilisation ? L'huile de palme est-elle si dangereuse pour la santé ? Doit-on et/ou peut-on vraiment s'en passer ?

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Faut-il avoir peur de l'huile de palme ?
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D'où vient l'huile de palme ?

Benoît Thevenet et Michel Cymes présentent l'huile de palme.

L'huile de palme est obtenue à partir du fruit d'une espèce de palmier africain. Il s'agit en fait de la plante oléagineuse la plus rentable par unité de superficie. À partir de la pulpe de ces fruits, il est possible de produire 4 à 6 tonnes d'huile par hectare et par an, soit dix fois plus que le soja, et quatre fois plus que le colza.

Mais contrairement à ces deux plantes, les palmiers ne poussent que dans des conditions bien particulières : où la température moyenne s'élève à 28°C et l'hygrométrie ( taux d'humidité) dépasse les 60 %, ce qui correspond à la zone intertropicale. Conséquence : seuls certains pays du Sud, en Asie, en Afrique et en Amérique latine, peuvent en produire. Or, le monde entier en consomme et les besoins augmentent de 5 % par an.

La plus grande partie de cette production en huile est utilisée pour l'alimentation humaine. Moins d'un quart est destiné au secteur de l'oléochimie : les cosmétiques, lubrifiants et produits pharmaceutiques. Une toute petite partie est destinée au biodiesel. Ces besoins vont doubler d'ici 2020, et auront de graves conséquences écologiques en raison de la déforestation.

Fléau pour l'environnement, l'huile de palme est aussi un fléau pour nos artères. Car pour améliorer sa consistance, cette huile est en général hydrogénée ! Une opération chimique qui va aussi augmenter le taux d'acide gras saturé. Au final, l'huile de palme contient 50% d'acides gras saturés quand les huiles de tournesol n'en contiennent que 15%. Or, les acides gras saturés donnent en partie le mauvais cholestérol. Et ce mauvais cholestérol a tendance à boucher les artères et à augmenter les risques d'infarctus et d'AVC.

Huile de palme : faut-il la bannir de notre alimentation ?

Les chercheurs veulent comprendre la composition de l'huile de palme.

L'huile de palme suscite l'inquiétude parce qu'elle contient des acides gras saturés. Leur assimilation par notre organisme peut contribuer à augmenter notre taux de mauvais cholestérol dès lors qu'on en fait une consommation excessive. Néanmoins, ces acides gras nous sont aussi utiles…

L'huile de palme est très riche en acides gras saturés, et notamment en acide palmitique. Cet acide palmitique nous sert en quelque sorte de carburant et il est naturellement produit par les cellules de notre foie. Il faut donc veiller à ne pas trop en consommer.

Consommé en quantité raisonnable, l'acide palmitique n'a pas d'impact à court terme sur l'organisme des animaux. L'acide palmitique, comme l'ensemble des acides gras, possède différents rôles : dans l'apport énergétique d'une part mais aussi un rôle structurel. Il est donc indispensable au bon fonctionnement de notre organisme. Il s'associe aux cellules de l'estomac, du foie, du pancréas mais aussi de la rétine pour optimiser leur activité. En revanche, consommé en quantité excessive sur le long terme, l'acide palmitique favorise la production de mauvais cholestérol qui s'accumule sur la paroi des artères et risque de les boucher.

Problème : l'huile de palme est partout. Très rentable, elle est utilisée dans de nombreux produits de consommation courante et souvent de manière déguisée car les mentions des emballages sont souvent compliquées à déchiffrer. Et l'idée de taxer l'huile de palme pour en limiter l'usage est loin de faire l'unanimité chez les scientifiques. La solution serait plutôt de responsabiliser le consommateur en lui rappelant de limiter ses rations de produits transformés pour se tourner davantage vers les fruits et les légumes frais.

En savoir plus : vos questions, nos réponses sur l'huile de palme

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