Problèmes d'érection : et si c'était les hormones ?

Les pannes sexuelles touchent un homme sur trois après 40 ans. Un avis médical est toujours recommandé d’autant que ces troubles sexuels peuvent cacher un autre problème de santé.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Tous les hommes peuvent avoir des troubles sexuels occasionnels dont les causes sont nombreuses et diverses : stress, fatigue, un changement du mode de vie… Selon, l’Organisation mondiale de la santé, on parle de dysfonction érectile lorsque les pannes sont répétées et durent depuis plus de 6 mois.
Il est donc important de ne pas s’inquiéter démesurément si cela ne s’enclenche pas sur demande… A l’inverse, si certaines situations se répètent sur plusieurs mois, il ne faut pas négliger le problème et demander un bilan médical.

La fonction sexuelle étant régulée par la testostérone, une baisse de la production de testostérone peut être la cause d’une dysfonction érectile.
Voilà pourquoi on fait systématiquement une prise de sang, pour mesurer la testostérone. Il faut toutefois écarter une idée reçue : un homme qui a une dysfonction érectile n’a pas systématiquement un manque d’hormones ! En réalité, le déficit en testostérone n’est responsable du problème que dans une minorité des cas.

Ça peut être un problème testiculaire mais pas forcément. L’hypophyse dirige la fabrication de testostérone par les testicules, donc une baisse de production de testostérone peut être liée à une maladie des testicules, par exemple une fibrose liée à un alcoolisme chronique. Mais ça peut aussi être dû à un dysfonctionnement de l’hypophyse qui ne contrôle plus correctement les testicules.

Ce n'est pas systématiquement une tumeur !  Le cas le plus fréquemment rencontré est celui de médicaments qui provoquent une fabrication excessive, par l’hypophyse, de prolactine. Parmi les médicaments en cause il y a des antinauséeux, des antidépresseurs ou encore des antalgiques contenant de la morphine. La prolactine qui est augmentée bloque l’hypophyse qui ne peut plus donner l’instruction aux testicules de secréter la testostérone. Dans ce cas, il suffit d’arrêter ces médicaments et tout revient dans l’ordre.

Le déficit en hormones thyroïdiennes peut favoriser la dysfonction érectile. C’est facile à dépister et à traiter. Mais il y a une maladie plus souvent en cause : c’est le diabète. Quand un diabète s’installe, il entraîne des dégâts au niveau des petits vaisseaux sanguins qui irriguent les organes sexuels.
Les nerfs qui contrôlent la sexualité peuvent être également touchés. Voilà pourquoi la dysfonction érectile est une conséquence fréquente du diabète, en particulier quand il n’est pas correctement traité.

Ce n’est véritablement efficace que dans un seul cas. Lorsqu’il y a un vrai déficit en testostérone, objectivé avec la prise de sang. Dans ce cas, le problème est uniquement lié au problème hormonal. Donc il suffit de remplacer la testostérone manquante et le trouble sexuel régresse. Mais quand il s’agit d’une dysfonction érectile avec une autre origine, par exemple liée au diabète ou à un problème sans rapport avec les hormones, le traitement par la testostérone ne fonctionne pas.

Les études scientifiques ne sont pas toutes d’accord mais il y a une étude importante et récente qui nous éclaire. Les chercheurs ont recruté des hommes âgés de plus de 65 ans qui se plaignaient de symptômes possiblement en rapport avec une légère baisse de la testostérone dans le sang. La moitié de ces volontaires a été traités par de la testostérone. L’autre moitié des volontaires recevaient un placebo. Le traitement a un peu amélioré la fonction sexuelle. Donc il n’est pas absurde d’évoquer le traitement par la testostérone en cas de troubles sexuels en rapport avec la baisse de testostérone liée à l’âge. Mais cela se discute avec un médecin car ce n’est pas sans risque.

Il y a des traitements symptomatiques. Mais attention, le traitement de la dysfonction érectile ne se limite pas à la prise de comprimés. Les médicaments sont utiles, mais ils ne suffisent pas. Et c’est souvent toute l’hygiène de vie qui est à revoir, avec parfois aussi une aide psychologique à mettre en place si on souhaite obtenir des résultats durables.