Les chirurgies non urgentes sont-elles menacées par une pénurie d'anesthésiques ?

Pose de prothèse, chirurgie de la main ou de l’œil, les interventions chirurgicales non urgentes sont touchées de plein fouet par la pénurie d’anesthésiques. Elles ne pourront pas reprendre à 100% d’ici l’été.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Des hypnotiques pour plonger les patients dans le coma, des curares pour relâcher les muscles, ces médicaments sont indispensables pour reprendre la chirurgie, à l’arrêt depuis le début de la crise sanitaire.

Mais la tension sur ces médicaments persiste alors depuis fin avril les établissements ne gèrent plus l’approvisionnement. C’est l’État qui a la main sur les stocks. “Comment ces stocks vont être distribués entre les cliniques et les hôpitaux, entre les services de réanimation et les services qui n’ont pas de réanimation qui font de la chirurgie ?” s’inquiète le Docteur Bernard Lllagone, chirurgien orthopédiste.

Des dotations qui correspondent à la moitié voire au quart des livraisons habituelles

Pour l’instant, un algorithme attribue une dotation chaque semaine aux hôpitaux et aux cliniques en fonction des besoins communiqués. Jusqu’ici, ces dotations de médicaments correspondent à la moitié, voire au quart des livraisons habituelles. Les actes chirurgicaux ne peuvent donc plus être planifiés plusieurs semaines à l’avance, comme c’était le cas avant la crise sanitaire.

"Repousser ces interventions devient extrêmement problématique"

La reprise de l’activité est toujours partielle. Pour ces patients qui ne sont pas prioritaires au vu de leur pathologie, l’attente risque donc de se prolonger.  

“C’est pas une semaine de plus, c’est une semaine de plus après un confinement de deux mois qui intervient. Repousser ces interventions devient extrêmement problématique, à la fois médicalement mais aussi psychologiquement pour les patients” déplore le Docteur Philippe Cuq, président de l’Union des Chirurgiens de France.

Certains professionnels demandent plus de visibilité et plus de transparence sur les stocks disponibles. Ils proposent également de réfléchir, à l’avenir, à relocaliser la production de certains médicaments.