Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008, est mort

Le chercheur avait été récompensé pour ses travaux sur la découverte du virus du VIH avec la professeure Françoise Barré-Sinoussi. Récemment, il avait tenu des propos décriés sur le Covid-19 et la vaccination.

Mathis Thomas
Rédigé le , mis à jour le
Luc Montagnier avait reçu le prix Nobel de médecine en 2008
Luc Montagnier avait reçu le prix Nobel de médecine en 2008  —  Allodocteurs

Ces dernières années, ses prises de position l’avaient peu à peu marginalisé de la communauté scientifique. Le professeur Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008, est décédé mardi 8 février, à l’âge de 89 ans, a appris Libération ce jeudi.

Récompensé pour la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1983, avec la professeure Françoise Barré-Sinoussi, le biologiste virologue était depuis plusieurs années la cible de nombreuses critiques de la communauté scientifique pour ses déclarations controversées sur les vaccins et l’épidémie de Covid-19

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Figure des anti-vaccins

Ancien chercheur à l‘Institut Pasteur et au CNRS, où il avait découvert en 1963 le mécanisme de réplication des virus à ARN, Luc Montagnier était devenu une figure des anti-vaccins et des médecines parallèles. Au début des années 2000, le biologiste avait notamment soutenu que la papaye fermentée était un traitement efficace contre la maladie de Parkinson.  

Le professeur Montagnier avait plus tard défendu des théories sur l’émission d’ondes électromagnétiques par l’ADN ou encore assuré que l’autisme pouvait être traité grâce à des antibiotiques. 

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Mis en cause par l'Académie de médecine

En 2017, l’Académie de médecine avait signé une pétition l'accusant de "diffuser, hors du champ de ses compétences, des messages dangereux pour la santé, au mépris de l’éthique qui doit présider à la science et à la médecine" en réponse aux thèses anti-vaccinales dont il se faisait le relai. 

Critique sur l’épidémie de Covid-19, il avait récemment tenu des propos particulièrement décriés sur le coronavirus. Il soutenait notamment que le SARS-CoV-2 était issu d’une manipulation humaine, ou que des séquences du virus du sida étaient présentes dans la souche du virus.