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Lutéran, Lutényl et risque de tumeurs au cerveau : des indications restreintes

L’Agence du médicament (ANSM) va décider de restreindre fortement les indications pour deux traitements progestatifs, le Lutéran et le Lutényl. Ils augmentent chez les patientes les risques de méningiomes, des tumeurs du cerveau le plus souvent non cancéreuses.  

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Lutéran, Lutényl et risque de tumeurs au cerveau : des indications restreintes

Pendant plus de 10 ans, Magali, 53 ans, a pris du Lutéran et du Lutényl. En 2016, elle fait une grave crise d’épilepsie et doit se rendre aux urgences. “J’ai passé un scanner et très rapidement, le médecin m'a dit que c’était des méningiomes. Il y en avait un à gauche et un autre au-dessus de l’oreille droite.”  Ces tumeurs compriment son cerveau et entraînent des œdèmes responsables de l’épilepsie. Il faut les retirer, mais les interventions sont risquées. “Il y avait un risque de perte de mobilité du côté droit, bras et jambe. Et un risque au niveau du langage. Pour la deuxième opération, il y avait un autre risque qui était une perte visuelle côté gauche”. 

Endométriose, hémorragies fonctionnelles... des indications plus restreintes

Finalement, les opérations se sont bien passées mais Magali n’a pas pu travailler pendant un an. Et surtout, tous ces ennuis de santé auraient pu être évités. Ces traitements progestatifs étaient pris par plus de 400 000 femmes en 2019 pour des troubles menstruels ou de la ménopause et l'endométriose. Magali fait cependant partie des nombreuses patientes pour lesquelles ils n’étaient pas justifiés.  

L’Agence du médicament veut mettre un terme à ces abus et même restreindre les indications initiales. Le Dr Isabelle Yoldjian, cheffe du pôle Gynécologique à l’ANSM, détaille les indications restantes : il s’agit principalement “de l’endométriose, des hémorragies fonctionnelles comme celles liées aux fibromes et des douleurs de sein extrêmement invalidantes. C’est dans ces indications bien spécifiques, qui sont en fait relativement sévères, que ces traitements peuvent continuer à être utilisés”. L’ANSM demande également une surveillance régulière des femmes sous traitement par IRM

Pour plus d'informations, consultez le site de l’Amavea, l'association de victimes de méningiomes (dont ceux dus à l’Androcur et aux autres progestatifs)