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Déjà-vu, déjà vécu ?

Cette sensation de déjà-vu est une expérience à la fois étrange et familière, difficile à expliquer lorsqu'on ne l'a jamais vécue. Cette impression ne s'accompagne d'aucun souvenir qui pourrait l'expliquer et pourtant, on reste persuadé qu'elle est bien réelle.

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Déjà-vu, déjà vécu ?
Déjà-vu, déjà vécu ?
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Déjà-vu : le rôle du cerveau

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thévenet expliquent la sensation de déjà-vu

Le phénomène de "déjà-vu" ou "déjà-vécu" est assez courant. Il touche environ 70% de la population. Cette impression est généralement fugace et associée à un sentiment de familiarité. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le déjà-vu nous laisse un sentiment étrange, un sentiment de questionnement, de conflit interne entre la raison et l'impression.

Le déjà-vu est parfois associé à des théories fantaisistes. Pourtant, il n'y a rien de paranormal dans le phénomène. Tout se passe dans le cerveau. Des explications rationnelles et scientifiques ont été apportées dès la fin du XIXe siècle par les scientifiques. L'un des premiers à s'intéresser au déjà-vu est John Hughlings Jackson, un neurologue britannique. En étudiant l'anatomie du cerveau de patients décédés, dès 1888, il associe l'impression de déjà-vu à un dysfonctionnement du lobe temporal.

Le lobe frontal regroupe essentiellement les fonctions motrices et la coordination musculaire. Le lobe pariétal, lui, est responsable des sensations somatiques comme le toucher. Enfin, le lobe occipital est en charge de la vision. Le lobe temporal, que Jackson suspecte d'être à l'origine du déjà-vu, se situe sur les côtés. Il renferme des structures profondes impliquées dans la mémoire, dont l'hippocampe.

En 1955, Wilder Penfield, un neurologue canadien, confirme l'hypothèse de Jackson. Il parvient à provoquer artificiellement des impressions de "déjà-vu" chez des patients en stimulant électriquement leur lobe temporal. Preuve que c'est bien dans cette région du cerveau que tout se joue.

Une impression banale et troublante à la fois

Chez Françoise, les impressions de déjà-vu sont très fréquentes. Elles lui laissent une impression déconcertante et même parfois désagréable.

Il concerne le plus souvent des situations courantes de la vie quotidienne. Il touche autant les hommes que les femmes, sa fréquence diminue avec l'âge mais plus on est stressé ou fatigué, plus on est sujet au déjà-vu.

Enfin, plus le statut socio-économique et votre niveau d'éducation sont élevés, plus vous êtes susceptibles de ressentir cette impression.

Pour vous faire cogiter un peu, voici une explication psychanalytique de ce trouble : le déjà-vu traduit le désir de renouveler une expérience passée, en lui donnant, cette fois-ci, une issue positive.

Sensation de déjà-vu et épilepsie

Aujourd'hui, des recherches en neurologie cherchent à mieux cerner ce phénomène de déjà-vu. Pour cela, les neurologues étudient des patients souffrant d'épilepsie, et plus particulièrement d'épilepsie temporale. Ce n'est pas un hasard. En effet, chez ces personnes, le déjà-vu est un phénomène fréquent, parfois très intense et même pour certains, annonciateur d'une crise.

Grâce à ce type de recherches, les neurologues ont pu préciser la zone du cerveau impliquée dans l'impression de déjà-vu. Elle est en fait située près de l'hippocampe dans le cortex rhinal, une structure impliquée notamment dans la reconnaissance et le jugement de familiarité. Un dysfonctionnement de cette petite partie du lobe temporal provoquerait l'impression de déjà-vu. Pour autant, les chercheurs ne sont pas encore en mesure de comprendre pourquoi le cortex rhinal dysfonctionne.

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