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Accoucher pendant le confinement : une "expérience insoutenable"

Une enquête du collectif "Tous contre les violences obstétricales et gynécologiques" (TCVOG) met en lumière la souffrance psychologique vécue par certains femmes pendant le confinement.

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Accoucher pendant le confinement : une "expérience insoutenable"

Swan est un bébé du confinement, mis au monde le 16 avril dans une maternité parisienne. Le protocole sanitaire y était strict : Mathilde a donc accouché par césarienne sans son conjoint. Pendant les cinq jours d’hospitalisation, elle s’est sentie délaissée par l’équipe soignante.

« J’ai sonné pour des allergies aux antidouleurs, et on ne m’a répondu qu’à l’interphone, on m’a retiré mon pansement douze heures plus tard donc une nouvelle plaie est apparue, j’ai appelé pour qu’on m’aide à lui donner à manger et on est venu trop tard… » témoigne la jeune mère. « Ces petites choses se sont accumulées et ont rendu l’expérience insoutenable. »

Mathilde imaginait son accouchement différemment. Sa première rencontre avec sa fille a été perturbée par le virus. « Cette expérience me laisse un vrai choc émotionnel. Je sais que pour moi, ce séjour à la maternité est associé à un grand sentiment de tristesse, de solitude, et j’avais envie d’associer autre chose à la naissance de ma fille. »

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2 000 témoignages récoltés par un collectif

Mathilde a donc décidé de témoigner, comme 2000 autres jeunes mères ayant accouché entre le 15 février et le 31 mai. Le collectif TCVOG qui a recueilli ces témoignages les a répertoriés sous forme de carte interactive :

 

Selon Sonia Bisch, porte-parole du collectif TCVOG, « il y a eu énormément de détresse et de désespoir des mamans à cause de l’épidémie et des protocoles en maternité qui restreignaient la présence de l’accompagnant, imposaient un masque pendant l’accouchement, interdisaient les visites … »

« Nous sommes inquiètes de l’après, il faut prendre en charge ces femmes », affirme-t-elle. En effet, 75% de ces femmes présentent des signes de stress post-traumatique et 42% seulement auraient eu la possibilité d’exprimer leur consentement à l’équipe soignante avant un geste médical.

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Quel impact ?

Ces chiffres et ces témoignages doivent servir à susciter une prise de conscience chez les professionnels. « Quand nous les professionnels sommes en situation de stress, nous quittons cette alliance thérapeutique avec le patient. On l’inféode tout à coup à sa condition de patient depuis notre condition de sachant. Toutes les situations de stress font ça, c’est intéressant pour nous de s’en emparer pendant la pandémie mais aussi par la suite ».

Face à un virus inconnu, ces précautions ont été prises pour protéger les mères et leurs bébés. Mais en cas de nouveau confinement, le collectif TCVOG espère un assouplissement du protocole sanitaire en maternité.

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