Image d'illustration. Quartier de Gangnam, à Séoul.
Image d'illustration. Quartier de Gangnam, à Séoul. Crédits Photo : © Shutterstock / Keitma

A Séoul, les eaux usées contaminées par… du Viagra !

Les eaux usées du quartier nocturne de Gangnam à Séoul affichent des taux élevés de Viagra. En Corée du Sud, la consommation de ces médicaments est courante et les troubles érectiles touchent un quart des 30-39 ans.

La rédaction d'AlloDocteurs
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C’est une découverte étonnante que publient des chercheurs sud-coréens. Les eaux usées d’un quartier de Séoul affichent des concentrations élevées de Viagra et de médicaments contre les troubles érectiles.

Des taux 31% plus élevés qu’ailleurs

Plus précisément, leur étude publiée dans la revue Scientific Reports montre que la présence du composé chimique du Viagra, l'inhibiteur de l'enzyme phodiesterase de type 5, dit PDE5i, était élevée le week-end dans les installations de traitement des eaux usées de Gangnam, un quartier qui compte de nombreux bars et discothèques.

"Nous estimons que la consommation de PDE-5i était dans cette zone supérieure de 31% à celle dans des zones avec moins d'établissements de vie nocturne", expliquent les chercheurs dans leur étude.

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Un quart des 30-39 ans ont des troubles érectiles

En Corée du Sud, la consommation de médicaments comme le Viagra est très répandue. De précédentes études avaient déjà estimé que près du quart des Sud-Coréens âgés de 30 à 39 ans souffraient de dysfonction érectile. Et les 20 plus grosses compagnies pharmaceutiques sud-coréennes ont vendu en 2019 pour 133 millions de dollars de médicaments utilisant la PDE-5i.

Des résidus chimiques dans l'environnement ?

Mais si l’information prête à sourire, elle préoccupe aussi les scientifiques, qui redoutent que la présence de ces molécules dans l'eau n'augmente à l'avenir et contamine l’environnement.

Car les chercheurs ont aussi traqué la présence de traces du médicament en amont et en aval de deux usines de traitements des eaux de la capitale, ainsi que dans le cours d'eau récupérant les eaux. Résultat : les usines de traitements des eaux n'étaient "pas capables de traiter" la quantité de résidus chimiques.

"La PDE-5i dans les eaux usées est à peine traitée par les usines et, au final, rejetée dans l'environnement", observent les chercheurs. Et "compte-tenu de la croissance du marché, on s'attend à ce que davantage de PDE-5i se retrouve dans l'environnement dans les zones urbaines", s'inquiètent-ils enfin.